" ... J'aime tout ce qui me rend vivante... Et je n'ai jamais rien aimé aussi fort que toi... ❤️ "
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" ... J'aime tout ce qui me rend vivante... Et je n'ai jamais rien aimé aussi fort que toi... ❤️ "
" Je veux être la Femme parfaitement imparfaite de l'Homme qui me rendra complète ".
Draps froissés tels des dunes, témoins de notre étreinte intense... Souvenirs d'un instant passionné et surtout interdit...
" Les vacances à la montagne, où comment s' échauffer le sang pour lutter contre le froid extérieur. " ❤️🌡️
" Le corps a ses raisons que la morale refuse d'admettre."
" Je gratte le vernis trop brillant des passions pour découvrir de vrais sentiments."
Journal d'une ex-nympho
_A l'aube des souvenirs_
21/10/2020 et jours suivants
Je pose mon mug encore brûlant sur le marbre d'un guéridon dans un coin du grenier. J'allume la lumière et me dirige au fond de la pièce. La grosse caisse de métal bleu poussiéreuse est bien là. Je la dégage légèrement afin de pouvoir accéder au loquet pour l'ouvrir. J'hésite un instant et prends une grande inspiration en pensant que mes souvenirs sont comme cette boîte : enfermés et poussiéreux. Un peu de sentimentalisme ne fera pas de moi quelqu'un de faible et quelques souvenirs d'enfant me donneront sûrement le sourire.
Je soulève doucement le couvercle pour ne pas réveiller la maisonnée et découvre des objets oubliés, des dessins, des cahiers d'école... Je pensais que mes parents avaient jeté toutes ces choses depuis longtemps. Une bouffée de nostalgie m'envahit et avec un large sourire mêlé de larmes je parcours des yeux le contenu du coffre.
Je ne sais combien de temps j'ai passé à contempler ces souvenirs, les toucher les sentir… Mais c'est avec le lever du jour que je quitte la pièce. J'emporte avec moi quelques livres pour montrer aux enfants et les premiers journaux intimes de mon adolescence à mon entrée dans la vie d'adulte.
Les jours suivants, nous profitons de belles journées et nous efforçons de ne pas répondre aux sollicitations du monde extérieur. Les ordinateurs sont fermés et les téléphones en mode avion. Il nous reste encore 2 jours avant le retour à la réalité. Je profite de mes soirées pour me plonger dans la lecture de mes mémoires détaillées. J'y retrouve le nom de profs, des anecdotes piquantes de réalisme et des petites amourettes avec des prénoms oubliés… Je ne me rappelais pas être aussi fleur bleue, étourdie et dépendante de l'affection des autres. Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec la vie de ma Sarah. Je la vois toujours comme un bébé mais je sais qu'à son âge elle doit déjà avoir les hormones en ébullition et une volonté d'indépendance.
Il ne reste qu'un petit carnet rose poudré en tissus satiné entouré d'un ruban et fermé d'un petit cadenas. Je crois que c'était ma grand mère qui me l'avait offert pour mes 16 ans mais je ne me rappelle plus ce qu'il contient.
Je pars chercher un tournevis dans le garage pour forcer la serrure car la clé a sûrement disparue depuis bien longtemps. Je pense que je vais bien rigoler en lisant mes premières amourettes de jeune femme…
Journal d'une ex-nympho
_Une parfaite petite vie_
21/10/2020 (suite)
La famille au grand complet se retrouve sur la terrasse pour profiter d'un bon repas dans un cadre idyllique. L'air est un peu frais mais la tonnelle nous protège du vent et manger ensemble dehors reste un moment tellement rare que personne ne propose de rentrer avant la fin du dîner. Le voyage, les activités et l'air revigorant a raison des enfants qui couchent pour une fois assez tôt. Nous nous retrouvons donc avec Antoine pour une petite promenade dans le parc.
Les rayons de lune révèlent un petit chemin vers le bosquet préféré de mon grand père et son banc de pierre. Nous nous y arrêtons. Cela fait tellement longtemps que nous n'avons pas pris le temps de nous retrouver que nous restons silencieux et profitons de la douceur de l'air. Quelques instants de contemplations plus tard, nous décidons d'aller rejoindre la chambre afin de profiter d'un rare moment d'intimité.
Nous avons des horaires de folie et souvent du travail le soir quand nous ne sommes pas trop exténués...
Le quotidien, les priorités, les enfants et tant d'autres paramètres qui font que le soir on prend du temps pour soi au lieu de prendre du temps pour nous. Nous sommes presque obligés de prendre rendez-vous pour faire l'amour…
Ce soir, je me rend compte que nous comblons difficilement la distance qui s'est installée entre nous. Nos caresses sont maladroites, nos contacts calculés et il n'y a plus autant de naturel dans nos ébats malgré une infinie tendresse et un profond respect.
Mais nous n'en parlerons pas. Pourquoi le faire ? Ce sont les aléas de tous les couples qui durent. Nous ne sommes plus des ados prépubères et nous avons tout pour être heureux.
Toutes les cases d'une vie sociale et familiale réussie sont cochées, alors pourquoi vouloir autre chose ? De toute façon nous n'aurions sûrement pas le temps...
Après une étreinte tendre mais sans saveur, nous restons là à regarder le plafond décoré de la chambre. Antoine s'endort rapidement et moi je repense à cette journée chargée en émotion.
Le souvenir de la malle dans le grenier me revient alors et attise ma curiosité. Je ne trouverai pas le sommeil avant une bonne heure, je le sais.
Je décide donc de me préparer une tisane et de monter jeter un œil sur les vestiges de ma jeunesse.
Journal d'une ex-nympho
_Et au commencement Dieu créa la mère de famille parfaite_
Quelques mois auparavant... 21/10/2020
C'est parti ! Nous avons décidé de mettre nos vies trépidantes, la pollution sonore, visuelle et olfactive de Paris entre parenthèses pour quelques jours. La situation sanitaire exceptionnelle avec cette saloperie de virus, le télétravail et les restrictions de libertés inopinées nous ont clairement fait ressentir un besoin urgent de prendre le temps et l'air frais...
Nous partons donc tous les 5, avec Mandy notre Bouvier Bernois, nous mettre au vert dans la maison familiale de mes grands parents.
C'est une bâtisse XVIIième perdue dans la nature sur les bords de la Loire. Une jolie maison de maître en tuffeau et toit d'ardoise, cachée au fond d'un petit chemin isolé et entourée d'un parc arboré et d'un bras d'eau… Un vrai refuge pour moi quand j'étais jeune.
J'en ai passé des heures à dessiner, peindre et écrire en imaginant ce que serait ma vie d'adulte. Cela fait une éternité que je n'y suis pas retournée mais je souhaite faire découvrir à mes enfants ce petit coin de paradis qui a tant compté pour moi.
La route va être longue pour mes petits citadins, mais l'absence de bouchons a presque un effet relaxant. Tout le monde est calme dans la voiture. Le chien dort dans le coffre et les enfants sont sur leur tablette à regarder des films. Les 4 heures de route glissent sans problème et nous voilà déjà à l'approche de Chalonnes. Son petit village, son clocher et son pont qui rappelle à Sarah, notre aînée, le golden Gate qu'elle rêve d'aller voir lors de prochaines vacances. Ah, l'imagination des enfants il n'y a rien de plus précieux…
Nous nous engageons dans un chemin de terre tout proche de la Loire et commençons à apercevoir au loin une grosse masse de végétation touffue qui semble faire barrage à notre route. Quelques minutes plus tard, nous arrivons sur un portail de fer forgé un peu fatigué et accédons enfin au parc arboré de la maison de mon enfance. Tout y est comme dans mes souvenirs ou presque…
Cette belle demeure de pierre blanche m'a toujours fait penser à un petit château. Nous jouions d'ailleurs souvent avec mes frères, sœurs et cousins aux princesses et chevaliers. Des histoires de dragons emprisonnant des jeunes femmes fragiles qui attendent désespérément un prince ou un chevalier pour les délivrer… Tout un modèle d'éducation désuet qui me met le sourire aux lèvres.
De nos jours, se sont les princesses qui chassent les dragons, les domestiquent ou les épousent... Car un prince c'est quand même super chiant.
Un sentiment mêlé de nostalgie et de plénitude s'empare de moi et je savoure ce moment de calme alors que le moteur de notre break s'éteint. Voilà, on y est !
Une fois la voiture vidée et la famille bien installée, je décide de faire le tour du propriétaire.
Mes parents ne viennent que rarement et quelques menus travaux me feront le plus grand bien.
Antoine s'amuse déjà à l'homme de la forêt avec sa tronçonneuse et notre fils Lucas. Ces moments de complicité père/fils se faisaient rare depuis quelques temps et je suis heureuse que cette pause campagnarde plaise au plus grand nombre. Sarah s'est installée dans le jardin en s'affalant sur une vieille balancelle pour faire des snap sur la vie d'une adolescente incomprise en mode canard.
De mon côté, je décide d'emmener Camille, ma petite dernière qui a déjà 8 ans, faire une chasse aux trésors dans le grenier. Un peu de rangement ne fera surement pas de mal et je savoure le moment où ses yeux clairs s'emplissent de paillettes d'or en découvrant le lieux.
C'est une façon détournée de préserver l'innocence et la créativité des enfants tout en les préparant au monde barbant et contraignant des adultes.
En ouvrant la porte, je suis assez surprise de constater la quantité de bazar entassé dans cette pièce mansardée. Ce n'est pas vraiment l'habitude de la maison…
Ma mère est ce que l'on pourrait appeler une organisée compulsive. Chez mes parents, tout est rangé, classé par ordre alphabétique, par taille ou par couleur, alors je suis un peu étonnée de l'état d'encombrement même pour un grenier…
Au milieu des vieux souvenirs de mes ancêtres, je découvre des malles avec les noms des mes frères, sœurs, cousins… Sacrée maman, avec elle même le bordel reste ordonné. Je sourie. Camille m'interpelle revêtue d'un chapeau, de bijoux de pacotille en tout genre et d'un Boa de plume. Nous éclatons de rire et reprenons notre expédition.
L'après-midi se passe gaiement entre essayages et découvertes d'objets et livres anciens.
Avant de quitter la pièce pour préparer le dîner, mon regard se pose sur une grande malle éclairée par l'œil de bœuf. Je me fraye un chemin pour découvrir l'inscription dessus. "Souvenirs de Lucie". Je ne me rappelais pas avoir laissé des affaires ici.
C'est sûrement une malle pleine de vieilles photos démodées, de coupes de cheveux improbables et de tenues criardes, vestiges des années 80 et 90… Ça pourrait être amusant d'organiser une petite séance "revival" demain avec toute la famille. J'imagine déjà la tête de Sarah et le rire de Lucas, heureusement le ridicule ne tue pas…
Journal d'une ex-nympho
_Introduction / Introspection_
24/02/2021
Salut, je m'appelle Lucie, j'ai 40 ans. Je suis mariée depuis 17 ans avec Antoine et nous avons 3 merveilleux enfants, une belle maison et un chien. Je suis responsable communication et je viens d'intégrer, il y a peu, une grosse firme cotée en bourse à La Défense.
Ce cadre quasi parfait, que j'ai mis tant d'années à construire, est en train de s'effondrer ce matin…
Je suis devant le miroir, il est 7h15 et je ne me reconnais plus. Je perds pied et j'ai l'impression de vivre la vie d'une autre... Les démons d'un passé lointain me reviennent doucement, effritant le vernis brillant du portrait de la femme discrète et mesurée qui me fait face.
Qu'est-ce qui a provoqué cela ?
Comment un petit carnet rose poudré rédigé d'une main enfantine peut-il me mettre dans un état pareil et surtout, pourquoi depuis sa lecture, je remets en cause toutes mes certitudes de Femme?
Je voudrais crier face à mon reflet que je suis désolée, que tout va redevenir exactement comme avant, que ce ne sont que des mots sans réelle substance, mais rien ne vient…
C'est un fait. Un monstre familier a doucement repris sa place dans mes entrailles et m'échauffe les sangs un peu plus chaque jour. Je sens son venin doux amère se répandre dans mes veines et mon regard est déjà transformé. Je suis perdue et je risque de tout perdre…