Je ne suis pas quelqu'un de très susceptible dans la vie c'est la raison pour laquelle je peux citer à peu près 75% des phrases dans ma vie entière qui m'ont vraiment blessée. Des fois, j'y pense, je repense à certaines phrases, certaines discussions, certains mots ou comportements qui m'ont écorché le cœur. Quand j'y pense, je sais que c'est passé, que c'était peut-être vrai à un moment donné ou que c'est même encore vrai maintenant. Avec le temps, j'ai oublié le contenu de certaines personnes qui ne sont plus sur mon chemin, il reste seulement ça. Ces sortes de blessures guéries mais qui se rouvrent par moment. J'aurais peut-être préféré me souvenir d'autres choses les concernant, sûrement, mais c'est indélébile. Assez tôt, j'ai essayé de manipuler les mots de façon à ne jamais être ce souvenir pour les autres. J'ai dû réussir, j'ai dû rater aussi. J'ai vécu un moment un peu effractant ce soir et je sais que les mots resteront et m'ont fait mal physiquement au cœur. Je le sais parce que je n'étais pas arrivé à la fin que la phrase que les larmes perlaient déjà. J'entends souvent que si ça nous touche, ça nous met en colère, ça nous rend heureux, ça nous fait réfléchir.. c'est qu'il y a un fond de vérité. Alors souvent je me demande si au fond c'est pas un peu vrai, si c'est pas un peu pour ça que ça m'empêche de respirer. D'autres fois, je me demande si au fond c'est pas un peu faux, si c'est pas à l'inverse de comment je me perçois, si c'est pas à l'encontre de ce que je ressens. Je n'arrive jamais à trancher. Frustration ou déni alors ? Si c'était si incorrect pourquoi ça m'ébranlerait autant ? Je ne sais pas. Je me dis juste qu'il faut vraiment manier les mots, le cœur avec plus de douceur encore que lorsqu'on effleure un corps.















