Après l’Asie, je pars à la découverte de la Nouvelle-Zélande, un pays que j’avais envie de visiter depuis 15 ans, lorsque je faisais connaissance avec ses paysages majestueux dans le Seigneur des Anneaux. Je débute mon séjour à Auckland, ou je décide de passer une semaine en helpx en attendant de commencer a voyager avec Marion, une amie française rencontrée en auberge a Brisbane quelques semaines auparavant. J’ai cinq semaines à passer dans le pays avant de redécoller pour Melbourne, et compte bien en profiter.
Atterrissage dans la baie d’Auckland
Je suis accueilli le 14 février au soir dans le centre-ville d’Auckland par Sue et son mari Damian, ainsi qu’une helper canadienne, Stephanie. La maison ou je séjourne est a vingt minutes de route, et peut héberger jusqu’à cinq helpers. J’y rencontre une autre jeune collègue allemande, Saskia. Y habitent aussi Lady, une énorme chienne léthargique, et Snow Leopard, un chat aux attitudes canines.
Après un premier jour très tranquille ou on me laisse me reposer, je commence le travail en accompagnant Sue faire sa tournée de jardinage. Cette néo-zélandaise à la cinquantaine bien tassée gère sa propre affaire avec de nombreux clients chez qui elle jardine ou tond la pelouse, quand elle ne se lance pas dans la création de fond en comble d’un nouveau jardin. En plus de cela, elle possède également une ferme avec son mari, avec des buffles et des plants de légumes, dont ils s’occupent tous les week-ends, a une heure trente de voiture au nord d’Auckland.
La ferme de Sue et Damian
Mon aide consiste donc à tondre des pelouses et faire du jardinage chez des particuliers situes en ville ou dans la banlieue d’Auckland. Un job parfois harassant, lorsqu’il faut par exemple tailler des haies en manipulant a bout de bras une scie pendant une heure. Sans parler du fait qu’il faille parfois se lever entre 6 et 7 heures du matin, ce qui n’a jamais été ma tasse de thé… Mais des efforts récompensés chaque soir par un diner gargantuesque préparé avec talent par Damian, ancien chef de son état.
Lors de mon court séjour, je rencontre ensuite Mae et Flavien, un couple de français qui passe faire un bref coucou avant de quitter le pays après un an de PVT ; Jason, un jeune chinois étudiant a l’académie de police ; et Céline, une française qui débute son visa d’un an dans le pays. Je passerai le week-end avec ces deux derniers à la ferme, sans internet ni téléphone. Nous y jardinerons et ramasserons des légumes afin que Sue les vende au marche le dimanche matin, et le couple nous fera profiter d’un après-midi dans une très belle plage sauvage de Te Arai, sur la côte nord-est.
Plage de Te Arai, au nord est d’Auckland
A l’issue de cette première semaine en Terre du Milieu, j’ai hâte de retrouver Marion et de commencer à voir du pays. Je la retrouve au matin du 22 février dans le centre-ville d’Auckland dans l’auberge Nomads, une véritable usine à backpackers, qui vaut surtout pour son rooftop et sa localisation en plein cœur de la cité portuaire.
Rooftop du Nomads d’Auckland
Nous commençons la journée par une visite guidée de la ville. Départ devant le ferry building du port d’Auckland, puis passage devant l’Old Post Office, reconverti en gare depuis que les correspondances ont perdu de leur importance. Nous poursuivons dans le centre-ville aux alentours de la galerie d’art, devant laquelle une petite place est dédiée aux suffragettes et où on nous explique que la Nouvelle-Zélande est le premier pays du monde à avoir accordé le droit de vote aux femmes en 1893 (avec le support de l’Eglise pour qui les femmes allaient aider à faire adopter des mesures contre l’alcool qui faisait des ravages à l’époque dans le pays).
La place des suffragettes
Notre promenade nous conduit ensuite dans l’Albert Park, un espace vert situe sur une petite colline, et à l’Old Government House, ancien bâtiment exécutif avant que Wellington remplace Auckland en tant que capitale du pays, afin que celle-ci se trouve au centre géographique de la Nouvelle-Zélande.
Après ces deux heures de balade, nous poursuivons notre exploration du centre-ville. Le viaduct harbour offre un bel espace détente avec ses transats géants, et un joli point de vue sur la baie d’Auckland. Des silos et des containers y sont redécorés par des street artists, ce qui contribue à rendre le coin très sympa.
Un autre point d’intérêt d’Auckland, moyennant un petit trajet en bus de 5 dollars aller-retour, est le Mount Eden, un volcan éteint du sommet duquel on est récompensé par une vue à 360 degrés sur le centre-ville, la baie et les autres volcans environnants. Une petite grimpette qui n’a rien de très fatigant, contrairement aux 8 heures que vous demanderait l’ascension de Tongariro crossing, dans le centre de l’île du Nord.
Mount Eden et Auckland à l’arrière-plan
Un autre moyen de voir la ville d’en haut, c’est aussi la Sky Tower, du haut de laquelle vous pouvez sauter si le cœur vous en dit, et les finances vous le permettent. Nous avons pour notre part simplement assisté au spectacle d’en bas.
Mon itinéraire en Nouvelle-Zélande
Après deux jours passés à Auckland, j’entame mon voyage avec Kiwi Experience. Une agence avec laquelle j’ai pris un pass de bus pour me déplacer dans l’île du Nord et l’île du sud et découvrir la plupart des sites touristiques du pays. Le système est assez simple, le bus dépose ses passagers dans une auberge différente chaque jour, où une place dans un dortoir nous est toujours réservée.
On reste malgré tout libre de réserver une chambre dans une auberge différente et de ne pas monter dans le bus le jour suivant, à condition de réserver son prochain départ par ses propres moyens. Ce qui est parfois difficile l’été, puisque les bus sont souvent pleins et qu’il s’agit de la période de pointe. N’étant pas fan des tours organisés, c’est surtout les 50% de réduction de Noël qui m’ont incité à prendre mon billet, et la flemme de tout planifier moi-même. L’autre avantage de ce pass étant qu’il peut fonctionner pendant un an.
Je quitte Auckland avec le bus Kiwi pour ma première destination : Hot Water Beach, au nord-est de l’île. L’itinéraire nous conduit auparavant dans le parc national de Coromandel, siège d’une impressionnante forêt dense et luxuriante, bordée par l’océan. Premier paysage idyllique d’une longue liste…
Vers 15 heures, nous arrivons enfin à Hot Water Beach, une plage réputée pour l’eau naturellement (très chaude) que l’on peut faire émerger du sable à l’aide d’une pelle ou en creusant à la main. Celle-ci pouvant atteindre les 60°, il est bon d’y creuser sa piscine pendant une marée, afin que l’eau de mer refroidisse un peu son bain et ainsi éviter de se brûler l’arrière-train. Je tente l’expérience sous un soleil de plomb avec mes compagnons de chambre : Son et Kuan, un jeune malais et sa soeur, Jannah du Brésil, Matthias du Danemark, et Susannah des Pays Bas.
Après ce bain très chaud, nous décidons de reprendre le bus direction Cathedral Cove (Te Whanganui-A-Hei en maori) non loin de là. Après trente minutes de marche, nous accédons à cette réserve marine de la péninsule de Coromandel, qui tire son nom anglais de l’arche naturelle formée dans la roche qui s’y trouve. L’occasion aussi de se baigner à nouveau dans une eau plus rafraîchissante.
La soirée se passera sur Hot Water Beach, où nous aurons la chance de découvrir à l’aller un opossum, et au retour des vers luisants, assez nombreux dans la région.
Le lendemain, départ pour Waitomo, une ville réputée pour ses caves pleines de vers luisants. Nous faisons un stop le matin pour une rapide randonnée à Karangahake, sans grand intérêt si ce n’est celui de passer deux ponts suspendus.
L’après-midi, arrivés à Waitomo, ceux qui le souhaitent peuvent payer des activités au prix assez exorbitant comme du rafting, de la spéléo, ou une visite des caves de 45 minutes pour voir des vers luisants.
En ayant déjà vu, je passe mon tour et opte pour une randonnée que je qualifierais de champêtre, pas franchement mémorable non plus.
C’est à Rotorua que je retrouve Marion, qui elle ne voyage pas avec Kiwi Experience, après avoir fait un stop à Hobbiton pour que les passagers du bus qui le souhaitent puissent visiter le site. Avec regret, je ne me l’offrirai pas… 100 dollars pour une heure étant un luxe que je ne peux pas m’offrir avec un mois de voyage à financer en Nouvelle-Zélande.
La ville est située au bord d’un lac bleu pâle, au bord duquel on peut trouver des petites piscines de boue ou d’eau bouillante, et des fumerolles. Et si la vue est superbe, l’odeur l’est moins puisque l’activité géothermique sur place dégage du soufre et par conséquent, les effluves qui vous montent au nez rappellent l’œuf pourri.
Un petit mal pour un grand bien, comme le disent les locaux, pour qui ces phénomènes étonnants attirent bon nombre de touristes.
Une des activités gratuites à faire dans les parages, c’est la randonnée dans les Redwoods. Des bois pas spécialement rouges mais qui offrent un panorama superbe sur la ville et notamment les geyser de Te Puia, et une forêt dense et très verte. Prévoir 45 minutes de marche depuis le centre ou prendre un bus.
Après l’effort, le réconfort. Moyennant 27 dollars, vous pourrez vous prélasser dans les 7 piscines (très) chaudes du Polynesian Spa de Rotorua, en bord de lac. Avec vue idyllique sur le lac en prime. Pas moyen de rester trop longtemps dans certaines d’entre elles, qui atteignent les 50°, mais détente en plein air garantie.
Rotorua Polynesian Spa au clair de lune
Wai-O-Tapu thermal wonderland
Autre activité payante, incontournable, celle-ci : la réserve de Wai-O-Tapu. Un nom difficile à retenir pour un site qui l’est beaucoup moins, où vous pourrez admirer un bon nombre d’activités géothermiques : geyser, piscines naturellement vaporeuses (les fameuses Champagne Pools), lacs aux couleurs fluorescentes, mud pools, etc.
Il vous en coûtera environ 70$ sans moyen de locomotion, 32 si vous avez une voiture, et ça les vaut.
Commencez par le spectacle très touristique qui consiste à activer un geyser, le lady Knox, à côté du parc (tous les jours vers 10h du matin). Une éruption déclenchée avec… de la lessive. Pas très naturel mais assez drôle à observer.
Puis poursuivez en entrant dans la réserve et admirez le spectacle surréaliste qui s’offre à vos yeux. Des paysages lunaires ou extra-terrestres qu’on a rarement l’occasion d’observer se présentent un à un sur quelques kilomètres carrés, de quoi vous occuper au moins deux bonnes heures.
Autre réserve géothermique, située quant à elle dans Rotorua : Te Puia. On y trouve le plus haut geyser de l’hémisphère sud (qui n’était pas très haut quand je m’y suis rendu), un centre de sculpture maori et quelques mud pools. Environ le même prix d’entrée que Wai-O-Tapu, mais moins impressionnant de mon point de vue.
Ayant fait la visite avec Kiwi Experience, j’ai toutefois eu la petite expérience bonus de manger un oeuf cuit dans une eau naturellement bouillante du parc.
Après deux jours à Rotorua, direction Taupo, un peu plus au sud et au centre de la Nouvelle-Zélande. Je retrouve dans le bus Kiwi Jason, avec qui j’avais passé une partie de ma première semaine de helpx à Auckland, et qui a décidé de visiter la Nouvelle-Zélande de la même façon.
Nous faisons une halte aux Huka Falls, de jolies cascades débouchant dans une rivière d’un bleu limpide, avant de gagner Taupo. J’y retrouve Marion dans une excellente auberge de jeunesse, le Haka Lodge, qui offre à ses clients un excellent wifi gratuit (c’est très rare dans le pays), un lounge avec Netflix et un jaccuzzi.
Nous passons l’après-midi au thermal spa park de Taupo, une activité gratuite et inédite puisqu’il s’agit de cascades d’eau naturellement (très) chaudes qui se déversent dans une rivière beaucoup plus fraîche, où l’on peut se baigner (malheureusement pas tout seul, mais on ne peut pas tout avoir).
L’expérience est assez jouissive et un peu perturbante avec une température différente en haut et en bas du corps.
Notre deuxième jour sur place s’avère moins agréable, avec le premier (et l’un des seuls) jour de pluie de notre séjour. Nous tentons néanmoins une petite balade autour du grand lac Taupo, avant d’opter pour un après-midi cocooning avec glace et wifi. J’en profiterai pour regarder les oscars et assister à la consécration de DiCaprio. Heureusement, un superbe coucher de soleil sur le lac rattrapera la journée un peu ratée.
Coucher de soleil sur Taupo
Tongariro national Park et River Valley
Je retrouve au matin Jason dans le bus Taupo-River Valley qui nous fait longer le magnifique lac Taupo, que je découvre enfin sous le soleil.
Nous faisons ensuite une longue halte dans le parc national Tongariro, riche de trois volcans dont le fameux Mount Doom ou Montagne du Destin du Seigneur des Anneaux, où Frodon doit détruire le précieux de Gollum. Un sommet qu’il est possible de grimper moyennant huit heures de randonnée aller-retour et une météo qui s’y prête (l’activité a été annulée au moment où j’aurais pu la faire, ce qui n’était pas mon intention de toute façon).
Mount Doom, Tongariro national park
Arrivée en fin de journée à River Valley : un passage obligé dans l’itinéraire Kiwi Experience dont je me serais bien passé. Il s’agit en effet d’une auberge perdue au creux d’une vallée et au milieu de nulle part (sans signal téléphonique et encore moins wifi), où on ne peut faire que du rafting moyennant 200 dollars. Quant au dortoir, il faudra se contenter d’un matelas posé à même le sol parmi de beaucoup d’autres. Pour 25 dollars, c’est pour le moins exagéré. Je décide quand même de piquer une tête dans la rivière à l’eau bien froide avant de prendre une bière avec Jason en happy hour (ils font au moins ça).
Le lendemain matin, partie de pétanque en attendant les rafteurs, puis départ pour Wellington, dernière étape dans l’île du Nord, où m’attend Marion. Une capitale qui n’en a pas l’air, à taille humaine et où l’on peut tout faire à pied ; elle rappelle un peu San Francisco avec un vent parfois glacial qui surprend après une première partie de séjour plutôt chaude au niveau des températures. Et il s’en dégage une atmosphère plutôt cool, avec pas mal de street art et quelques bars à la déco originale. Entourée par des collines et la mer, on peut y échapper aux buildings et aux maisons en dix minutes pour se retrouver dans la nature.
L’un des gros plus de cette ville, c’est que beaucoup plus qu’ailleurs en Nouvelle-Zélande, vous y trouverez plein d’activités gratuites. L’incontournable, c’est le Te Papa Museum, LE musée du pays, où on peut passer une bonne journée si on a envie de le visiter de fond en comble.
Vue depuis le dernier étage du Te Papa Museum
Nous commençons par l’exposition Gallipoli : the scale of our war, une immersion spectaculaire dans le quotidien de l’armée australienne et néozélandaise (ANZAC) pendant la première guerre mondiale, avec des statues de certains de ses protagonistes kiwis à l’échelle 2,5. Un travail réalisé par les studios Weta, à qui l’on doit les effets spéciaux du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, pour un résultat plus vrai que nature, au niveau de détail saisissant.
Exposition Gallipoli : the scale of our war
Le reste du musée, souvent interactif, explore la faune et la flore locale, la géologie et la tectonique des plaques, l’histoire du pays et notamment tout un pan de la culture et des traditions maoris jusqu’à l’apparition des britanniques en Nouvelle-Zélande. Il revient aussi sur les différentes vagues d’immigration et certains épisodes de son histoire récente, comme la légalisation de l’homosexualité.
Wellington offre aussi bon nombre de randonnées avec des points de vue sur la ville et la mer. Le Mount Victoria, à à peine vingt minutes de marche du centre, permet d’observer la baie et l’agglomération, et de passer au Hobbits getaway, ce petit bout de forêt dans lequel Peter Jackson a filmé la scène pendant laquelle les hobbits se cachent des Nazgûls sous un immense tronc d’arbre.
Vue depuis le Mount Victoria Lookout
Les jardins botaniques de Wellington, accessibles à pied ou en funiculaire (4 dollars pour 4 minutes), sont situés eux aussi au sommet d’une colline qui surplombe la ville.
Vue depuis les jardins botaniques de Wellington
Pour en apprendre un peu plus sur les institutions du pays, je profite d’une visite guidée gratuite du Parlement, surnommé la Ruche à cause de son architecture. J’en retiens que les néo-zélandais ont récemment supprimé l’équivalent de notre Sénat, pour ne garder que la Chambre des députés, calquée sur la Chambre des Communes de Londres ; et chaque citoyen dispose d’un droit de regard sur les lois débattues à l’assemblée.
Ma dernière visite culturelle est consacrée à la visite de la Weta Cave, un musée/magasin de souvenirs dédié aux films des studios Weta, connus notamment pour leur travail sur les trilogies du Seigneur des Anneaux et du Hobbit. On peut y visionner une projection d’un documentaire sur leur histoire et leurs projets, et pour ceux qui le souhaitent, participer à une visite des studios pour 25 dollars. A l’entrée de cette petite maison de banlieue, on est accueilli par trois trolls en taille réelle, et à l’intérieur, on trouve une statue de Gollum et d’un Uruk-Hai, entre autres.
Ma dernière soirée avec Marion et à Wellington se passe au night market de Cuba Street, la rue “arty” de la ville. Je tente une crêpe chinoise, sans regret. Nous poursuivrons la soirée dans un bar avec deux autres français et je partirai direction l’île du sud avec de très bons souvenirs de l’île du nord.
La suite au prochain épisode, et plus de photos dans le diaporama ci-dessous :
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