Petit abrégé de CEROPLASTIE:
Art de modeler la cire, développé en tant que sous-discipline de l'anatomie, dont l'essor rapide se fit principalement à Bologne et Florence au milieu du XVIII ème siècle.
La visualisation et la mémorisation de l’anatomie en passant par les dissections ont longtemps été freinées par l’église catholique, qui n'a autorisé les dissections qu’à partir de la Renaissance. Par ailleurs, la conservation des pièces ne pouvait pas bénéficier comme aujourd’hui de la réfrigération.
La céroplastie avec ses “maquettes” en cire fut la solution. La facilité de son travail de modelage et de coloration en fit un produit de choix.
La réalisation d’une pièce anatomique de céroplastie nécessitait la rencontre entre deux métiers : l’anatomiste et l’artiste.
Mener à bout une telle représentation réclamait un grand travail de dissection de la part du “médical”, pour s’assurer de la réalité des structures.
Les artistes coulaient des cires de couleur spécifique à chaque élément : muscles, os, tendons, artères, veines, nerfs, viscères... La cire pouvait être teintée directement dans la masse par adjonction de pigments colorés. Les artères, les veines, les nerfs étaient confectionnés à partir de fil de coton ciré, les (vrais) poils et cheveux étaient implantés par la suite. .
Par la transparence, la finesse de ses couches superficielles, la cire rendait l'opalescence et la délicatesse des chairs humaines, ajoutant un sens tactile à la préparation anatomique.
La douceur du rendu de la cire, le velouté du grain de peau en font des œuvres d’art à part entière.
Photos: Thomas Deschamps // Céroplastie : NATHALIE LATOUR