Comme on fait son rĂȘve, on fait sa vie.
Victor Hugo.
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Comme on fait son rĂȘve, on fait sa vie.
Victor Hugo.
"Lâhomme qui ne mĂ©dite pas vit dans lâaveuglement. Lâhomme qui mĂ©dite vit dans lâobscuritĂ©. Nous nâavons que le choix du noir."
- Victor Hugo
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe? Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau.
Charles Baudelaire
"Dans lâidĂ©e que je me forme dâune saine critique, il faut tĂącher de ramener Ă la vĂ©ritĂ© lâauteur quâon critique, et ce nâest point en blessant son amour-propre, mais en portant une lumiĂšre douce Ă son esprit, et en le conduisant Ă la conviction avec honnĂȘtetĂ© et politesse, quâon peut se flatter dâen venir Ă bout (si la chose est possible), et de lâengager Ă corriger son ouvrage, ou du moins Ă profiter de ses fautes Ă lâavenir."
- Charles Collé, Journal et mémoires.
Il viendra peut-ĂȘtre un temps oĂč nous serons assez Ă©voluĂ©s, assez Ă©clairĂ©s pour regarder avec indiffĂ©rence le spectacle brutal, cynique, cruel que nous offre la vie, un temps oĂč nous aurons abandonnĂ© ces pensĂ©es infĂ©rieures, infidĂšles quâon appelle les sentiments, et qui seront superflues lorsque notre jugement se sera perfectionnĂ©.
- August Strinberg, préface de Mademoiselle Julie.
"La principale satisfaction que me donne le métier [de critique] réside dans sa quasi-inutilité."
- André Bazin.
Ah, mesdames et messieurs, comme il est triste de vivre quand on ne peut rien prendre au sĂ©rieux, rien ni personne ! Câest pourquoi Edouard Ă©prouve le dĂ©sir de Dieu, car seul Dieu est dispensĂ© de lâobligation de paraĂźtre et peut se contenter dâĂȘtre ; car lui seul constitue (lui seul, unique et non existant) lâantithĂšse essentielle de ce monde dâautant plus existant quâil est inessentiel.
- Milan Kundera, Risibles amours.
"Il nâest pas nĂ©cessaire quâun auteur comprenne ce quâil Ă©crit. Les critiques se chargeront de le lui expliquer."
- Abbé Prévost.
Qui je mĂ©prise devine aussitĂŽt quâil est mĂ©prisĂ© par moi ; je scandalise par ma seule existence tout ce qui a du sang mauvais dans les veines⊠Ma formule pour ce quâil y a de grand dans lâhomme est amor fati : ne rien vouloir dâautre que ce qui est, ni devant soi, ni derriĂšre soi, ni dans les siĂšcle des siĂšcles. Ne pas se contenter de supporter lâinĂ©luctable, et encore moins se le dissimuler â tout idĂ©alisme est une maniĂšre de se mentir devant lâinĂ©luctable â mais lâaimerâŠ
- Friedrich Nietzsche, Ecce Homo.
"Visitez les villes du monde. Vous y trouverez parfois la statue dâun compositeur. Celle dâun critique jamais."
- Jean Sibelius.
Le théùtre, comme lâart en gĂ©nĂ©ral, mâa longtemps paru ĂȘtre une Bible des pauvres, une bible en images pour ceux qui ne savent pas lire, et lâauteur dramatique un prĂ©dicateur laĂŻque qui rĂ©pand les idĂ©es de son temps sous une forme assez populaire pour que la classe moyenne, qui garnit les théùtres, puisse comprendre sans trop de peine de quoi il sâagĂźt. Câest pourquoi le théùtre a toujours Ă©tĂ© une Ă©cole pour les jeunes, les gens Ă demi cultivĂ©s et les femmes, qui, possĂ©dant encore le bas talent de se tromper ou de se laisser tromper, sont accessibles Ă lâillusion et Ă la suggestion de lâauteur.
- August Strinberg, préface de Mademoiselle Julie.
"Je connais un critique qui est en mĂȘme temps auteur. Ce qui le met en tant quâauteur dans une situation critique."
- Raymond Devos.
Câest seulement dans la mesure oĂč nous partageons les sentiments dâautrui que nous sommes qualifiĂ©s pour juger une chose. La nature humaine, elle peut jusquâĂ un certain point supporter la joie, la peine, la douleur : ce point passĂ©, elle succombe. La question nâest donc pas de savoir si un homme est faible ou sâil est fort, mais sâil peut soutenir le poids de ses souffrances, quâelles soient morales ou physiques ; et je trouve aussi Ă©tonnant que lâon nomme lĂąche le malheureux qui se prive de la vie que si lâon donnait ce nom au malade qui succombe Ă une fiĂšvre maligne. Tu conviens que nous qualifions de maladie mortelle celle qui attaque le corps avec tant de violence que les forces de la nature sont en partie dĂ©truites, en partie rĂ©duites, en sorte quâaucune crise salutaire ne peut rĂ©tablir le cours ordinaire de la vie. Eh bien ! mon ami, appliquons ceci Ă lâesprit. Regardez lâhomme dans sa faiblesse ; voyez comme des impressions agissent sur lui, comme des idĂ©es se fixent en lui, jusquâĂ ce quâenfin la passion toujours croissante le prive de tout pouvoir de rĂ©flexion, et le perde. Et vainement un homme raisonnable et de sang-froid, qui contemplera lâĂ©tat de ce malheureux, lui donnera-t-il de beaux conseils : il ne lui sera pas plus utile que lâhomme sain ne lâest au malade, Ă qui il ne saurait communiquer la moindre partie de ses forces.
- Johann-Wolfgang von Goethe, Les Souffrances du jeune Werther.
"Un critique, pour beaucoup de gens encore, est un ĂȘtre jaunĂątre et livide qui mange du fiel et boit de lâabsinthe ; au lieu de gilet de flanelle, il porte un tricot de vipĂšres entrelacĂ©es qui lui dĂ©chirent la poitrine. Du fond de la niche quâon lui a creusĂ©e au bas des grands journaux, il ne fait que japper et aboyer contre les rĂ©putations qui passent."
- Théophile Gautier, Histoire de la littérature dramatique.
Pas dâaffectation dâaucune sorte, ni du corps, ni de lâesprit, ni de la voix. Nous cherchons une harmonie perdue. [âŠ] Un acteur doit savoir se taire, Ă©couter, rĂ©pondre garder lâimmobilitĂ©, commencer un geste, le dĂ©velopper, revenir Ă lâimmobilitĂ© et au silence, avec toutes les nuances et demi-nuances que comportent ces actions. ImmobilitĂ©. MaĂźtrise de lâimmobilitĂ©. Tenir lâattitude. Un acteur a toujours tendance Ă croire que le temps de son immobilitĂ© est trop prolongĂ©, de mĂȘme que, dans le silence, il se croit obligĂ© Ă des jeux de physionomie et, sâil est figurant, Ă des simulacres de conversation Ă voix basse, ce qui est purement grotesque. [âŠ] Il ne sait pas que lâimmobilitĂ©, comme le silence, est expressive.
- Jacques Copeau, Notes sur le métier du comédien.
"Les critiques ont le droit de juger en une heure lâeffort, le labeur, la gestation de plusieurs annĂ©es."
- Claude Debussy.
Ă jeunesse ! jeunesse ! tu nâas cure de rien, tu sembles possĂ©der tous les trĂ©sors de lâunivers, mĂȘme la tristesse tâamuse, mĂȘme le chagrin te va bien, tu es sĂ»re de toi et tĂ©mĂ©raire, tu dis : moi seule je vis, regardez ! mais tes jours fuient et disparaissent sans quâon sâen aperçoive et sans laisser de traces, et tout en toi disparaĂźt comme la cire au soleil, comme la neige⊠Et peut-ĂȘtre que tout le secret de ton charme rĂ©side non dans la possibilitĂ© de tout faire, mais dans la possibilitĂ© de penser que tu feras tout, peut-ĂȘtre quâil rĂ©side justement dans le fait que chacun de nous se considĂšre sĂ©rieusement comme un dilapidateur pense sĂ©rieusement quâil est en droit de dire : « Oh ! quâaurais-je fait si je nâavais pas gaspillĂ© mon temps ! »
Ivan Tourguéniev, Premier amour.