“J'avance de travers, un pas de côté, un tour sur moi-même et tu appelas cela danser.”
— Cha

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“J'avance de travers, un pas de côté, un tour sur moi-même et tu appelas cela danser.”
— Cha
“Quelle époque terrible que celle où des fous dirigent des aveugles.”
— Shakespeare
Elle vient de la dureté du monde d’une parole libre sous chacun de ses pas
d’une prière au sourd des hommes et d’un chant à la terre et aux arbres
elle vient d’une longue litanie de la mer et du vent
des entailles dans sa chair et de la ferraille noire d’un cargo
elle vient de ce qui la tord et s ‘essaie à la rompre
de ce qui la fonde aussi et l’élève au pur du ciel
elle vient de l’élan silencieux des oiseaux migrateurs
Patricia Ryckewaert.
“Où étaient les souvenirs purs ? En presque tous se fondent les impressions d'autres époques qui s'y superposent et leur donnent une réalité différente. Il n'y a pas de souvenirs, c'est une autre vie revécue avec une autre personnalité qui résulte pour partie de ces souvenirs eux-mêmes. On inverse pas le sens du temps à moins de vivre les yeux fermés, les oreilles sourdes.”
— Boris Vian, L’herbe rouge
D’un oeil, observer le monde extérieur, de l’autre regarder au fond de soi-même.
Amedeo Modigliani (via mesillusionssousecstasy)
“J’ai rêvé d’un nid où les arbres repoussaient la mort. // (I dreamed of a nest in which the trees repulsed death.)”
— Adolphe Shedrow, from Berceau sans promesses.
“Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers. Pas moins que les arbres et les étoiles. Vous avez le droit d’être ici.”
— Jean d’Ormesson, Comme un chant d’espérance
“Todo lo que me era importante y definitivo, adquiría su figura. Ella podía transformarse en cada uno de mis pensamientos, y cada uno de mis pensamientos en ella.”
— Hermann Hesse. Demian. (via el-jujeniodeletras)
“Le confesó que no tenía un instante sin pensar en ella, que cuanto comía y bebía tenía el sabor de ella, que la vida era ella a toda hora y en todas partes…”
— Gabriel García Márquez. Del amor y otros demonios. (via el-jujeniodeletras)
“Il fait nuit, je ne dors pas. Je veille sur quelques mots à naître. Dans l'air un goût de gâteau chaud et la présence des êtres sous mon plancher ; non pas des esprits rampants et maléfiques, mais de simples voisins dont la voix me parvient. Fenêtre encore ouverte, les rideaux sont immobiles et le monde à leur transparence ; et comme tout semble suspendu, léger, inaudible, incolore, je me vois tout à coup dans le “rôle” d'un mourant juste avant le grand saut, juste avant de lâcher prise. Anticipation rien de plus, à la manière de ceux qui anticipent un prochain voyage. J'imagine ce moment, rien de grave à seulement l'imaginer, ce dernier regard posé sur les dernières choses à portée : le rideau, les voix, le gâteau chaud et derrière chacun d'eux, une image, une présence, un souvenir qui s'esquissent à peine et ne se fixent pas… Une mère, un enfant, le vent, l'été à l'heure de la sieste quand les voix se font lointains ruisseaux, et le ventre d'une amoureuse, présent si proche. Et je me dis voilà, c'est ça, on part avec trois fois rien de merveilleux et d'ordinaire en tête ; ni trésor, ni roman, ni fanfare, ni mémoire. On repart à vide, avec du brouillard, avec les trains fantômes et les coquilles désertées ; l'heure est à la fermeture des boîtes de nuit. Et nous laissons derrière nous, un monde fourmillant de fureur et d'inquiétudes : la bande son des joies et des peines, des horreurs et des émerveillements… Car nous laissons derrière nous à peu près tout. Alors le jour et le sommeil et les amours de ceux qu'on aime se poursuivent… Comme si de rien.”
— jacques dor
“Plus elle vivait avec Wronsky, plus il lui devenait cher ; sa présence continuelle était un enchantement toujours nouveau. Chacun des traits de son caractère lui semblait beau ; tout, jusqu'à son changement de tenue, depuis qu'il avait quitté l'uniforme, lui plaisait comme à une enfant éperdument amoureuse. Chacune de ses paroles, de ses pensées, portait un véritable cachet de grandeur et de noblesse. Elle s'effrayait presque de cette admiration excessive et n'osait la lui avouer, de crainte qu'en lui faisant constater ainsi sa propre infériorité il ne se détachât d'elle, et rien ne lui semblait terrible comme l'idée de perdre son amour.”
— Léon Tolstoï, Anna Karénine
Albert Camus à Maria Casarès , 6 Juillet 1944 , Correspondance (1944-1959) Albert Camus, Maria Casarès , Gallimard
La mort ne faisait pas souffrir. C'était la vie, cette atroce sensation d'étouffement : c'était le dernier coup que devait lui porter la vie. Ses mains et ses pieds, dans un dernier sursaut de volonté, se mirent à battre, à faire bouillonner l'eau, faiblement, spasmodiquement. Mais malgré ses efforts désespérés, il ne pourrait jamais plus remonter ; il était trop bas, trop loin. Il flottait languissement, bercé par un flot de visions très douces. Des couleurs, une radieuse lumière l'enveloppaient, le baignaient, le pénétraient. Qu'était-ce ? On aurait dit un phare. Mais non, c'était dans son cerveau, cette éblouissante lumière blanche. Elle brillait de plus en plus resplendissante. Il y eut un long grondement, et il lui sembla glisser sur une interminable pente. Et, tout au fond, il sombra dans la nuit. Ca, il le sut encore : il avait sombré dans la nuit. Et au moment même où il le sut, il cessa de le savoir.
— Jack London, Martin Eden.
“Et il s'en alla étourdi de joie, enivré de ce “peut-être” qui ne meurt jamais dans les cœurs épris.”
— Guy de Maupassant, Notre Cœur (via proustration)
Oliverio Girondo. Vórtice. Persuasión de los días. [28]
No puedo soportar la idea de que mi vida se va con tanta rapidez y yo no la vivo realmente.
Ernest Hemingway. The Sun Also Rises. (via el-jujeniodeletras)