Le combat des familles de Roboski contre la culture de l’impunité
Le combat des familles de Roboski contre la culture de l’impunité
Ferhat Encü a perdu son frère et d’autres membres de sa famille, il y a dix ans, dans le massacre de Roboski. Il dénonce la culture de l’impunité pratiquée de longue date par le régime turc.
Le 28 décembre 2011, 34 civils kurdes, des adolescents pour la plupart, ont été tués dans une frappe aérienne de l’armée turque près du village de Roboski, à Sirnak. Bien que dix ans se soient écoulés, les…
La “cancel culture”, dernier recours d’une population sans autre voix que l’Internet
TRIBUNE. L’essayiste et historienne estime, dans une tribune au « Monde », que la stigmatisation à laquelle se livrent en ligne certains mil
"Elle est l’outil le plus récent d’une contestation politique de plus en plus intense, issue des minorités et de la gauche radicale américaine, s’inscrivant dans le combat des droits civiques et du féminisme, excédées par l’impunité du pouvoir et la passivité des institutions face au racisme, à l’injustice sociale, au sexisme, à l’homophobie, à la transphobie, entre autres."
"Plus important, une majorité des sondés (53 %) estiment que ceux qui tiennent des propos offensants en public doivent s’attendre à des conséquences sociales. Si bien que l’on parle plus volontiers aujourd’hui d’« accountability culture » ou culture de la responsabilité. En clair : assumez vos actes et vos propos."
"N’allez pas chercher la violence de la « cancel culture » ailleurs que dans la brutalité du pouvoir."
"Car la « cancel culture », c’est aussi et peut-être d’abord cela : un immense ras-le-bol d’une justice à deux vitesses, une immense fatigue de voir le racisme et le sexisme honorés quand les Noirs se font tuer par la police et les statistiques de viols et de féminicides ne cessent d’augmenter."
La critique média en toute indépendance. Enquêtes et chroniques chaque jour, émission hebdomadaire présentée par Daniel Schneidermann.
Il faut lire le récit, par deux étudiants en journalisme, de leur arrestation par la police, à Lille, et de leur garde à vue, pour la seule raison qu'ils faisaient leur (futur) métier en filmant et photographiant le maintien de l'ordre, lors d'une manifestation de protestation contre la réforme des retraites. Ils ont été emmenés au poste, avec force "fils de pute" et "si tu bouges je te casse l'épaule". Après avoir subi des sermons policiers sur les abus de pouvoir de la presse, ils ont été relâchés avec, pour l'un des deux, un simple rappel à la loi, ce qui signifie que la police n'a rien retenu contre lui.
Il faut lire ce récit, pour bien prendre la mesure de la défense, par le gouvernement, de Jean-Paul Delevoye, ministre chargé de la réforme des retraites, justement.
"Il est de bonne foi" : tel est l'élément de défense, débité tout au long du week-end, par les porte-parole du pouvoir, à propos de Delevoye, dont Le Monde a finalement découvert qu'il avait omis dix mandats dans sa déclaration d'intérêt, et avait cumulé sa fonction de ministre avec une fonction rémunérée, ce qui est contraire à la constitution.
On se tromperait en tentant de combattre frontalement cet argument. Delevoye est peut-être de bonne foi, dans le sens où il est peu probable qu'au moment de remplir ladite déclaration, il ait fait un bras d'honneur mental à la HATVP, en se disant "fuck ! Je les emmerde". Il est peut-être même peu probable qu'il ait alors été habité par "une forme de mauvaise humeur", comme l'actuel Premier ministre quand il avait dû remplir en 2014 sa déclaration de patrimoine. "Aucune idée" avait simplement inscrit Edouard Philippe dans la case où il devait indiquer la valeur actualisée de ses biens immobiliers.
Simplement, ce n'est pas le sujet. Tentons de l'expliquer en toute bonne foi.
Un corrompu, un responsable en situation de conflit d'intérêt, peuvent parfaitement être "de bonne foi".
L'élu peut employer de bonne foi ses assistants parlementaires au service de son mouvement politique, parce que la législation sur le financement de la vie politique lui semble, de bonne foi, insuffisante.
L'élu peut rétribuer de bonne foi ses enfants ou son épouse, en estimant qu'il s'agit d'une contrepartie à un investissement militant chronophage, voire au sacrifice de sa vie personnelle.
Élargissons. Le magistrat chèrement rétribué pour rédiger un arbitrage peut estimer de bonne foi qu'il a été choisi en raison de sa compétence professionnelle.
Le médecin, le scientifique, qui rédige une expertise rétribuée pour un labo pharmaceutique ou une multinationale, peut penser de bonne foi qu'il a été choisi en raison de sa compétence, et non pas pour l'acheter.
Le juré littéraire peut voter de bonne foi, dans son jury, pour le livre édité par son éditeur, parce qu'il l'estime le meilleur de la sélection.
Il y a le vrai monde, le monde des manifestants qui craignent pour leur retraite, le monde des nassés, des gazés, des elbédés, des cellules de garde à vue, le monde soumis à l'arbitraire policier. Et il y a un supra-monde, celui qui décrète les règles, à commencer par les siennes propres, dont celle-ci : la "bonne foi" nous tiendra lieu de règle. Jusque très récemment, le supra-monde écrivait seul le récit. Depuis les réseaux sociaux, les deux récits se font concurrence aux yeux de tous. La dernière fois, voici un peu plus de deux siècles, que la fracture entre ceux qui font les règles, et ceux qui les subissent, s'est étalée aussi nettement, on sait comment cela s'est fini.
La violence psychologique reste impunie ... le cas Cantat ...
Pourquoi Bertrand Cantat n’est-il pas en prison ? Pourquoi Bertrand Cantat malgré l’assassinat de 2 femmes a-t-il la garde de ses deux enfants ?
Son ex-femme, Cristina Rady s’est suicidée après une emprise psychologique sans précédent. On le comprend aisément en écoutant le message qu’elle a laissé à ses parents (disponible sur le net) peu de temps avant sa mort. Il lui fait un (faux) chantage au suicide, elle y croit, elle n’en peut plus, elle pense (à tort) qu’elle ne vaut rien, se pend.
Bertrand Cantat, ce pervers psychopathe violent et immature à la garde totale de ses deux enfants en toute impunité. Sans aucun garde fou.
La justice ne reconnaît pas le second crime perpétré par violence psychologique.
Ce type qui dit : “ça n’est pas moi qui ai un problème avec les femmes, c’est les femmes qui ont un problème avec moi” et meurtrier de deux femmes, a la garde totale de sa fille.
#INFOGRAPHIE Les #cyberviolences à l'encontre des femmes, qui ont tendance à les silencier et à les pousser hors des espaces numériques, ne sont pas aléatoires, elles sont nourries par un substrat bien installé : une société profondément sexiste et inégalitaire qui opprime les femmes, et ce d'autant plus si elles sont racisées, lesbiennes, bi, trans, handicapées, en situation de précarité, ou qu'elles ne correspondent pas aux normes dominantes de genre, d'apparence physique ou neurologiques.
Ce socle inégalitaire engendre une culture du viol et de l'érotisation des violences faites aux femmes qui fait que l'on culpabilise les victimes tout en aménageant l'impunité des agresseurs, une volonté de contrôle du corps et des activités des femmes — qu'elle soit implicite et omniprésente via la publicité, la presse féminine et la grande majorité des productions culturelles et médiatiques, ou qu'elle prenne la forme d'un rappel à l'ordre spécifique (injonction à s'épiler, à ne pas trop montrer son corps ou au contraire à le montrer plus, surveillance par les partenaires, etc.) —, et un déficit de représentation des femmes dans les secteurs technologiques liés à l'informatique, au web et aux nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Voilà ainsi réunies des dispositions qui, non seulement rendent les cyberviolences possibles, mais sont également à l'origine de leur minimisation et de l'impunité dont bénéficient la majorité de leurs auteurs.
➥ Les cyberviolences qui touchent les femmes et les minorités sont le fruit d'une société inégalitaire, tout comme les autres violences, elles ne pourront être endiguées qu'en s'attaquant à la base du problème, à la partie immergée de l'iceberg, bref en changeant la société en profondeur afin d'éradiquer les rapports de domination qui la traversent et la fondent.
Lorsqu'un mec qui t'a violenté pendant des années, qui a été condamné pour cela, continue à fréquenter le lieu autogéré et militant de ta ville, que bon… ça embête les “gens” mais il est considéré comme “historique” dans le “milieu”
L'impunité règne pour les auteurs de féminicides au Sud-Kurdistan
L’impunité règne pour les auteurs de féminicides au Sud-Kurdistan
Depuis le début de l’année, au moins dix femmes ont été assassinées ou sont mortes de manière suspecte au Sud-Kurdistan où règne une politique d’impunité pour les auteurs de féminicides.
Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, l’attention a de nouveau été attirée sur les féminicides dans le sud du Kurdistan (nord de l’Irak).
Les femmes sont devenues plus vulnérables à mesure…