LââincarcĂ©ration parentaleâ ou le crime parfait ...
Notre personnalitĂ© se construit tout au long de notre vie. Lâenfant, surtout lorsque il ne parle pas va sâattacher Ă une figure principale, il sâagit souvent de sa mĂšre biologique ou de toute personne dont il dĂ©pend. Comme disait TolstoĂ, âToutes les familles heureuses se ressemblentâ. Ainsi quand lâenfant exprime un besoin et que celui est satisfait, il va dĂ©velopper un style dâattachement que lâon dit âsĂ©cureâ. Il nâa ni faim, ni froid, ni peur, il est Ă©coutĂ© et choyĂ©. TolstoĂ toujours :âLes familles dysfonctionnelles le sont chacune Ă leur façonâ : ici les enfants ne reçoivent pas les soins appropriĂ©s, sur le plan physique ou Ă©motionnel, voire les deux. On pourra alors observer deux catĂ©gories : ceux qui dĂ©cident de ne plus exprimer leurs besoins que lâon peut appeler les âĂ©vitantsâ, et ceux qui vont en exprimer deux fois plus afin dâobtenir lâattention, les âanxieux-ambivalentsâ. Câest un schĂ©ma grosse maille bien sĂ»r, la rĂ©alitĂ© pourra ĂȘtre bien plus complexe, mais on peut tout de mĂȘme distinguer deux grandes catĂ©gories suite aux effets de la maltraitance parentale : dâun cĂŽtĂ© les âĂ©vitantsâ qui peuvent devenir de parfaits manipulateurs et les âanxieux-ambivalentsâ, lesquels,en revanche, seront trĂšs facilement manipulables car en quĂȘte de reconnaissance et dâaffection et trĂšs (trop) sensibles au regard des autres.Â
Ainsi, voici comment se construit le cercle des emprises Ă travers une enfance dysfonctionnelle.Â
Beaucoup dâenfants vivent une situation dâ âincarcĂ©ration parentaleâ, câest-Ă -dire quâils sont nourris, blanchis, ne portent pas de trace de maltraitance physique, tout semble parfaitement normal, et pourtant ces enfants sont soumis Ă un âamour conditionnelâ, il nây a pas de marque dâaffection sans contrepartie, ils subissent des rĂšgles absurdes, ils sont contrĂŽlĂ©s en permanence, ne peuvent pas exprimer leurs Ă©motions, ne peuvent pas sâexprimer tout court. Câest comme une sorte de prison, sans quâils aient fait quoi que ce soit de mal si ce nâest exister. Ils sont coupables de la ânon sĂ©curisationâ de leur propres parents et ne sont ni plus ni moins que des objets manipulables au quotidien.Â
AprĂšs âUn bonheur insoutenableâ voici âUn enfer invisibleâ.
Cet âemprisonnementâ peut ĂȘtre trĂšs long, durer au moins jusque la majoritĂ©, parfois plus tant lâemprise peut perdurer mĂȘme aprĂšs le dĂ©part du domicile des parents. Il est trĂšs rare que la famille rĂ©agisse. Les parents soignent leur apparence de ânormalitĂ© socialeâ et modifient leur comportement en prĂ©sence de tiers.Â
Il nây a pas de trace, lâenfant ne se plaint jamais ou trĂšs peu, voire va intĂ©rioriser une forme de culpabilitĂ© sans jamais ou trĂšs peu dĂ©noncer ses parents. Personne ne voit rien. Â
Souvent il y a des signes physiques comme lâĂ©nurĂ©sie, le bruxisme qui montrent que lâenfant subit des fortes pressions mais les pĂ©diatres remettent trĂšs rarement les parents en cause avec ces symptĂŽmes.