"Croûtes, plis et zones humides" // APPEL À PARTICIPATION // CHAMBRE PÂLE #4
“Et l'on retrouva le corps du géographe pendu à un hêtre, rouge de son eczéma, ballottant tranquillement dans la brise filtrée par les haies ; les ongles salis par ses dernières démangeaisons au téton et dans le pli de la région glutéale, son regard mort contemplait calmement, pour quelques heures encore, le relief mollement festonné, humide, du bocage qui l'avait amené là . »
Accompagnant les premiers frissons du printemps, promesses des explorations moites et intimes, micr0lab vous propose un thème scientifique !
En écho à la ride aride,
En résonance avec les luttes bocagères,
En sympathie avec les miasmes qui attendent sagement leur heure,
– Croûtes, plis, et zones humides –
Toute proposition -texte, dessin, photo, collage- est attendue,
et sera attentivement étudiée par le Comité de Sangsure présidé par le Professeur Pole Ka, ([email protected]) spécialiste en Sciences Molles et Occultes.
L’interprétation du thème est complètement libre.
A envoyer avant le 7 mai ! - Pour les images, quelques contraintes : format A5, noir et blanc, 300 dpi -
(Les propositions seront publiées sous licence Creative Commons (attribution - pas d'utilisation commerciale - pas de modification 4.0 international)
Ils l'ont dit !
L’ordure inscrite dans les plis, empêche de coller sur lui-même le chiffon en boule de la mémoire. On retrouve ce dispositif à propos de ces villages de Sologne où l'on circule si peu dans les rues, et qui ne parlent pas d’abandon ou de délaissement, mais plutôt d’une activité cachée et à demi clandestine, qui fuirait le jour les lieux bâtis et coulerait silencieusement de l’aube à la nuit dans les bois, les landes, et les friches des alentours qui l’absorbent. Ailleurs, la route plonge et zigzague dans le pli creusé de la forêt et soudain se transforme en une rue de village pavée en lit de torrent. Le village allongé de tout son long dans le thalweg du val boisé semble fait de la débâcle tirée et industrieusement utilisée d’une coupe forestière.
Du fait de la macération et de la transpiration, les plis de la peau sont le siège privilégié des infections mycosiques. Celles ci sont dues à des champignons dermatophytes ou des levures. La contamination peut se faire dans des atmosphères humides, telles que les piscines, sauna, vespasiennes, et autres douches publiques. Ces infections sont favorisées en cas de lésions, de surcharge pondérale, qui favorisent la sudation et la macération ; sont à mettre en cause, également, le port de vêtements trop ajustés, la présence et le déploiement du corps dans des milieux au climat chaud et humide, ou plus simplement une hygiène approximative.
On parlerait de la saturation sans contrôle possible des plis et des replis du réel. Non pas création, mais éclatement d'une croûte d'opacité. La ligne en effet se replie en spirale pour différer l’inflexion dans le mouvement suspendu entre ciel et terre. Ainsi, l’incertitude historique se trouve-t-elle convertie en un geste absolu, transportable et imitable, ce trait qu’il désigne sous le nom de pli. Le pli n’a pas de centre absolu, mais un centre de courbure qui se meut avec l’inflexion et prolifère à l’envi.
Et sans nous lasser, dans nos rêves enfiévrés de désir, nous reprendrions la quête tâtonnante, explorant de ce passé chaque détail, chaque pli. Rien n’est plus troublant, plus inquiétant, plus effrayant, parfois qu’un marécage. Pourquoi cette peur qui plane sur ces plaines basses couvertes d’eau ? Car n’est-ce pas dans l’eau stagnante et fangeuse, dans la lourde humidité des terres mouillées sous la chaleur du soleil, que remua, que vibra, que s’ouvrit au jour le premier germe de vie ?
Le pli cache la couture.
Bien à vous, à vous, micr0lab









