Romain Levy et Alain Attal étaient sur le plateau de Quotidien pour défendre leur film Gangsterdam, où les protagonistes du film parlent de “viol cool” et exigent des “méchants” à la fin du film qu’il s’adonnent à une fellation forcée parce que c’est trop drôle.
Les larmes aux yeux, la voix nouée, la rage au ventre, honteusement accusés d’avoir pondu un film de merde. Le producteur, il est humilié. il est tout chaffouin. Il en a gros.
Alors que franchement, ça frôle le chef d’œuvre, la preuve c’est sa maman qui l’a dit, alors comment tu oses critiquer mon travail là.
Ben viens un peu par ici que je t’explique pourquoi ton travail c’est de la merde et on va reprendre tes arguments point par point tranquillou pépouze.
Mais depuis quand on ne peut pas parler de viol ?
Nondudiou, et le liberté d’esssspresssssion alors ? Pourquoi qu’on peut pas parler de viol ? Il y aurait des sujets tabous ?
Alors mon biquet je t’explique, le problème ce n’est pas que tu parles du viol, c’est que tu en parles mal. C’est que tu banalises le viol. Que tu en fasses une grosse blagounette. Tu peux rire du viol si tu te moques des violeurs, pas des personnes violées.
Ce qu’on te reproche ce n’est pas de parler du viol, c’est la manière dont tu en parles. Non pas pour le dénoncer, non pas pour te placer du côté des victimes mais pour te placer du côté des violeurs, que tu présentes sur un jour sympathique.
Le film ne condamne pas, le film approuve, le film rigole du viol.
Et pour répondre à ta question, on ne peut plus « parler du viol » de cette manière depuis la loi du 29 juillet 1881 qui condamne les œuvres incitant à la commission d’actes délictuels. Article 24.
Tu dis que personne n’a le droit de te faire chier quand tu veux parler du viol. Ben en fait, si, moi j’ai le droit de te faire chier et toute personne jouissant de la liberté d’expression peut le faire aussi. La liberté d’expression c’est aussi la liberté de critiquer.
C’est juste une meuf aigrie t’sais
Bon déjà c’est faux, il y a pas mal d’autres personnes qui ont dénoncé cette purge. Et s’il ne s’agissait QUE d’un article rédigé par une meuf aigrie, tu n’aurais pas pris la peine de venir défendre ton ego fragile sur un plateau de télévision.
On ne va pas se mentir mon biquet, si tu as fait le déplacement, c’est bien pour éteindre le feu parce que ton chargé de com voyait le bad buzz venir.
Non, ce n’est pas « juste une meuf ». Nous sommes une femme sur 6 et un homme sur 20 à avoir été victime de viol. Je te laisse calculer le pourcentage de personnes ayant déjà été violé qui viendra voir ton film. C’est autant de personnes qui seront blessées, dégoutées de voir que leur trauma est utilisé comme un simple gag.
Les gens ils sont pas cons, ils comprennent que c’est une blague
Je vais te raconter mon viol parce que les histoires de viol ça te fait marrer, prépares toi à bien rigoler tu vas voir c’est fendart.
Alors le mec qui m’a violé, il avait 19 ans, je lui avais dit « non » à plusieurs reprises. Mais comme on lui a dit toute sa vie de jeune ado qu’une fille qui dit non, elle ne dit pas vraiment non, qu’en fait elle se laisse désirer. Ben lui, il a fini par y croire. Parce que les ados n’ont aucune éducation au consentement ou à la sexualité. Donc oui, ils finissent par croire ce que leur enseigne la société. On appelle cela la “culture du viol”, je te laisse te renseigner sur le sujet….
Et la société des médias, dont tu fais partie, leur apprend que les filles elles aiment bien être soumises au fond, que ce sont des salopes, qu’elles disent « non » pour faire genre, mais qu’en vrai elles aiment bien se faire prendre de force par des mecs virils. Et d’ailleurs, si tu ne veux pas être un mec fragile qui laisse passer ta chance, il faut la saisir. Faut la pécho la meuf, sans lui demander son avis, elle aime ça on te dit, c’est ça un « viol cool ».
Mon violeur à moi, il m’a dit à la fin « tu vois ? ce n’était pas si terrible ». Il ne pensait pas à mal mon violeur ; il est pas con mon violeur, il a juste vu trop de film à la con mon violeur.
Vous aurez préféré qu’on les tue ?
Alors cet argument, il est tellement indécent que je ne sais même pas comment y répondre.
Rassure-moi, ton cerveau a pas pu valider cette phrase… elle vient direct des sphincters on est d’accord ?
Heureusement que t’es pas policier mon coco, je te vois bien en train d’accueillir une victime de viol « Ah mais ma petite dame, faut vous estimer heureuse hein ! vous savez ça se passe comme ça dans la mafia… vous aurez préféré mourir peut être ? c’est ça ? »
Ah oui, et puis aussi quand tu dis que ça se passe comme ça dans la mafia, donc c’est normal et tout le viol.
MAIS JUSTEMENT TES PERSONNAGES ILS SONT PAS DANS LA MAFIA. Ce sont les gentils ! Et c’est bien ça le problème, leurs actions ne sont pas condamnées par le film, mais elles sont approuvées. Tu le dis toi-même, ils ont fait ce qu’il fallait faire.
Normalement, les gentils dans un film mon lapin, à la fin ils livrent les méchants à la police… ou ils les attachent en haut d’un arbre avec une pancarte « je suis coupable », enfin je sais pas un peu d’imagination.
Je te jure, il y a d’autres solution à la résolution des conflits que le viol ou le meurtre. Dans les films, comme dans la vie.
PS : Barthez, la prochaine fois, profite de la polémique pour donner la parole aux victimes de viol au lieu de donner la parole à ces deux zozos.
Lysandra