Canberra, Chapitre 3: Water dragons and Flying foxes
 Telle une Cendrillon Australienne je mâĂ©veille au doux (hum hum) chant des magpies et des cacatoes, il est 6 h et aujourdâhui je vais braver la chaleur et la peur de rencontrer des araignĂ©e gĂ©antes pour aller marcher dans les jardins botaniques de Canberra.
Les jardins ne sont quâĂ 40 minutes de marche alors je chausse mes palladiums Ă fleurs, noue mon bandana et en route pour les jardins, guidĂ©e par mon fidĂšle et indispensable GPS.
Je traverse le Canberra Center que je commence Ă bien connaitre mĂȘme si certaines statues ne cesseront jamais de mâĂ©tonner...
Quelques centaines de mĂštres plus loin je sur arrĂȘtĂ©e par un drĂŽle dâoiseau perchĂ© sur le toit dâun bar...
Comme sâil nây avait pas assez de sales bĂȘtes dans ce pays, il fallait en plus en rajouter pour la dĂ©co! Non mais quelle idĂ©e!!!
Je traverse ensuite lâimmense campus de lâAustralian National University escortĂ©e par ces charmants petits volatiles qui piaillent en picorant les copeaux de bois des parterres de fleurs.
Je passe ensuite devant une superbe librairie Harry Hartog (Câest autre chose que Gibert Joseph je vous assure) fermĂ©e Ă cette heure matinale et me promets de revenir plus tard Ă©cumer les rayonnages de celle-ci...
Je quitte le campus, traverse un parc, et commence Ă longer ce qui semble ĂȘtre lâimmense jardin botanique.
Je marche, tranquille et insouciante, quand un bruissement dans les fourrĂ©s me fait me figer comme un chien Ă lâarrĂȘt. Je veux dire ce nâĂ©tait pas un bruissement de mulot ou de petite souris, câĂ©tait un gros bruissement... Je tourne doucement la tĂȘte vers les fourrĂ©s en me fĂ©licitant dâavoir mis mes chaussures qui courent vite plutĂŽt que des petites sandales, et ce malgrĂ© la chaleur Ă©crasante.
Il est la sur un petit rocher, plongeant ses petits yeux noirs dans les miens...
Mon premier gros lĂ©zard australien (je ne le savais pas encore mais ce serait loin dâĂȘtre le dernier!), Ă vrai dire je lui trouve mĂȘme plutĂŽt des air de dragon que de lĂ©zard avec sa grosse tĂȘte et ses petits picots comme une collerette.
Câest moi maintenant!!!
AprÚs une longue observation entre émerveillement et petite flippette (un peu comme un enfant de 9 ans qui regarderait un film déconseillé au moins de 10 ans pour la premiÚre fois, un peu inquiet de ce qui pourrait se passer mais trop fier et excité pour détourner le regard), je reprends ma marche vers le jardin.
Je dois monter des escaliers qui serpentent entre les massifs de vĂ©gĂ©tations pour atteindre lâaccueil, je suis escortĂ©e encore une fois par un petit reptile se chauffant au soleil.
Cette fois il nâest pas trĂšs grand, Ă peine plus que les gros lĂ©zard vert que lâon trouve en France, par contre il galope sacrĂ©ment vite, avec une course assez rigolote, dans ce genre lĂ :
Une fois arrivĂ©e Ă lâaccueil une dĂ©ception mâattend: Tout le parc est âfire bannedâ, par mesure de sĂ©curitĂ©, en cas de propagation rapide du feu, les jardins sont fermĂ©s au public. Il y aura quand mĂȘme une petite visite guidĂ©e du petit parc Ă lâentrĂ©e des jardins dans une heure, je vais donc mâattabler, un peu dĂ©pitĂ©e, au cafĂ© du parc non sans avoir pris quelques documents pour me renseigner sur les habitants du parc qui sont nombreux apparemment.
479 nouvelles espĂšces dâaraignĂ©es? GĂ©nial!!!
AprĂšs un peu de lecture en terrasse jâapprends que les gros lĂ©zards rencontrĂ©s tantĂŽts sont des âdragon waterâ qui pullulent dans ces jardins.
Je mâavance un peu sur la terrasse pour profiter de mon temps libre pour passer quelques coups de fils. Je papote, je papote et puis baisse les yeux avant de bondir comme un chat devant une courgette.
Tout juste sorti des herbes hautes qui entourent la terrasse, juste Ă mes pieds... Un water dragon dâenvirons un mĂštre de long qui me regarde avec un flegme de mĂ©chant de James Bond.
Cette fois il est nettement plus proche de moi, je suis figĂ©e de stupeur alors quâil me regarde en baillant.
Sans avoir eu le temps de me remettre de mes Ă©motions, je tourne la tĂȘte et me voilĂ encerclĂ©e...
Je mâĂ©loigne tranquillement avant de rĂ©aliser que ces petits dragons sont bien pacifiques, justes un peu curieux et surtout gourmands, ce qui les attire vers le cafĂ© oĂč les visiteurs ne prĂȘtent pas vraiment attention Ă leurs allĂ©es et venues.
AprĂšs ces quelques rencontres je quitte le cafĂ© pour aller Ă©couter la guide nous parler dâeucalyptus et de fougĂšres arborescentes.
Jâapprends que les bush fires, bien que dramatiques dans leur ampleur cette annĂ©e sont des Ă©vĂšnements trĂšs habituels en Australie ( dans des proportions bien moindres Ă©videmment), si bien que la flore australienne se construit autour de ces incendies. Certains arbres ne libĂšrent leurs graines quâĂ lâapproche de la fumĂ©e tandis que de nombreuses essences de fleurs sont dĂ©jĂ en train dâĂ©clore dans les cendres. Australie, terre de phĆnix...
Je continue de suivre la guide au milieu de cette jungle, quand des sons Ă©trangement familiers me font totalement oublier le discours de la guide (alors que je venais tout juste de me faire Ă son fort accent australien qui dit âflÚÚÚÚÚÚrrâ pour âflowerâ).
Ăa parle français, je rĂ©pĂšte ceci nâest pas un exercice.... Il y a un couple de jeunes français au milieu de ce dĂ©sert de dragons et dâaraignĂ©es qui mangent les opossums ( je vous jure câest vrai...). Du coup ni une ni deux je vais les aborder dans lâespoir dâavoir un peu de compagnie (les magpies sont certes bavardes mais elles radotent un peu et je me languissais de discuter enfin avec des congĂ©nĂšres dĂ©nuĂ©s de plumes).
Ce qui va suivre dans ce rĂ©cit va illustrer Ă quel point Canberra est une ville sous-peuplĂ©e. Juste pour comparer Paris câest 2 millions dâhabitants pour une superficie de 100km carrĂ©s. Canberra câest 400 milles habitants pour 814 km carrĂ©s... A Canberra, quand tu croises quelquâun (si tu croises quelquâun) il y a des chances pour que tu connaisses cette personne dâune maniĂšre ou dâune autre...
Et bien ça nâa pas loupĂ©, mes deux congĂ©nĂšres français travaillent tous deux dans lâorganisme oĂč je mâapprĂȘte Ă faire mon stage, et lâun dâeux est mĂȘme mon collĂšgue sur le pĂŽle numĂ©rique dĂ©diĂ© au FLE. I mean what were the odds????
Nous finissons donc la courte ballade dans les jardins avant de nous diriger vers le Commonwealth park. Il fait une chaleur Ă mirages et le parc dĂ©sert nous rappelle que nous sommes des touristes pas trĂšs malins qui auraient mieux fait de sâenfermer dans un cinĂ©ma climatisĂ©.
Heureusement il y a des fontaine tout les cinquante mÚtres et nous décidons assez vite de rebrousser chemin.
Nous rencontrons tout de mĂȘme un pĂ©lican qui me fait forcĂ©ment penser Ă son cousin cartoonesque de chez pixar.
Alors que nous passons sous des grands conifĂšres, un panneau attire notre attention âFlying foxes in this areaâ... Je vois mal comment des renards pourraient voler mais je me dis que tout est possible en Australie, et lĂšve les yeux vert la cime des arbres.
Bon les photos ne sont pas tops mais, les grosses tĂąches noires dans lâarbre bougent, sâagitent et finalement sâenvolent... Des chauve-souris! Mais alors des grosses qui avoisinent facilement 80cm Ă 1m dâenvergure et qui ressemblent Ă peut prĂšs à ça (dâaprĂšs google image):
Elles ne sont pas effrayantes, elles volent entre les arbres sans se soucier de nous avant dâaller se suspendre ailleurs et de continuer Ă sâĂ©venter en remuant leur ailes. Nous restons fascinĂ©s Ă les observer pendant un long moments avant de nous Ă©loigner terrassĂ©s par la chaleur. Il est temps de rentrer mais je me languis dĂ©jĂ dâen voir plus!...