Les films pour enfants à ton sérieux, c’est quelque chose de super pour nos petites têtes brunes, on se sent heureux de les avoir emmené·es quelque part où iels vont s’amuser ET apprendre des choses. Ma Vie de Courgette, c’est ça, c’est un drame pour les enfants, et niveau drame on en aura pour son argent. Bon, il est sorti il y a dix ans, mais laissez-moi m’expliquer.
Courgette est un enfant d’une dizaine d’années qui vit seul avec sa mère dans une maison dépouillée, grise, et pleines de canettes de bières : le drame commence lorsque, faisant une pile de ces canettes qu’il a ramassées et posées une par une, la pile s’effondre, la mère hurle, Courgette a peur, sans faire exprès il pousse sa mère, ou sa mère tombe, je n’ai toujours pas saisi si c’est juste la métaphore de la culpabilité de Courgette face à un accident de sa mère alcoolique, où si on a vraiment voulu que l’enfant survivre à l’idée qu’il a commis ce dit accident.
Pris en charge rapidement par un policier qui s’averrera, vous le verrez, très très sympa (et doté de second degré, ça dépasse l’entendement), efficace dans la prise en charge émotionnelle de l’enfant et de son dossier : il a compris que sa maman n’était pas très gentille, et d’ailleurs, on l’emmène en foyer fissa, gyrophare allumé, le cerf-volant de Courgette qui vole à travers la fenêtre.
S’en suit la découverte d’un foyer hybride, mi-école, mi-colonie de vacances, résidence verdoyante avec une éduc pas du tout surchargée d’avoir à accompagner les enfants, mais c’est normal, iels ne sont que six, un prof au taquet qui va coucher avec l’éduc (me demandez pas pourquoi), la directrice, vieille femme pas très utile, hésitante sur les dossiers des enfants, et en fait d’ailleurs même le policier il fera ce qu’il veut avec Courgette, elle se contente d’hocher la tête et de bien vouloir que le petit soit ramené plus tard.
Oui, parce que le policier revient sur son temps de travail voir Courgette ! Si je dis sur son temps de travail, c’est à cause de son brassard de policier qu’il porte tout le temps (ou de son bonnet de policier, ou de son pyjama de policier, je sais pas c’est comme ça). Le policier, donc, vient extirper Courgette de son quotidien avec les autres enfants, c’est à dire, accrochez-vous, on est dans de l’animation pour enfant, les stéréotypes c’est mieux pour la compréhension : le petit gros qui va faire rire avec ces TCA (il passe son temps à manger, et on aime bien le mettre au milieu du champ, histoire qu’on ait bien compris qu’il faut rire de lui là), le petit rebeu qui fait pipi au lit et dont le papa a fait un hold-up (je SAIS), la petite noire dont la maman a été expulsée et pour qui, pareil, on va rigoler quand dès que quelqu’un·e sonne au foyer, la petite s’écrit « maman », avant de ne plus sourire. Là, c’est à nous de rigoler je crois. Pour finir, il y aura le petit roux, je vous le donne en mille, le bully, le seul et l’unique, mais qui sera suffisamment mature pour aider tout le monde dans le film, il y gagnera rien d’ailleurs, à part finir seul. J’ai d’ailleurs oublié la petite victime d’inceste, pleine de tocs, mais son papa est en prison askip, déjà ça c’est rare mais on ne le saura pas car : ce film n'est pas politique.
A suivre dans l'autre post