APRÈS TOI
Avant toi, tout était gris,
je vivais doucement, presque sans bruit.
Je m’y étais faite, sans vraiment le voir,
comme on s’habitue lentement au noir.
Puis tu es arrivé sans prévenir,
et tout à coup, j’ai recommencé à vivre.
Les jours avaient une autre couleur,
et sans le savoir, tu prenais mon cœur.
Ces soirées passées assis sur ce banc,
ces longs chemins, ces instants brûlants,
cette étrange impression d’exister
simplement parce que j’étais à tes côtés.
J’ai appris à vivre à travers toi,
à travers tes mots, à travers ta voix.
À travers ton regard, à travers tes silences,
sans voir que je perdais peu à peu mon essence.
Puis il y a eu ce choix, trop lourd à porter,
une vie trop fragile qui n’a pas pu rester.
Un silence immense entre nos deux mains,
un futur effacé avant même demain.
Ça nous a fragilisés, lentement brisés,
on a tenté d’avancer, de tout réparer.
Mais la douleur revenait, toujours plus forte,
comme un souvenir qui refuse qu’on le sorte.
Puis il a fallu revivre ce même combat,
encore ce choix, encore ce poids-là.
Pour la deuxième fois, le même vertige,
et cette fois, c’est tout qui se fige.
Après ça, on s’est éloignés sans cri,
pas brutalement, juste comme un feu qui s’oublie.
On s’est quittés sans vraiment se dire adieu,
comme si la fin refusait encore d’avoir lieu.
Puis on s’est retrouvés, presque naturellement,
comme deux âmes perdues revenant au même vent.
Un message, un regard, et tout recommençait,
comme une habitude qu’aucun de nous n’arrêtait.
C’était beau.
C’était fort.
J’y croyais encore, malgré tous les torts.
Puis un jour, j’ai compris sans détour,
que dans ton histoire, je n’étais pas l’amour.
Je t’ai entendu lui parler en secret,
dans cette salle de bain où tout s’est brisé.
Comme si le destin voulait enfin me montrer
l’homme que tu cachais derrière tes baisers.
Mais tu avais les mots, les promesses parfaites,
les mensonges bien placés, les excuses discrètes.
Et moi, je les ai bus sans voir le danger,
sans savoir qu’au fond, j’allais m’y noyer.
Tu partageais tes journées avec moi,
mais tes mots se perdaient bien loin de mes bras.
Dans d’autres filles, d’autres regards, d’autres vies,
pendant que moi, je t’aimais encore ici.
Et j’ai compris qu’en moi quelque chose cassait,
quelque chose de profond qui ne reviendrait.
Je me brisais en silence, sans un bruit,
et pourtant je restais encore près de toi, malgré la nuit.
Pendant de longs mois, j’ai tenté d’y croire,
de te pardonner encore, de recoller l’histoire.
Mais j’ai fini par comprendre, au milieu du vide,
que te perdre valait mieux que me perdre dans le vide.
Puis la vérité m’a laissée vive,
froide, brutale, impossible à suivre.
Ce jour où j’ai compris ce que tu avais fait,
ce que derrière mes larmes, tu me cachais.
Tu ne lui avais pas donné que quelques mots,
pas juste des phrases, pas juste un écho.
Tu t’étais donné, toi, entièrement,
et moi je tombais encore, lentement.
Alors la colère a pris toute la place,
bruyante, sauvage, laissant des traces.
Des semaines de disputes, de cris, de rancœur,
j’essayais juste de te rendre un peu de ma douleur.
Mais encore une fois, j’ai voulu recommencer,
j’ai cru qu’on pouvait encore tout réparer.
J’ai choisi de rester, de pardonner,
et d’essayer encore de marcher à tes côtés.
Quelques semaines plus tard, notre appartement,
comme un nouveau départ, ou juste un faux semblant.
On y était enfin, malgré le passé,
malgré tout le mal qu’on s’était laissé.
Mais les disputes revenaient presque chaque soir,
quelques instants de paix, puis de nouveau le noir.
Le temps passait, et tout devenait plus lourd,
comme si l’amour lui-même perdait le détour.
Jusqu’à ce que ça dépasse enfin les mots,
jusqu’à ce que le silence fasse encore plus d’écho.
Jusqu’à ce que tout déborde sans prévenir,
et qu’il ne reste plus rien à retenir.
Puis un jour, tout a fini par basculer.
Moi qui croyais que le pire était derrière,
j’ai compris que la blessure était encore entière.
En fouillant ton téléphone, comme trop souvent,
par habitude, par peur, par instinct brûlant,
j’ai vu une réaction, un détail presque rien,
mais parfois il suffit d’un rien pour voir la fin.
Alors j’ai cherché la vérité partout,
jusqu’à ce qu’elle tombe, froide, devant nous.
Encore une fois, tu avais trahi ma confiance,
encore une fois, tu choisissais l’absence.
Encore une fois, ton regard allait ailleurs,
loin de moi, loin de nous, loin de mon cœur.
Et ce jour-là, j’ai eu ce déclic brutal :
tu ne changerais jamais, et moi j’avais trop mal.
Alors j’ai compris, au bout de tous ces mois,
qu’après toi, je ne serai plus jamais moi.
Tu m’as laissée différente, marquée à vie,
et même sans toi, il restera toujours un peu de toi ici.









