"Une partie de moi est-elle restée là-bas ?"
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I'd rather be in outer space 🛸
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he wasn't even looking at me and he found me
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@licoeur
"Une partie de moi est-elle restée là-bas ?"
Parce qu'il n'y a qu'elle
Fidèle même si parfois indécise
Sous laquelle je peux poser mes maux
Parce qu'il n'y a qu'avec elle
Que je peux emprunter
Tous les chemins tordus,
Marcher vers les sentiers sombres
Et les recoins malades de l'âme
Qui soudain ne sont plus secrets
Il n'y a qu'en tenant sa main
Que tombent les voiles de la honte
Que je peux sourire sans les dents
Avoir la peau terne et les ongles noirs
Que je peux aussi rire aux éclats
Hurler sans peur
Et déranger les loups
Oui
Elle est la seule
L'unique de ma vie
Qui résonne
Et respire avec moi
Le vent de la nuit fait respirer mes souvenirs
Les festivals l'été
L'odeur de la paille séchée dans les cheveux
Les bières et la cigarette
La crème solaire et les pieds nus,
Un peu sales
La transpiration qui ne pue pas vraiment
Et le bonheur surtout
De sentir le soir apaiser nos peaux
Meurtries par le soleil
Couronnes de fausses fleurs
Lunettes bon marché
Musique
Jusqu'au petit matin
Le corps épuisé a pourtant
Une énergie débordante qui le submerge
Pendant des jours
Sans sommeil et dans l'oubli
Ridley Scott’s THELMA & LOUISE hit theaters across the U.S. and Canada on May 24, 1991.
Le monde est petit
Les fourmis grouillent
Les oiseaux pleurent
Et je n'ai plus de larmes
Pour payer tout ce qui se vend
Les nuages sont morts
Il n'y a plus qu'un désert de centres commerciaux
Les serpents sont perdus
Ils rampent dans les escalators
J'ai faim de terre et d'abysses
Les hamburgers dégoulinent de sang
Les essaims sont malades
Les fleurs poussent à l'envers, sous terre
Quatre mains on entend des enfants rire
Tourner autour d'un feu
Dans un champ dévasté
Plus personne pour surveiller les siens
Les yeux injectés de médiocrité
Scrollent des papillons morts
Qui tombent sur des genoux amputés
La maison brûle
Et le public est absent
J'ai reconnu ta main
Dans la nuit dans le matin dans le chagrin
Je la reconnaitrai toujours
Malgré le gouffre
Malgré le silence
Je reconnaitrai tout
Dans tes yeux noirs de salaud
Et soudain la solitude m'a manqué
Ce manque s'est abattu sur mes épaules
Elle et moi ne faisions qu'un
Même si souvent
Je détestais l'aimer
Elle était belle elle était noire elle était moi
Entre mes paumes et sous mes doigts
Dans ma chevelure et sous mes draps
Il n'y avait qu'elle, reine de ma vie
Perle aujourd'hui en gouttelettes d'oubli
Au coin de ma vie
Je pense à toi quand je conduis
Quand la musique hurle
Quand j'ai envie d'une cigarette
Quand la pluie fait rage
Je pense à toi
Comme à mon meilleur ennemi
Il n'y a place dans ce monde pour les serpents. Mes baskets me grattent mais les sols infestés de gras de friture des fast food me dissuadent de retirer mes pompes. Les rues ont toutes la même odeur de pisse et de déchets de carton mouillés par des pluies acides. La pollution ronge la tête et les os des ahuris qui frétillent tels des poissons hors de l'eau, ne sachant plus où donner de la tête pour consommer plus, plus, plus toujours plus. Ce banc de folie détruit les esprits de plus en plus mazoutés. Il faut acheter le monde et se plaindre qu'on a plus d'argent. Acheter des cancer de la peau et des fringues, des crèmes, des gélules en tout genre, du maquillage pour être le plus beau des clowns. Acheter de la bouffe et se suicider à petit feu en se fondant dans l'obésité, les maladies et les troubles alimentaires.
Je me promène et il n'y a plus d'enfants dans les rues. Ça me donne la sensation de vide la plus intense qu'il soit. Les gens ne se regardent plus, ils sifflent comme des chats qu'on a jamais caressé. Les oiseaux passent, les vaches les regardent, trainspotting. Il n'y a déjà plus d'humains. Il n'y a que des écrans. Je contemple une mouche et j'ai envie de lui parler. Y-a-t-il une vie sur cette planète ?
Serpent rouge et terre brûlée
Peau cassante écailles en feu
Tes crocs scintillent
Sous un soleil toxique
Terre étendue, sol ocre
Les tambours de l'enfer
Vibrent sous ton ventre
Affamé
— Margaret Atwood, The Blind Assassin
Joakim Möller
La langue d'acier me fait descendre dans ses tripes sales. À la fois brouhaha, à la fois bruit blanc, le métro deglutit l'âme de tous ces inconnus amorphes. Je suis l'un d'entre eux. Je ne sais pas pourquoi je m'obstine à m'accrocher aux rampes, tout en ressassant des visions de traces de pisse, de merde, de sperme, de milliards de doigts baveux et noirs de microbes qui les traversent toute la journée. J'espère avoir du désinfectant. Zéro identité dans cette vague de cadavres cafeinés jusqu'à la moelle, partis pour s'enterrer dans un bureau vide aux néons blanc violent, qui éclaire les pensées blafardes, et les rêves presque morts de chacun. Manger une tartine au gouda. Chier dans des toilettes à la propreté douteuse et se demander pourquoi bordel, les parois des WC dans les bureaux ne sont pas entièrement fermées. Prier pour que personne n'entre alors qu'évidemment, un collègue choisit ce moment parfait pour venir se laver les mains pendant 3h après avoir pelé une mandarine. Être inconfortable dans ses fringues, attendre que les autres êtres vivants de cet endroit maudit se barrent à la pause pour éviter la proposition indécente de les rejoindre. À leur retour entendre, d'une voix mi-joyeuse, mi-inquisitrice : "Hey t'étais où ce midi ? On ne t'a pas vu !" Et avoir envie de répondre : "Je chiais connasse, parce que tu me fais chier, ce job me fais chier, ma vie me fait chier." Mais se raviser et s'en sortir par une pirouette verbale quelconque qui justifie poliment que tu n'as pas envie de bouffer avec eux, ni avec personne. Et d'ailleurs angoisser chaque jour à l'idée de trouver l'excuse en question qui t'évitera de les rejoindre. Regarder du porno dans les toilettes quand il n'y a personne, puer un peu alors que normalement, on ne transpire jamais. Et finalement, finalement retrouver avec un pitoyable sentiment de libération, clopinant tel une bête blessée, la bouche de métro qui t'avale en sens contraire pour te gerber, comme tu gerbes ta journée, vers la route du terrier.
Au fond de moi
Il y a ta main
Ton revolver
Qui a léché ma tempe
Qui a touché mon sein
Fleur au vent
J'entends ton rire
Brûler ma peau
Les draps en feu
Chantent ton prénom
Visage carbonisé et cœur charbon
L'odeur du soufre et du silence
Enserrent mes reins
À la manière
De ta lumière qui vacille
Petite flamme
S'éteint
M'étreint
T'éteint