Devenir modèle artistique
Comment je me suis lancée ?? Mon parcours et anecdotes.
On ne fait pas d’études pour devenir modèle d’art, et on a pas de diplôme qui nous permette d'entrer dans les structures artistiques. Si tu t’intéresses au métier et que tu voudrais essayer... voici mon propre parcours !
Démarcher les ateliers et les écoles
Quand j’ai voulu me lancer, j’ai commencé à chercher quels étaient les ateliers dans ma ville (à l’époque j’étais étudiante en dessin). Je devais avoir 19/20 ans. J’ai appelé, envoyé des mails. Quelques ateliers / personnes m’ont répondu, mais sans vraiment donner suite. Puis, un atelier m’a proposé qu’on se voit pour fixer une date. J’ai précisé que je n’avais jamais posé, mais ce n’était pas un problème. Même si je n’étais pas danseuse, ou comédienne, ou juste expérimentée dans le modèle artistique, j’ai tout de même pu poser pour me lancer (il faut bien commencer !). Peut-être qu’être élève en modèle vivant moi-même a aidé ? Etant donné que je voyais faire les modèles. Enfin bref jsais pas.
Est arrivé le jour J.
Bon j’exagère j’avais un peu peur mais sans plus. C’était surtout excitant et insolite. Je sortais pas pour voir des ami.es, manger quelque part, racheter du PQ, non là j’allais me désaper devant une dizaine voire quinzaine de personnes pour deux heures entières. Pas le même délire.
Donc je me déshabille dans le petit endroit prévu à cet effet (c’est pas parce que vous allez voir un.e modèle tout.e nu.e que ça l’empêche de s’habiller et déshabiller loin des regards).
Puis je vais m'installer à l'endroit où j'allais passer deux heures cul nu. J'étais assise, par terre, au milieu des gens, recouverte avec juste mon grand haut de pyjama. Moi :
Le prof a dit "on peut y aller". Moi de nouveau :
J'ai retiré mon haut, me retrouvant définitivement, absolument, résolument, manifestement toute nue. Ça y était. J'ai pensé "bon ben maintenant que ça fait 2 secondes, autant que ça fasse 2 heures". Et voilà j’étais partie.
Garder sa place de modèle
Certaines personnes ne vont essayer d’être modèle vivant que pour une fois ou deux, comme ça, parce qu’ils ont leurs raisons. Mais beaucoup cherchent à avoir cette activité de manière régulière (notamment pour des raisons financières). Pendant mes études je n’ai pas pu poser très souvent, je me rappelle avoir posé un chouïa lors de mon avant-dernière, ou dernière année je ne sais plus, mais c’était vraiment pas grand chose.
Ce n’est que lorsque je suis arrivée dans le nord de la France (dans le cadre de ma vie professionnelle pour être designer pour une grande enseigne) que j’ai compris ce que ça impliquait de vouloir poser très, très souvent.
Etre modèle régulièrement, en faire son activité principale ou secondaire
Ma première année et demie dans le nord je l’ai passée comme salariée à temps plein (designer). Je n’avais pas besoin d’une deuxième activité, mais j’avais quand même envie de me remettre au modèle vivant. J’ai donc recommencé à chercher des ateliers sur internet, à envoyer des mails, à appeler. Peu m’ont répondu au début. J’ai commencé à poser dans un atelier qui voulait bien de moi. Je ne posais pas toutes les semaines, mais peut-être 1 à 2 fois par mois si je me souviens bien. Il y avait des périodes où je ne posais pas, et où on me recontactait pour revenir poser.
Mon contrat comme salariée ayant touché à sa fin, j’ai consacré mon temps à mon activité d’illustratrice freelance, mais aussi continué à poser de temps en temps. J’ai encore une fois démarché des ateliers (avant chaque rentrée scolaire) et cette fois-ci c’est un autre atelier qui m’a demandé de poser pour eux.
De fil en aiguille (et en fort besoin de travailler plus souvent) j’ai cherché et trouvé d’autres endroits où poser : j’ai cherché des groupes de modèle vivant sur Facebook, des écoles, des ateliers de sculptures. J’ai également élargi la zone géographique: je ne me suis pas concentrée sur la ville dans laquelle je vivais, mais aussi sur certaines villes alentours. J’ai vraiment élargi mon champs de recherche et ça a porté ses fruits.
Moi cherchant à balle des structures pratiquant le modèle vivant :
Il y avait cette école, privée, à qui j’avais envoyé deux/trois mails depuis mon arrivée mais qui n’avait jamais répondu. Un jour on m’a conseillé d’encore essayer une dernière fois, de toutes façons je n’allais rien perdre. En rentrant chez moi c’est ce que j’ai fait... Et à peine quelques semaines plus tard, cette école m’appelait pour me demander de venir poser. Une fois, puis deux, puis trois... Puis de venir en urgence faire des remplacements...
Aujourd’hui : autant illustratrice que modèle
Je ne suis pas modèle à temps plein malgré mes efforts pour travailler le plus possible, mais cela me convient (j’ai du temps libre pour être freelance). Depuis cette année je n’ai jamais autant posé, et même si c’est, contrairement aux apparences, très fatigant, je suis très contente de la masse de travail que j’ai comme modèle. J’arrive à me faire une bonne base de salaire sachant que je suis aussi freelance à côté (et que je vis en coloc). Cela fait 4 ans que j’essaye d’être le plus possible modèle et il m’a fallut vraiment beaucoup de temps (et d’énergie) pour arriver à récolter autant de structures avec lesquelles travailler.
Sachez que si le métier de modèle vous intéresse, il y a pas mal de personnes qui s’y intéressent aussi et les ateliers et écoles changent régulièrement de modèles pour des raisons artistiques (c’est plus intéressant pour les élèves de dessiner des physiques différents). Ce n’est donc pas forcément une place qui est trouvable les doigts dans le nez. Parfois, des ateliers seront “complets”, c’est à dire que leur emploi du temps est déjà établit avec tel.les ou tel.les modèles. Il faut alors s’accrocher pour rappeler que vous êtes là, dispo, motivé.e, et ce auprès de plusieurs structures à la fois !













