Une déclaration. Ma déclaration.
En 1974, France Gall chante "Une déclaration d'Amour", un texte écrit pour elle par Michel Berger.
En 2013, Alfred chantera-t-il la déclaration que je vais écrire pour lui?
Rappel du contexte historique : au cours de mes 35 derniers billets, tel un petit poucet perdu dans la forêt de ses sentiments, j'ai semé des indices sur mon amour pour Alfred. Ainsi, à l'heure actuelle, 500 personnes sur twitter, 200 sur tumblr, 50 sur Facebook et sans compter les multiples personnes qui m'ont croisée dans la rue ces 3 derniers mois, savent que je suis éperdument amoureuse d'Alfred (c'est écrit sur mon front, juste là au dessus de mes sourcils).
A vrai dire, la seule personne qui l'ignore encore, c'est Alfred lui même.
Je vois d'ici vos yeux qui s'écarquillent. "Comment? Qui? Que? Quoi? Mais où est donc or ni car ?" mais surtout "Pourquoi?"
Un peu moins d'impatience, je vais vous expliquer. Il y a trois mois, j'ai quitté Alfred (car il m'avait trompée et doutait donc de notre relation), lui laissant croire que je n'avais aucun sentiment à son égard. Et cela fait donc trois mois que je joue mon rôle de nana détachée, ce pour finir par écrire sous vos yeux des billets sur l'amour et toutes ces conneries roses bonbon.
Pourquoi ne pas révéler mes sentiments ? Parce qu'à l'instant i, instant où Alfred en prendra conscience, il se barrera en courant, en taxi, à trottinette ou à dos de chameau s'il le faut, mais il se barrera définitivement.
Aussi, probablement coincée dans cet espoir absurde qu'il pourrait revenir vers moi en me disant combien "ô combien il était navré d'avoir mis en péril les si chers instants qu'il aurait pu passer avec sa dévouée moi-même", j'ai prétendu à l'amitié, cette torture métaphysique, camouflant mon coeur en ruine sous un pull Zadig&Voltaire.
Or, si vous me suivez jusqu'ici, vous devriez avoir compris que le principe de la Love Désintox, c'est de se débarrasser une bonne fois pour toutes de nos sentiments. Alors qu'est ce que j'attends?
Il est 22h, c'est l'heure de la révélation. Je vais composer ci dessous ma déclaration, celle qui achèvera à son envoi mon histoire avec Alfred. Mais je ne l'enverrai pas tout de suite. Cette fois, c'est à vous de me dire quelle est la meilleure chose à faire : envoyer et clore le chapitre, ou ne pas envoyer et continuer à porter mon masque afin de voler à l'arrachée des moments avec lui.
Peuple de France et d'outre-mer, amoureux idiots ou amoureux odieux, vous vous tenez désormais au carrefour de l'Histoire, à vous de me donner la couleur du feu. Qu'il soit rouge ou vert, l'avenir de l'idiote pseudo-écrivain que je suis est entre vos mains.
J'ai menti. J'ai quelques aveux à te faire.
Tout d'abord, tu ronfles. Je le sais car je fais semblant de m'endormir chaque fois que tu es avec moi. Mais à vrai dire, je ne dors pas, pas une seule seconde. Mais c'est sûrement lorsque tu dors que tu me plaît le plus. Tu es là, avec moi, j'en ai la certitude pour quelques heures encore, et cela me comble.
En ce qui concerne notre amitié, ce pourrait être selon moi une invention des parents au même titre que la petite Souris, qui rassure les enfants pour ne pas qu'ils paniquent. Mais tu peux paniquer, car pour tout te dire, je ne suis pas ton amie. Pas seulement ton amie. Je suis l'amante chez qui tu débarques ivre à 4h du matin, je suis le psy qui te réconforte lorsque que tu as échoué quelque part, je suis la mère qui t'embrasse le front avant de dormir, la prof de français qui corrige tes fautes d'orthographes, le compte en banque qui règle discrètement l'addition pour t'épargner le découvert.. Mais j'ai beau être toutes ces personnes, cela ne suffit pas pour être la femme que tu aimes, tout simplement.
Alfred, je t'ai regardé différemment, comme jamais on n'a regardé personne. Je t'ai regardé toi, et personne d'autre. Les gens dansaient à ma droite, d'autres se poignardaient à ma gauche, derrière toi une mère hurlait qu'elle vivait, derrière moi on ne cessait de naître et de mourir encore. Mais je t'ai regardé toi, ta voix, ton souffle, le vent sur ta peau, j'ai vu l'odeur de ton cœur qui bat, qui bat, toujours, jamais pour moi.
J'ai bu énormément, pour t'oublier surement. J'ai bu les verres de Chardonnay qu'à chaque fois tu me commandais, j'ai bu la tasse dans ma baignoire, tes paroles dans cette chambre noire, quand tu murmurais qu'elle, tu l'aimais.. j'ai bu au ruisseau dans lequel je suis tombée.
Tu l'auras compris, ceci est une déclaration. Pas de celles qui préfigurent le début d'une belle histoire, car je sais bien que la mienne précipitera ton départ.
Peu importe. Tu n'as pas besoin de moi pour te rendre heureux et puisque c'est tout ce que voulais faire, je n'ai plus qu'à me retirer.
Je t'aime encore jusqu'à demain, et puis j'arrête, c'est promis."
C'est fini. Mon cœur va bien, merci. J'ai mal partout, je ne saurais dire où précisément, un peu partout, et surtout nulle part. Ce soir j'écris, je ne dormirai pas. Je suis assise par terre, avec ma cigarette, mon corps qui tremble bêtement. J'entends les notes silencieuses de cette déclaration qui déjà sont parties. J'aurais voulu être libre comme les nuages, aussi libre que les nuages.
Malheureusement, moi, tout ce que j'ai su faire, c'est me mettre à pleuvoir.
Pssssssit : n'oubliez pas de donner votre avis : dois-je envoyer ou non ma déclaration à Alfred ? Vous aussi envoyez-moi vos déclarations à [email protected], les plus jolies seront publiées !