Saturday, 9:30am. I meet a few friends at Cap Nord, famous mall in Abidjan, to wait for the small bus that will drive us to the Domaine Bini. It is a 70-hectare eco-touristic site located about an hour away from Abidjan – half-an-hour according to local guides. Schedule: guided tour of the plantations, Ivorian lunch, nap in one of the giant hammocks, clay bath and zip line. A getaway at the heart of a regenerating green setting, far from the noise and heat of Abidjan.
10:30am. Our driver parks an hour late. The reason: he spilled a pot of clay in the van and had to clean it. Anyway, we are now on the way after a short police check. An hour and a nap later, we arrive at the DOMAINE via a path under the highway.
« Good arrival, welcome ». We are greeted in the traditional way: we are served bangui – palm wine made locally – in calabashes cut in half, then our host asks for the news via the only man of our team. The tradition indeed wants that if a man asks the question, he should be asking a man. If it was a woman, it would be the opposite. After bangui, we enjoy fresh coconut milk.
Samedi, 9h30. Je retrouve quelques amis à Cap Nord, centre commercial abidjanais, pour attendre le minibus qui nous conduira au Domaine Bini. Il s’agit d’un site écotouristique de soixante-dix hectares, situé à environ une heure d’Abidjan – une demi-heure selon les guides locaux. Au programme, visite guidée de plantations de différentes espèces, repas ivoirien, sieste dans des hamacs géants, bain d’argile et tyrolienne. Une escapade au cœur d’un écrin de verdure ressourçant, loin du bruit et de la chaleur citadine d’Abidjan.
10h30. Notre conducteur se gare avec une heure de retard. La raison : il a renversé un seau d’argile fraîche dans la camionnette, qu’il a donc dû nettoyer. Qu’importe, nous voilà bel et bien en route après un petit contrôle de police. Une heure et une sieste plus tard, nous arrivons au domaine par une piste de terre passant sous l’autoroute.
« Bonne arrivée, soyez les bienvenus ». Nous sommes accueillis avec les salutations traditionnelles : on nous sert du bangui – vin de palme fait localement – dans des calebasses coupées en deux, puis on nous demande les nouvelles en s’adressant à l’unique homme de notre équipée. En effet, si c’est un homme qui pose la question, il doit si possible s’adresser à un homme. Si c’était une femme, ce serait l’inverse. Après le bangui, on se sert largement de lait de coco.
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As it starts to rain, our guide invites us to follow him to visit the plantations. After a few minutes walking, we arrive among old rubber trees and other species. The guide shows us one of the rubber trees that one bleeds to collect rubber. This one has been bled in the wrong way and its bark has not been able to heal properly. A little bit further, we stop in a plantation of rubber trees that is being exploited. The guide explains how the harvest works. Year after year, the superficial part of the bark is cut to collect a liquid that will become rubber. It is not the sap but a different liquid. It falls in small cups then hardens. These rubber discs are then exported to be processed. Does it smell bad? Yes, it smells like burnt rubber.
We keep going among rubber trees. The rain that fell in the past days is mixed with the liquid of some cups – a part of the harvest is lost. We pass by papaya trees, some of them bearing large fruit. The papaya tree has a very thin trunk topped with a leafy crown under which grow the fruit. It lives between three and six years but produces papayas continuously as soon as in the first months. We then pass by a few banana trees and get to a cocoa plantation. The big harvest season is coming – it starts in October – and I can see the difference with the beginning of July when I visited other plantations. This time, the cocoa trees bear numerous pods*. Our guide opens a pod to have us taste the pulp. We enjoy it while walking up to a gigantic kapok tree [interestingly called “cheese maker” in French].
*Find the articles about cocoa farming here, there and here.
Alors qu’il commence à pleuvoir, notre guide nous invite à le suivre pour visiter les plantations. Après quelques minutes de marche, nous parvenons dans un bois de vieux hévéas et autres espèces. Le guide nous montre l’un des hévéas que l’on saigne pour récolter le caoutchouc. Celui-ci qui a été abîmé par une mauvaise saignée et son écorce n’a pas réussi à se reconstituer correctement. Un peu plus loin, nous nous arrêtons dans une plantation d’hévéas en exploitation. Le guide nous explique le fonctionnement de la saignée et de la récolte. D’année en année, la partie superficielle de l’écorce est coupée pour faire couler un liquide particulier qui deviendra du caoutchouc. Il ne s’agit pas de la sève de l’arbre mais bien d’un liquide différent. Il tombe dans de petites coupelles puis durcit. Ce sont ces galettes que le pays exporte pour la transformation. Est-ce que ça sent mauvais ? Oui, ça a une odeur de caoutchouc brûlé.
Nous poursuivons notre chemin parmi les hévéas. La pluie qui est tombée ces derniers jours s’est mêlée au liquide de certaines coupelles – une partie de la récolte sera perdue. Nous passons devant des papayers dont certains portent de lourds fruits. Le papayer est un arbre au tronc très fin coiffé d’une couronne de feuilles sous lesquelles poussent les papayes. Il vit entre trois et cinq ans seulement mais produit en continu, dès la première année. Nous passons ensuite devant quelques bananiers et parvenons à une plantation de cacaoyers. La grande saison de récolte approche – elle commencera en octobre – et je vois la différence avec les visites de plantations que j’avais faites début juillet : cette fois-ci, les cacaoyers ont sur leur tronc de nombreuses cabosses. Notre guide ouvre une cabosse pour que nous goûtions à la pulpe. Nous nous régalons tout en marchant jusqu’à un fromager gigantesque.
*Lisez les articles sur la culture du cacao ici, là et là encore.
The kapok tree is one of the trees one thinks about when hearing about African landscapes. Very tall with spread horizontal branches – as you can see, I do not possess forestry vocabulary. It is found in West Africa, South America and even South-East Asia. Its name actually identifies several similar species. The one we are talking about in this article, Ceiba pentandra, has a smooth trunk covered with large conic thorns. It can reach forty to sixty meters high. As it ages, it develops large thorny buttresses. Its flowers appear before the leaves and are pollinated by bats. They turn into long green fruit that open when they reach maturity and reveal kapok, brown seeds covered with white down. Light, rot-proof and water-proof, this fiber is used for padding. The leaves can be cooked in sauce and the wood is used in light woodwork: containers, music instruments, etc.
The visit continues, the sun is back and we are starting to feel the strong heat. We reach the last plantation: a field of pepper trees. Originally from India, the pepper tree is a climbing plant. Therefore, one first plants a small tree that will be able to support the pepper plant later on. In this season, the pepper trees already bear numerous clusters. Nonetheless the harvest will only come in a few months.
We come back to the camp sweating and tired. Our host serves us a calabash filled with koutoukou, strong liquor prepared in Ivorian villages with “secret” plants that “increase virility” according to our guide. We top it up with some bissap juice and tamarind juice.
After a short break, we go have lunch. The buffet is enticing: alloco (fried plantain), foutou (cassava and banana paste), foufou (cassava paste), fish papillot, kedjenou chicken, attieke (crushed cassava) and all kinds of spicy sauce…
Le fromager, c’est l’un de ces arbres auxquels on pense quand on entend parler des paysages africains. Très haut, avec des branches horizontales et étalées – comme vous le constaterez, je ne connais pas le vocabulaire forestier. On le trouve en Afrique de l’Ouest mais aussi en Amérique du Sud, et même en Asie du Sud-Ouest. Le nom de fromager désigne en réalité plusieurs espèces d’arbres semblables. Celui dont nous parlons ici, le Ceiba pentandra, a un tronc lisse couverte de grosses épines coniques. Il peut atteindre quarante à soixante mètres de haut. A mesure qu’il vieillit, il développe de larges contreforts épineux. Ses fleurs apparaissent avant les feuilles et la pollinisation est faite par les chauve-souris. Elles forment ensuite de longs fruits verts qui s’ouvrent à maturité et laissent paraître le kapok, des graines brunes entourées d’un duvet blanc. Légère, imputrescible et imperméable, cette fibre est utilisée pour le rembourrage. Les feuilles, peuvent être mangées en sauce, et le bois est utilisé en menuiserie légère : récipients, instruments de musique, etc.
La visite se poursuit, le soleil est revenu et nous commençons à sentir fortement la chaleur. Nous parvenons devant la dernière plantation de la visite, un champ de poivriers. Originaire de l’Inde, le poivrier étant une plante grimpante. On plante donc d’abord un petit arbre qui pourra supporter les nombreuses branches du poivrier. En cette saison, les poivriers ont déjà de nombreuses grappes de poivre. La récolte ne se fera pourtant que dans quelques mois.
Nous revenons au camp transpirants et fatigués. On nous sert une calebasse de koutoukou – alcool fort préparé dans les villages ivoiriens avec des plantes « secrètes » mais « qui rendent viril » aux dires de notre guide. On l’agrémente d’un peu de bissap et de jus de tamarin pour le faire passer.
Après une courte pause, nous passons à table avec les autres groupes de visiteurs. Le buffet est alléchant : alloko (bananes plantain frites), foutou (pâte de manioc et de banane), foufou (pâte de manioc), papillotes de poisson, poulet kedjenou, attieke (manioc pillé) et sauces épicées en tout genre…
Discovering Ivory Coast main crops // A la découverte des principales cultures ivoiriennes #1 Saturday, 9:30am. I meet a few friends at Cap Nord, famous mall in Abidjan, to wait for the small bus that will drive us to the Domaine Bini.