LE DOUX HARCÈLEMENT DE L'ÉTÉ
LE DOUX HARCÈLEMENT DE L’ÉTÉ
À l’épouvante Le bord du lac Te crache au visage Son écume soufflée par le vent Toi qui rêvasse sur le quai flottant De noyer tes souvenirs mauvais Tu retrouves sur ton visage Cet humide présage Qui te rappelle que tout colle à la peau
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Des soupirs moites Et des caresses chaudes Pas de moustiquaire dans la fenêtre Laisse venir les piqûres Sur la peau en fleur Laisse venir les morsures. Qui blessent Qui handicapent les cœurs
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Ça ne fait pas dans ton sac de plage De la boue et des naufrages Des hirondelles de mer Qui miroitent dans le ciel Garder le cap sur tout ce qui nous échappe Sur ses beaux yeux Faire de la place Le cœur battant au soleil Le cœur qui bat vite à ses côtés À tambour battant de l’aile À force d’insolation et de coups de chaleur Non. Ça ne fait pas dans ton sac de plage tout ce débordement Tu emportes avec toi Que des petits morceaux Comme les grains de sable entre les orteils
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La brise a l’odeur des hamburgers Cuits sur le grill Et soudainement la boucane nous assaille Camouflant le désir et l’amour Notre rencontre par inadvertance Vouloir rester collés Serrés dans la mémoire L’histoire prend fin et se perd dans ce nuage La marée qui monte au compte-gouttes Atteint mes lèvres petit à petit J’ai un incompréhensible chagrin d’amour d’été Qui ne veut pas décoller
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La fraîcheur de cette lune Ravive la rive Où tu passeras la nuit Blanche comme un drap Nue de parfums et d’eau salée Le bleuté de ton regard M’étouffe Je t’enterre sous le sable avec les trésors et les coquillages
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Ce silence soudainement meublé Par les hautes vagues de la mer Puis ce barachois sur cette huile sur canevas Accroché dans ton sous-sol de banlieue Que tu reconnais en vrai Ton mutisme se réveille par la nature ruisselante Par l’émeraude des lacs Par l’odeur des algues Par l’esprit de folie qui t’habite Par ce goût de ne rien faire Que de regarder ce qui est rare Ce qui est vrai Ce qui chaque jour se fracasse Qui pèse dans ta balance Qui te fait crier Tant c’est riche Qui te fait hurler Tant c’est cruellement véritable Tant c’est quelque chose Dont tu t’étais privé pendant si longtemps
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Ma petite démesure M’offre sur un plateau Des ananas broyés Je bois son jus Je lèche son sucre L’esprit tordu Le corps fondu Sous un soleil de plomb
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S’il reste quelque chose De ces chaudes soirées Ce n’est que le souvenir de ton spectacle en plein air Les perséides dans ton ciel noir Qui dépose une fine poussière sur mon front Soulage mes maux de tête Mes idées dures et sombres Mes errances en toi Petite pluie lumineuse Sont de trop courte durée Ne viennent qu’une fois dans l’été
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Elle veut tant bronzer sa pâle âme De rêves californiens De routes sinueuses De camping sauvage De feu de camp De rires d’enfants dans la ruelle Un mois d’août sans parfum Un amour sans lumière Un cocktail sans saveur Voilà des lunes qu’elle meurt Mais que chaque été Elle repose dans cet hôtel de la côte Qu’elle va de thérapies en thalassothérapies Et que ça ne change rien
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Les fraises sauvages Les foins qui dansent et éternuent Les cancers de la peau Voilà les peurs qui perdurent Les allergies. Les vagues de chaleur Lentement la nuit blanche Me rappelle que je vieillis Me replonge la tête dans le lac Cette île me murmure la perte Le dépaysement Voilà le dur à cuire À me dire la vie À me dire l’ennui À voir la fin de ce ciel bleu À voir l’échappée dans les herbes hautes Je me rappelle soudainement Qu’il y a sous mes yeux La mer heureuse
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Cette décapotable fébrile qui tient la route Me tintamarre Me réveille dans la nuit Fenêtres ouvertes Sur cette chaussée planante et envoûtante Je me sors du lit Pour aller me faire vrombir Dans ce bar où les souvenirs sont cruels Et sucrés Mon mojito au sucre de canne Ma faiblesse des belles soirées d’été Une petite cigarette avec une belle gitane Qui porte des gougounes Et je monte ensuite Dans cette voiture Qui fait crisser les pneus pour absolument rien Réveillant des pauvres types comme moi À l’approche du petit matin En direction de mon travail Où je me tue chaque jour Et où il n’y a même pas l’air climatisé
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Ton lit défait sur le balcon Les fourmis charpentières qui tournent en rond Et toi sans elle Loin du vol nuptial Elle est tombée en bas du balcon Pendant ton sommeil trop rêveur Trop engageant Dormir à la belle étoile Filante
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La yourte se fond dans le paysage Des mots superbes dans ma tête Et des gouttes de vent dans mon sang Je bascule en un instant vers l’arrière Me faire fondre le passé Sur le réchaud au butane Pendant que j’avale un petit café Que la lumière vient me frapper En plein déjeuner extérieur Que j’oublie mon immense égo Pris dans le trafic J’enroule mes émotions Dans mon sac de couchage Je décharge vers la grève Je plonge dans le grave Et j’avale toute l’eau que je peux J’avale tout ce paysage Qui me dissout
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Réaliser que tu m’aimes Dans le fond des barriques Dans la foudre de tes hanches Peut-être quand je serai encore saoul Terré sur cette terrasse ensoleillée Entouré d’universitaires fêtards Me replongeant à la douce époque Où mon nombril était au centre de tout Pendant qu’autour se galvanisait les amours Des autres Ton amour vibrant Moi avide de rencontres Marchant vers l’amer Résolu de tremper mes sandales dans la boue. Jusqu’au cou Jusqu’à encrasser mes poumons de terre Jusqu’à perdre mon temps Encore aujourd’hui Ébloui par les étés trop beaux
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La saison qui s’achève Pendant que je tente de me rappeler le soleil La petite se balance dans les jeux Rougit aux feuilles qui jaunissent Ses doux cheveux volent au vent et font mille miroitements Qui courent sur mon visage paternel M’envahissent les sons de la cour N’entend plus la tondeuse de la voisine Et le soleil revient lentement éclairer tes yeux Aimants et rieurs Qui se posent sur moi Avec ton odeur de tous les plus beaux étés Avec ta fraîcheur en aérosol Avec ton rire immense qui m’englobe Et construit en moi L’habitat propice À tous les bonheurs À tous les frissons À tous les vacarmes fous Aux espoirs tenaces Aux bâillements de fins de journées Trop remplies de découvertes Aux dodos Collé sur toi Pendant que le soleil se couche Et que je me rappelle de lui Et que tu te rappelleras de tes étés d’enfant
© Maxime Boucher, 2008















