Maison Chaumont - Lesage, Mormont
Architecte : Henri Chaumont
Lieu : Mormont (Erezée), Belgique
Henri Chaumont est un élève de Jacques Gillet et enseigne l’architecture depuis 1994 au sein de l’Institut Supérieur d’Architecture Lambert Lombard de Liège.
Au coeur des Ardennes et au beau milieu de la forêt wallonne, quoi de moins étonnant que d’utiliser ce matériau naturel à portée de main qu’est le bois? Noyer, prunier ou merisier, de densité élevée, pour les noeuds et les ensembles de force de la charpente. Thuya, aux qualités trop méconnues chez nous, pour un immense portique. Chêne massif pour le grand châssis exposé de 100 m2 et pin des Vosges pour les petits châssis abrités des intempéries. Sapin rouge et blanc, mélèze et tilleul pour les parements intérieurs. Et, même, robinier faux acacia pour la couverture du toit, en lieu et place des classiques tuiles et ardoises. Ça n’a rien d’original, ajoute de suite l’architecte. Depuis la nuit des temps, les bergers des Pyrénées utilisent ce bois particulièrement résistant pour couvrir les abris de bergers en haute montagne. C’est un producteur du pays basque qui l’a remis à l’honneur. Il me l’a fourni prêt à l’emploi. Il ne demande aucun traitement, est imputrescible et a une durée de vie de soixante à cent ans, en fonction de l’orientation du toit. Depuis les années soixante, les produits industriels (béton, métal ou verre), fers de lance de la grande construction et synonymes de progrès, ont supplanté leurs homologues naturels. Mais la méfiance née ces dernières années à l’égard de produits industriels à la composition inconnue semble remettre au goût du jour ces matériaux naturels. Mis entre parenthèses quelques décennies, le bois, référence directe à la nature et à la chaleur, vit une énième jeunesse.D’autant qu’il est une des richesses les plus inépuisables de notre région, précise Henri Chaumont. Avec 520.000 hectares de plantations et plus de 60.000 travailleurs concernés, les responsables wallons du secteur ont enfin compris l’enjeu: le bois de construction est un filon à redynamiser. Et la propagande mise en place devient plus cohérente, note Henri Chaumont. Même les responsables de l’urbanisme se montrent plus ouverts à ce type de matière première peu classique dans notre paysage. Les gestionnaires de la forêt wallonne semblent vouloir réinvestir dans des espèces rustiques oubliées depuis trop longtemps. Comme le robinier ou le merisier, oubliés chez nous depuis des lustres. J’essaie de les convaincre de planter du thuya, poursuit Henri. Il pousse bien chez nous et convient parfaitement pour la construction .
Source(s)
Hyperpaysages
Qué Novèlle
Le Soir











