J'ai été laissée sur le bord de l'autoroute et on ne s'est même pas retourné pour me regarder. J'aurais pu me jeter sous un camion mourir de soif crever dans un ravin Me faire manger par un chien Personne ne s'en serait inquiété. Ca me rendait triste, parce que la voiture, je la regardais encore s'en aller, je rêvais encore de courir derrière, je revoyais sans cesse la plaque, la radio, les fous rires. J’étais dehors maintenant. J'ai froid, je sanglote, je voulais qu'on vienne me rechercher. Mais il faut se rendre à l'évidence, on ne peut pas faire demi-tour sur une autoroute. Et puis il y a eu une voiture. Pas une ferrari, une vieille Peugeot certainement.
(je m’y connais pas en marques de voitures)
Il est arrivé au bon moment pour me prendre sur le bord de la route. Je ne faisais même pas de stop, j’avais perdu espoir.
Je ne sais pas trop où il va m'emmener, je ne sais pas s'il va m'abandonner à la prochaine sortie, si on va se disputer faire des pauses des accidents des tonneaux ou des virées.
J'ai embarqué, les portes sont verrouillées. Je pourrais sauter par les fenêtres mais je n’en ai pas envie. Les sièges sont confortables.
J'ai l'impression que les roues foncent sur une route bien lisse, il fait beau, le soleil brille, l'essence est à son plein.
Je ne sais pas si j'ai encore de l'emprise sur le volant, sur la direction, sur la vitesse. Je ne sais pas bien si, lui-même, il conduit, s'il a son permis, s'il est bien attentionné.
Pas de destination, l’amour nous emmène, l’amour nous entraîne, je verrai où ça me (nous?) mène.
En espérant ne pas se faire flasher.















