WOMAN IN DEEP Janicza Bravo (2016) actuellement
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Janaina Medeiros
PUT YOUR BEARD IN MY MOUTH

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@mrass
WOMAN IN DEEP Janicza Bravo (2016) actuellement
à l’écoute
Ears are filled with Wonder
Ear on the Beach (1957) Bill Brandt
ou plutôt Save our voices...
Slayer - Cleanse The Soul
Puis je me suis soupçonnée de vouloir liquider à bon compte un rare fragment de poésie dans un roman - le vers ne pouvait “passer” accompagné par une musique forte parce que c’est une chanson. Mais, à l’écrit, au sein d’un roman moderne, américain, de littérature, est-ce que c’est encore une chanson, son souvenir, un souvenir suffisant de chanson pour saper le poème (son action)?
Dans ma mémoire, il y a des mots. Ils ne sont pas seulement des instruments pour extraire la virtualité à être exprimés, lui donner pour ainsi dire une forme à être tapés à la machine. Ce sont des entités qui vibrent et ont une vie propre à eux. Ils ont leur rythme, leurs harmonies, leurs mélodies. Ils cachent, dans leurs racines, la sagesse immémoriale de toute l'histoire dont je suis l'héritier. Ils professent tout un ensemble de connotations. Je ne peux donc pas choisir librement parmi les mots dans ma mémoire ceux qui « conviennent » à la virtualité à être exprimés. Il me fait d'abord les écouter.
The Estonian Academy of Arts is the only public university in Estonia providing higher education in fine arts, design, architecture, media, visual studies, art culture, and conservation, working uninterrupted since 1914.
C’était l’époque où il y avait continuellement des raids de gothas ; l’air grésillait perpétuellement d’une vibration vigilante et sonore d’aéroplanes français. Mais parfois retentissait la sirène comme un appel déchirant de Walkyrie – seule musique allemande qu’on eût entendue depuis la guerre – jusqu’à l’heure où les pompiers annonçaient que l’alerte était finie tandis qu’à côté d’eux la berloque, comme un invisible gamin, commentait à intervalles réguliers la bonne nouvelle et jetait en l’air son cri de joie. Marcel Proust
Grincer les dents
Mon père grinçait des dents. Je grince des dents. Ma fille grince des dents. Depuis plus d e quarante ans nous serrons nos mâchoires pour produire d'atypiques grincements, crissements et autres rongements qui troublent mes nuits de nos colocataires, les réveillent en sursaut dans des rêves peuplés d'insectes et de sueurs. J'ai hérité d'une parafonction manducatrice, d'un bruxisme excentré, d'un mouvement à lui, d'un bruit la nuit. Samantha Barendson
Financé à moitié par l'Union Européenne et mené par six musées, le projet Work with sounds se charge d'archiver et documenter en ligne des centaines de sons et bruits de notre vie quotidienne et industrielle, sous licence Creative Commons.
Notre monde, un musée
I Have Never Seen a Sound
The first thing to realize is that the soundscape is dynamic. It is constantly changing both in time and place. And every sound commits suicide—it will never be heard again.
I asked “Where are the museums for disappearing sounds?”
R. Murray Schafer
70 tableaux sonores de Paris au XVIIe siècle
Two years ago, in a post on the pioneering composer of the original Doctor Who theme, we wrote that “the early era of experimental electronic music belonged to Delia Derbyshire.” Derbyshire—who almost gave Paul McCartney a version of “Yesterday” with an electronic backing in place of strings—helped invent the early electronic music of the sixties through her work with the Radiophonic Workshop, the sound effects laboratory of the BBC.
La théorie de l'image selon Maria Trois-Cent-Treize
Au début, du moins dans notre monde post-exotique, au début il n'y a pas de verbe. Il n'y a pas de verbe mais il y a un peu de lumière, et même s'il n'y a aucune lumière il y a l'image d'un lieu et d'une situation, et seule l'image compte. Seule l'image se précise dès le début et s'impose. Elle est stable, elle a toute son importance dès le début, elle se suffit à elle-même et pourrait nous suffire. La voix vient en plus, elle vient après, elle est rajoutée, par exemple c'est un commentaire qui se situe en dehors de l'image, une intervention littéraire extérieure. Une intervention rajoutée, artificielle. Elle ne nous intéresse guère. Ou, deuxième possibilité, c'est une voix qui naît dans l'image et qui transforme l'image en scène de spectacle, en scène de théâtre, avec des monologues, des dialogues et des chants. Cette deuxième voix nous intéresse. Mais souvent ce n'est ni l'une ni l'autre. Ni le commentaire ni le murmure théâtral. Ni l'un ni l'autre. Maria Trois-Cent-Treize laisse s'écouler quelques secondes. Dans certains cas, reprend-elle, c'est-à-dire souvent, cette voix qui vient après est une voix qui appartient à l'image, qui sourd d'on ne ne sait quelles profondeurs de l'image, et qui est l'expression même de l'image, l'expression langagière de l'image. Je vais nommer cette voix la voix sourde, mais je pense qu'on pourrait aussi l'appeler la voix naturelle. Elle est naturelle parce qu'elle suppose des forces, des forces naturelles propres à l'image, qui n'ont pas besoin du langage humain ni des cordes vocales humaines pour s'exprimer. Elle est naturelle parce qu'elle s'appuie sur ce qui existe dans l'image, ce qui existe réellement, concrètement, parce qu'elle s'appuie sur ce qui préexiste et n'est pas le fruit d'une intervention et même seulement d'une observation extérieures. Elle est naturelle parce que ses haut-parleurs sont des éléments naturels dans l'image, des éléments comme le vent, ou des animaux, ou des objets abandonnés, ou comme de vieux objets ou des chiffons chargés eux-mêmes de souvenirs, ou encore, autre exemple, autres éléments naturels dans l'image, autres haut-parleurs naturels, comme des personnages muets ou des morts. L'image parle d'une voix sourde. Elle dit des choses de façon continue dès le début et sans verbe. Elle prononce des choses dans son langage non humain et dans son langage non véritablement vocal, elle énonce des choses avec sa voix sans cordes. C'est seulement ensuite qu'interviennent les acteurs et les actrices, seulement ensuite que parlent les personnages avec leurs voix qui vibrent, qui profèrent muettement le monde ou qui se taisent. Antoine Volodine, Écrivains
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