Ces responsables politiques étaient contre le mariage pour tous, l'adoption, la PMA, la GPA. Leurs déclarations (2012-2017) archivées pour la postérité.
“Je dis clairement que la PMA, telle qu’elle a été annoncée par la secrétaire d’État, constituerait un pas vers la marchandisation des corps et serait dangereuse. Nous y sommes opposés. Nous sommes naturellement encore plus opposés à la GPA.”
Source: interview sur Public Sénat, 19 septembre 2017
La PMA, « un pas vers la marchandisation des corps », pour Éric Ciotti
MARDI 19 SEPTEMBRE 2017 À 09:23
Le député des Alpes-Maritimes demande au gouvernement un « éclaircissement » sur le dossier de l’élargissement de la PMA à toutes les femmes, jugeant les différentes annonces « contradictoires ».
Par Guillaume Jacquot
Invité de la matinale de Public Sénat « Territoires d’Infos », Éric Ciotti dénonce le « flou » sur l’avenir de la procréation médicalement assistée (PMA) en France. « On voit que le gouvernement n’est pas clair sur cette affaire. Qui dit la vérité ? Est-ce que c’est Mme Schiappa ? Est-ce que c’est M. Collomb ? », a demandé le député LR.
« On voit bien qu’on veut s’adresser à beaucoup d’électorats différents et envoyer des messages qui, en même temps, sont un peu contradictoires », a-t-il ajouté.
Le 12 septembre, la secrétaire d’État à l'égalité femmes-hommes avait annoncé que le gouvernement prévoyait l’ouverture de la PMA à toutes les femmes en 2018.
« Elle serait dangereuse »
Dimanche, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait donné une tout autre musique. « Pour le moment, je n'ai pas vu ce projet porté dans le calendrier », a nuancé le numéro trois du gouvernement, pour qui la PMA « peut poser des problèmes ». Il a précisé que la lutte contre le « chômage » était prioritaire sur les « problèmes civilisationnels »
Éric Ciotti, qui s’était opposé au mariage pour tous en 2013, a réaffirmé son opposition à la PMA, utilisant le même argument que Laurent Wauquiez :
« Je dis clairement que la PMA telle qu’elle a été annoncée par la secrétaire d’État constituerait un pas vers la marchandisation des corps et serait dangereuse. »
L’ex-président du conseil départemental des Alpes-Maritimes demande un « éclaircissement » de la part du gouvernement.
"Je crois que politiquement, parce que les conditions dans lesquelles cette loi a été votée ont été inacceptables, nous devons l’abroger. Et ensuite nous devons rouvrir le débat. Moi personnellement je suis favorable à l’union civile. J’étais défavorable à l’adoption."
Source: interview sur LCP, 19 septembre 2017
Dépêche AFP:
Loi Taubira: Wauquiez n'a pas l'intention d'abroger le mariage entre homosexuels
Paris (France) - 19 septembre 2017
Laurent Wauquiez, candidat à la présidence du parti Les Républicains, veut modifier la loi Taubira en revenant sur les questions liées à la filiation mais pas sur le mariage entre homosexuels, déclare-t-il dans un entretien à Valeurs actuelles à paraître jeudi.
"On voit bien que la loi Taubira a ouvert une mécanique sur laquelle il est évident qu’il faut revenir. Il ne s’agit pas de démarier les couples de même sexe et le sujet n’est pas la notion de mariage, comme l’a exprimé François Fillon pendant la campagne présidentielle, mais bien de fixer des lignes rouges pour empêcher toute marchandisation et toute remise en cause de la filiation", indique celui qui apparaissait moins nuancé en janvier dernier, quand il appelait à "avoir le courage de revenir sur les lois des socialistes", notamment celle sur le mariage homosexuel.
Critiquant l'annonce du gouvernement de vouloir "élargir" l'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes "pour satisfaire le désir d'enfant de femmes homosexuelles vivant en couple", M. Wauquiez y voit une "étape" avant d'aller vers la gestation pour autrui (GPA) "et donc la marchandisation du corps de la femme".
Dans la loi Taubira, "le problème n’est pas la question du mariage, mais celle de la filiation et de la marchandisation", souligne encore le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Su LCP mardi matin, le député du Vaucluse Julien Aubert, autre candidat à la présidence de LR, s'est lui déclaré en faveur de l'abrogation de la loi Taubira. "Je crois que politiquement, parce que les conditions dans lesquelles cette loi a été votée ont été inacceptables, nous devons l’abroger", a-t-il déclaré. "Et ensuite nous devons rouvrir le débat. Moi personnellement je suis favorable à l’union civile", a-t-il dit.
"Autant je pense qu'on peut accepter la PMA, autant je suis opposé à la GPA, les mères porteuses, parce que c'est la marchandisation des corps et donc demain, on verra des femmes pauvres de pays du tiers-monde porter pour des gens riches un certain nombre d’enfants. Je pense que c'est odieux, que c’est à nouveau du trafic d’esclaves".
"Pour le moment, je n'ai pas vu ce projet porté dans le calendrier qu'on nous a donné. Pour moi, la priorité aujourd'hui est toujours économique et sociale".
“Je proposerai que l’on puisse résoudre le problème du chômage avant de s’attaquer aux problèmes civilisationnels”.
Source: interview au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, 17 septembre 2017
Dépêche AFP:
Pour Gérard Collomb, l'ouverture de la PMA à toutes les femmes n'est pas une "priorité"
Paris (France) - 17 septembre 2017
L'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes n'est pas une "priorité", a estimé dimanche le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui veut d'abord que soit résolu "le problème du chômage".
Interrogé au "Grand Jury" RTL/Le Figaro/LCI sur cette mesure, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, M. Collomb a déclaré: "Je proposerai que l'on puisse résoudre le problème du chômage avant de s'attaquer aux problèmes civilisationnels".
"Pour le moment, je n'ai pas vu ce projet porté dans le calendrier" et "pour moi, la priorité est aujourd'hui toujours économique et sociale", a-t-il ajouté.
Selon lui, la PMA "peut poser des problèmes" et il faudra "mettre des garde-fous".
Enfin, le ministre de l'Intérieur, qui était maire de Lyon lors des rassemblements contre le mariage homosexuel en 2013, particulièrement suivis dans cette ville, a répété qu'il était "formellement opposé à la GPA" (gestation pour autrui), interdite en France.
"Autant je pense qu'on peut accepter la PMA, autant je suis opposé à la GPA parce que c'est la marchandisation des corps", a-t-il souligné.
La procréation médicalement assistée est actuellement réservée au traitement de l'infertilité chez les couples hétérosexuels.
L'ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes sera proposée par le gouvernement dans le cadre de la révision de la loi bioéthique en 2018, a annoncé mardi la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.
L'adoption de cette mesure est "très probable" mais il faudra attendre "le rapport final des états généraux de la bioéthique" qui se déroulent avant la révision des lois bioéthique, a nuancé jeudi la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.
"Je veux qu'on ait un respect pour les couples de même sexe, pour l'amour qu'ils ont et pour les revendications qui sont les leurs. Je pense aussi qu'il faut qu'on ait un respect pour ceux qui en France défendent une autre approche de la famille"
“Je pense que l'invocation du droit à l'enfant ne doit pas aboutir à la marchandisation du corps de la femme"
Source: Interview sur France Info, 13 septembre 2017
Dépêche AFP:
PMA: Wauquiez (LR) craint à terme une "marchandisation du corps de la femme"
/ Paris (France)
- 13 septembre 2017
Laurent Wauquiez, candidat à la présidence de LR, a dit craindre "à terme une marchandisation du corps de la femme", alors que le gouvernement proposera au parlement l'ouverture de la PMA à toutes les femmes en 2018.
Cette mesure sera proposée par le gouvernement dans le cadre de la révision de la loi bioéthique en 2018, a annoncé la secrétaire d'Etat à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.
"Ce qui me préoccupe et m'a toujours préoccupé sur ces questions, c'est la question à terme de la marchandisation du corps de la femme et les questions de filiation", a réagi M. Wauquiez sur franceinfo.
"Il faut bien comprendre l'engrenage dans lequel on rentre. On va donc ouvrir la PMA pour des femmes qui sont en couple". "Derrière, les couples d'hommes qui sont ensemble feront évidemment une revendication d'égalité". "Ce qui signifie ce qu'on appelle la gestation pour autrui, c'est-à-dire, parce qu'il faut dire clairement les choses, payer une femme pour qu'elle ait un enfant et ensuite le prendre pour le donner à d'autres personne", a expliqué le président d'Auvergne-Rhône-Alpes.
"Je veux qu'on ait un respect pour les couples de même sexe, pour l'amour qu'ils ont et pour les revendications qui sont les leurs. Je pense aussi qu'il faut qu'on ait un respect pour ceux en France qui défendent une autre approche de la famille". Mais "je pense que l'invocation du droit à l'enfant ne doit pas aboutir à la marchandisation du corps de la femme", a résumé le candidat à la présidence des Républicains.
"Je ne suis pas seul sur cette position. Edouard Philippe, le Premier ministre lui-même, a très clairement dit dans une tribune du 10 février 2013: +nous nous opposerons résolument à la PMA pour les couples homosexuels féminins et à la GPA+". "Je ne pense pas, je n'espère pas" qu'il ait changé d'avis, a dit M. Wauquiez.
"Fabriquer des enfants sans père, je pense que c'est quelque chose qui est éminemment négatif pour l'enfant en question"
"C'est une forme de mensonge légal que de faire croire à un enfant qu'il n'a pas de père et lui interdire de jamais le connaître"
Source: interview avec Jean-Jacques Bourdin, BFMTV-RMC, 28 juin 2017
Dépêche AFP:
Marine Le Pen "opposée" à la PMA pour toutes les femmes
/ Paris (France) - 28 juin 2017
Marine Le Pen, présidente du FN, s'est dite mercredi "opposée" à l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, car "fabriquer des enfants sans père" est "éminemment négatif pour l'enfant en question".
"J'y suis opposée. J'y suis opposée parce que la vie peut priver un enfant de son père: un décès, un éloignement, un abandon d'ailleurs… mais fabriquer des enfants sans père, je pense que c'est quelque chose qui est éminemment négatif pour l'enfant en question", a commencé la députée du Pas-de-Calais sur BFMTV - RMC.
"D'ailleurs, c'est paradoxal qu'au moment où il y a des grandes discussions sur les enfants nés sous X, dont on dit à juste titre qu'ils ont besoin de connaître l'identité de leurs parents, de leur père, leur mère, pour lesquels on facilite les recherches, que parallèlement on accepte l'idée que l'on va permettre la naissance d'enfants sans père", a estimé Mme Le Pen.
"C'est une forme de mensonge légal que de faire croire à un enfant qu'il n'a pas de père et lui interdire de jamais le connaître", d'après elle.
Plus de quatre ans après les controverses enflammées autour du mariage homosexuel, partisans et adversaires de la "PMA pour toutes" attendent de pied ferme le nouvel exécutif sur cette mesure emblématique, déjà à l'origine de manifestations et de vifs débats.
Mardi, le Comité d'éthique, saisi en 2013, s'est prononcé pour l'ouverture de la procréation médicalement assistée - qui désigne l'ensemble des techniques médicales permettant d'avoir un enfant (fécondation in vitro, don de sperme...) - aux couples de femmes et aux femmes célibataires.
“La PMA et la GPA, c’est la boite de Pandore : eugénisme, homme augmenté. “
“Ces méthodes créent quelque chose de complètement artificielet programmé alors que la richesse du vivant est du côté de l’improbable. Je ne rentre pas dans des considérations morales. Je ne regarde que le phénomène et ses conséquences sur le vivant. En l’état, ce que ça implique pour les femmes : la chimie, cette dimension invraisemblable de la mère porteuse, la construction d’une servitude. Enfin son alibi -puisque chaque technique doit avoir sa force d’attraction- le droit à l’’enfant. Le droit de choisir son enfant sur catalogue.“
Source: interview à la Revue Limite, avril 2017
JOSÉ BOVÉ : « LA PMA, C’EST LA BOITE DE PANDORE : EUGÉNISME ET HOMME AUGMENTÉ »
Occuper la première place du marché mondial de la robotique : tel est le but avoué du programme SPARC auquel la Commission européenne a décidé de consacrer 700 millions d’euros d’ici 2020. Mais cette « technoffensive » n’est pas que scientifique et commerciale, elle est aussi philosophique et juridique. Rencontre à Strasbourg avec l’eurodéputé José Bové, démonteur de cyborgs.
Un rapport sur la robotisation a été débattu au Parlement européen le 14 février…
Le rapport est fou. L’objectif de ce texte est de considérer comme une personne électronique tout robot qui prend des décisions autonomes et qui agit de manière indépendante avec des tiers. Il faudrait donc créer une identité juridique pour les robots ! On crée de toute pièce un droit pour des personnes électroniques afin de pouvoir débattre de ces questions avec eux. C’est assez extraordinaire : on ne considère plus le robot comme un outil appartenant à une technologie nouvelle, mais comme une personnalité juridique.
Cela peut s’expliquer par des situations nouvelles créées justement par la technique…
Exactement ! C’est tout le problème que pose la voiture autonome. Imaginons qu’une telle bagnole soit face à un gamin qui traverse au hasard, et qu’il y ait un cycliste qui arrive de l’autre côté, sur sa gauche. Si elle va tout droit, elle écrase le gamin ; si elle tourne, elle écrase le cycliste. Et si elle part à droite, elle va dans le mur ! Que choisit la voiture si elle n’est pas reprise en main ? Et puis qui est responsable en cas d’accident ? Celui qui pilote l’engin ? Celui qui l’a construit ? On a affaire à des nouvelles réalités juridiques.
Et c’est bien pour cela que le Parlement européen veut légiférer dessus sans réfléchir aux conséquences que cela entraine. Légiférer sur les robots, c’est donner encore plus d’autonomie à « l’intelligence artificielle ». On s’amuse à se faire battre aux échecs, au jeu de go, au poker, et au fur et à mesure on construit quelque chose d’artificiel qui va finir par avoir des droits. Certains parlent tout bonnement « d’éduquer les robots » pour les rendre responsables et rentrer dans les cadres juridiques. Nous sommes en train de construire de façon totalement artificielle un fantasme. Et ce fantasme est écrit noir sur blanc dans le rapport que j’ai entre les mains [NDLR : le rapport est en ligne sur le site du Parlement euro- péen]. Mais ça n’est pas arrivé tout seul. Derrière, il y a bien sûr des lobbies, ceux de l’industrie mondiale, de la Silicon Valley, et puis ceux du mouvement transhumaniste. Notre rôle au Parlement est de combattre ces lobbies.
C’est très révélateur de l’esprit du temps. On part du postulat que de toute façon les machines ont déjà remplacé le travail humain
Quand vous devez mener la bagarre contre des groupes de pression aussi puissants, quelle stratégie utilisez-vous ?
Tout cela est tellement nouveau. Mon premier réflexe, c’est de me poser la question très simplement : est-ce qu’on a affaire à un robot ou à une personne ? Si la réponse vous semble évidente, c’est qu’il faut creuser encore, affiner votre pensée. Car ceux qui mènent la bagarre, en face, pensent les machines comme des personnes. C’est une extrapolation très forte de l’autonomisation de la technique. Deuxièmement, je renvoie à un autre débat de fond en posant la question : « Tout ce qui peut être fait doit-il être fait ? ». Est-ce que l’on doit donner un nouveau droit ou est-ce qu’on s’arrête là ?
Ce débat sur le droit des robots, qui a débuté ici il y a un an, sur quoi va-t-il aboutir ?
Je pense que ça va être voté majoritairement, même si je me bats pour qu’il ne le soit pas. Nous ne sommes pas nombreux à réfléchir à ces questions-là. Tout le monde communie dans le progrès technologique. Tenez, pour Benoit Hamon, il faut taxer les robots pour financer le revenu universel. C’est très révélateur de l’esprit du temps. On part du postulat que de toute façon les machines ont déjà remplacé le travail humain. D’une certaine façon, le nouveau combat luddite est là.
On n’arrête pas le progrès…
On peut dire aussi « On arrête, on réfléchit » : c’est une possibilité ! Cela s’est fait pour les biotechnologies, pas longtemps certes, mais cela s’est fait. Aux États-Unis, ça se fait autour du nouvel outil Crispr-Cas9, le ciseau génétique. Mais le problème est que nous sommes sous l’emprise de la loi de Gabor, qui veut que tout ce qui est techniquement réalisable se fasse tôt ou tard.
C’est le moteur du capitalisme…
Non, c’est d’abord le moteur du productivisme. C’est par la séduction et l’attractivité que la technique s’impose. L’Union Soviétique le savait bien, qui faisait parfois mieux que les capitalistes. Par exemple, ils ont vidé la mer d’Aral pour faire du coton. Ils ont rasé les villages d’Ukraine pour faire des kolkhozes. Et d’ailleurs, qui est venu à leur secours pour entreprendre ce projet ? C’est Caterpillar, venu donner un coup de main à Staline. L’entreprise américaine a découvert à ce moment-là que la propriété privée avait un seul défaut, c’est qu’elle limitait l’espace. Les Soviétiques n’avaient pas ce problème ! Tout cela pour vous dire que, non, l’idéologie principale ne s’appuie pas sur la question du rapport du capital au travail, comme chez Marx. L’idéologie de notre temps, c’est la technique. Le moteur central aujourd’hui, c’est la technique. L’aliénation planétaire, c’est la solution technique, celle qui dit que chaque problème a sa solution technique. Et nous, nous disons qu’il faut sortir de cette aliénation pour préparer la prochaine révolution.
Vous avez presque tout appris auprès du philosophe Jacques Ellul, qui se trouve être l’un de nos maîtres…
J’ai connu Ellul à la fin des années 60, car j’étais à Bordeaux, comme lui. Il faisait partie de notre groupe d’action non-violent, où se côtoyaient des curés, des pasteurs, des anars, des gens de l’Arche. A l’époque, il avait déjà écrit l’essentiel sur la technique[ NDLR : Jacques Ellul est né en 1912], mais il venait de se mettre à dos l’extrême gauche avec son livre Autopsie de la révolution (1969) et De la révolution aux révoltes où il tape comme un turc sur la révolution russe et chinoise en montrant que c’était un renforcement de l’Etat. Ellul nous a appris à analyser froidement la question technique. Nous pouvions penser que tel outil allait nous aider avant de se rendre compte que c’était une illusion et qu’il possédait un caractère trop aliénant. J’essaye de reprendre la méthodologie par rapport à n’importe quelle technique ,avec ses conséquences sur l’humain, la nature, le vivant et ses conséquence sur la liberté. Mais aussi sur l’irréversibilité qu’une technique provoque. Nous devons analyser chaque technique à l’aune de ces différents points. Et ce n’est qu’après tout ce travail que l’on se dit « ça on garde, ça on jette ». C’est un travail rigoureux. Pour moi Ellul a été central, car il m’a aidé à construire une analyse pour changer la société. Mais c’est vrai qu’à l’époque nous avions un champ d’action devant nous très large ! Lui était plutôt du genre pessimiste sur notre capacité à change le cours des chose. Je me souviens d’une discussion autour de la lutte des kanak en 1986. De toute façon, me dit-il, ça ne sert à rien de se battre pour eux, car ils vont finir par faire un Etat. Ellul n’était pas dans les illusions des bagarres politiques. La structure de l’Etat lui semblait plus forte que n’importe quelle révolution et la volonté de changer le monde. Moi, je suis plus à me dire qu’on peut gagner des petites batailles et maintenir la flamme. Je ne me dis jamais que c’est foutu et qu’il ne nous reste plus qu’à écrire des textes. J’essaye d’adopter une attitude qui conduit à créer des nouveaux rapports de force en élargissant les rangs. Il faut ouvrir. La question qui me taraude : on élargit ou on ferme les rangs ?
Pour nous,le Parlement Européen, c’est un peu l’enfer. Depuis que vous y êtes entré en 2009 le journal La Décroissance vous crie, « José reviens ! ». Alors, vous allez revenir ?
Je suis rentré ici, non pas pour faire une carrière, mais pour contrer des lobbies. Au niveau local, j’avais fait le Larzac, la lutte anti-nucléaire. Au niveau national, j’ai créé la confédération paysanne. Puis les faucheurs d’OGM. Puis démoli un Macdo. Il y avait un outil que je n’avais jamais utilisé, c’est le parlement européen. Les lobbys sont ici. Je me suis dit, sans illusions, que j’allais mener cette bataille. On est dans les mêmes mécanismes que l’Etat, mais j’ai clairement plus de marge de manœuvre ici qu’à Paris. NDDL, si ça n’avance pas d’un millimètre, outre la mobilisation sur le terrain, c’est qu’on les coince juridiquement. La France par rapport au droit Européen est plantée de chez plantée. On a amené le dossier devant la commission qui a engagé une action juridique contre la France en lui disant qu’elle ne respectait pas le droit sur l’environnement. Voilà ce que je fais ici….
Vous manœuvrez plus qu’autre chose…
C’est de l’aïkido ! Il y a une autre chose, qui ne coûte pas un centime, c’est la commission des pétitions. On l’a saisie pour les boues rouges, les OGM etc. On s’est rendu compte qu’on s’est fait balader pendant des années sans rien faire. On sert d’auxiliaire aux copains qui sont sur le terrain. Récemment, on a découvert un nouveau produit toxique, la phosphine, qu’on met dans les cargos, et qui a déjà causé des morts. Il n’y a pas un cargo qui circule sans ce produit, qui est un poison qui tue tous les insectes. Si on arrive à le faire interdire…Bref, on a fait remonter ça à la commission des pétitions, encore un combat qu’on espère gagner…
Votre dernier livre, Hold-up à Bruxelles, offre pourtant une critique sévère de l’Europe actuelle et des hommes qui la dirige…
Oui, mais aujourd’hui, il n’y a pas de modèle alternatif réel. Tout le monde trempe dans le productivisme. Pas un pays n’est en dehors de ce modèle, même les plus révolutionnaires. La rente pétrolière de Chavez ? Ca ne me semble pas très alternatif comme modèle. La rente pétrolière n’a jamais créé le socialisme. Le gaz non plus. Même notre copain de Bolivie, Evo Morales, est dans un modèle semblable. L’Equateur de Rafael Correa aussi. Partant de ce constat, je me suis demandé quel moyen je pouvais utiliser pour changer ce système productiviste. Où peut-on faire bouger les lignes, changer la PAC, redonner du sens à l’agriculture, sortir du dumping ? C’est le parlement européen. Car la France toute seule n’y arrivera pas.
Pourquoi ?
Parce que la France s’est construite sur le modèle de la Révolution française, et ce modèle est celui de l’Etat- nation, qui empêche de penser la subsidiarité au niveau local ou l’Europe démocratique. Les jacobins vouent un véritable culte à l’Etat ,la Révolution s’est faite sur une substitution du Sacré sur l’Etat. Et on a martelé que c’était la seule façon de gérer le monde. A côté de chez nous, nos amis espagnols ont développé un anarcho-syndicalisme par ce que n’était pas un pays centralisé… Aujourd’hui, on est dans un système large où l’on n’a aucune chance de gagner contre des multinationales. Les OGM ne sont pas seulement un débat local, le problème qu’ils posent est mondial. De cette façon, je pense que l’Etat-nation est une impasse et n’est pas la solution. La nation, c’est la vision d’appartenance, avec votre culture,votre histoire, votre langue. L’Etat c’est autre chose. Et selon Ellul, l’Etat-Nation est la façon dont l’Etat organise techniquement la nation.
En 2014, vous avez pris position contre la Procréation médicalement assistée (PMA)ainsi que contre la Gestation pour autrui (GPA) car vous étiez contre toute forme de « manipulation du vivant ». Esther Benbassa, sénatrice EE-LV, vous avait alors rétorqué qu’à trop suivre la nature « on finit par vivre avec des animaux dans une ferme du Larzac ». Où en êtes-vous de ce débat ?
J’ai pris publiquement position contre et je me suis fait cartonner. Je continue d’aborder cette question, comme toutes les autres, sous l’angle de la critique de la technique. La PMA et la GPA, c’est la boite de Pandore : eugénisme, homme augmenté. Avec ça, l’événement de la naissance, qui est un événement biologique, aléatoire, devient organisé et géré dans un objectif très particulier. Ces méthodes créent quelque chose de complètement artificielet programmé alors que la richesse du vivant est du côté de l’improbable. Je ne rentre pas dans des considérations morales. Je ne regarde que le phénomène et ses conséquences sur le vivant. En l’état, ce que ça implique pour les femmes : la chimie, cette dimension invraisemblable de la mère porteuse, la construction d’une servitude. Enfin son alibi -puisque chaque technique doit avoir sa force d’attraction- le droit à l’’enfant. Le droit de choisir son enfant sur catalogue. Dans La reproduction artificielle de l’humain, ce phénomène est très bien expliqué. A ce propos, il faut voir le documentaire Et l’homme créa la vache, de Jean-Christophe Ribot. Il faut toujours regarder ce qu’il se passe sur les vaches pour savoir ce qu’il va nous arriver.
La critique de la technique n’a jamais été l’apanage d’un seul courant philosophique, la revue Limite qui abrite plusieurs sensibilités en est la preuve…
Avec ma petite équipe,on est tombé sur la revue Limite et les textes de Fabrice Hadjadj parce qu’on parlait des mouvements contre la PMA et la GPA . On a découvert qu’on n’était pas tous seuls. Bien sûr, aux yeux des réseaux mainstream d’EE-LV, on passe pour des salauds lorsque nous déployons notre critique. Ce qui est intéressant, c’est que certains y arrivent par le mouvement situ, comme PMO, d’autres parce qu’ils sont catholiques. Ca me rappelle toute la richesse des années 70 avec ses différents fronts qui arrivaient dans tous les sens… Et vous, si vous vous faites cartonner à votre tour, c’est normal, c’est bon signe !
"A 18 ans, les enfants prisonniers d'une filiation avec des couples homosexuels devraient pouvoir confirmer l'adoption ou la remettre en cause afin de rétablir une filiation avec leur(s) parent(s) biologique(s)"
Daniel Fasquelle est député UMP.
Source: mail aux parlementaires, Metro News, 23 novembre 2014
Mariage pour tous : le flop de Sarkozy à l'Assemblée
CRÉÉ : 23-11-2014 14:27
INFO METRONEWS – Un député, proche de l'ex-président de la République, a déposé vendredi une proposition de loi reprenant la position de Nicolas Sarkozy sur le mariage pour tous. Problème, seule "une trentaine" de députés a cosigné le texte.
Nicolas Sarkozy a chargé Daniel Fasquelle (au centre sur la photo) de déposer une proposition de loi reprenant sa position sur le mariage pour tous.Nicolas Sarkozy a chargé Daniel Fasquelle (au centre sur la photo) de déposer une proposition de loi reprenant sa position sur le mariage pour tous. Photo : ALCALAY SARAH/SIPA
Ils sont près de 200 députés à siéger sur les bancs du groupe UMP de l'Assemblée nationale. Et pourtant seule "une trentaine" d'entre eux a signé la proposition de loi de Daniel Fasquelle. Déposée vendredi (journée internationale des droits de l'enfant), elle reprend la position de Nicolas Sarkozy sur la loi Taubira, dictée la semaine dernière lors du meeting du collectif Sens commun. Le candidat à la présidence de l'UMP a dit souhaiter supprimer la loi votée en 2013, pour revoter un nouveau texte qui exclura la possibilité d'une filiation pour les couples homosexuels.
"Au final, il se rangeront sur la position de Sarkozy"
L'opération était suivie de très près par l'ex-chef de l'Etat, qui avait chargé le député du Pas-de-Calais d'organiser ce qui devait être une opération de force. Elle s'est transformée en flop. "C'est une position trop brouillonne", confie en privée un député très proche de la Manif pour tous qui a refusé de signer le texte. Daniel Fasquelle, lui se défend auprès de metronews : "Une trentaine, c'est un chiffre convenable, c'est une bonne moyenne." Le parlementaire s'est "contenté d'envoyer un mail" à ses collègues. "Certains ne l'ont peut être pas vu, il y aura d'autres cosignataires plus tard"...
Pour l'heure, le manque d'enthousiasme autour du texte illustre la levée de boucliers, y compris dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, sur l'intervention de l'ex-chef de l'Etat dans le débat. "Il va falloir faire preuve de pédagogie. Certains, à l'UMP, ont réagi par rapport à une mauvaise interprétation des propos de Nicolas Sarkozy. C'est malheureux", s'agace Daniel Fasquelle. Mais celui-ci se veut confiant : "au final, il se rangeront sur la position de Sarkozy". Rien n'est moins sûr..
Adoption : un choix à 18 ans ?
Dans le mail qu'il a envoyé aux parlementaires, Daniel Fasquelle le reconnaît : il y a un "problème de fond sur le sort des adoptions déjà prononcées". "Ces adoptions ne seraient pas remise en cause par une nouvelle loi, cependant des dispositions transitoires peuvent être prévues. Il faudra en discuter le moment venu", écrit-il. A metronews il livre sa proposition : "A 18 ans, les enfants prisonniers d'une filiation avec des couples homosexuels devraient pouvoir confirmer l'adoption ou la remettre en cause afin de rétablir une filiation avec leur(s) parent(s) biologique(s)". La loi Taubira n'a décidément pas terminé de faire réagir.
"Son raisonnement (Nicolas Sarkozy) est cohérent: oui au fait de reconnaître et de protéger l’amour au sein des couples homosexuels, non au fait de détruire la conception même de la famille, qu’il veut au contraire protéger. Il n’y a pas de droit à l’enfant"
Source: Le Figaro, 17 novembre 2014
Mariage gay: Wauquiez défend la position "mûrement réfléchie" de Sarkozy
Paris - 17 novembre 2014 13:48 - AFP
Nicolas Sarkozy a pris position en faveur de "l'abrogation" de la loi Taubira sur le mariage homosexuel de manière "mûrement réfléchie", et non pas sous la pression de la foule, assure Laurent Wauquiez dans un entretien à paraître mardi dans Le Figaro.
"Pour avoir échangé plusieurs fois avec lui sur ce sujet, je peux témoigner que sa position est mûrement réfléchie", affirme M. Wauquiez, qui soutient l'ancien chef de l'Etat pour la présidence de l'UMP.
"Son raisonnement est cohérent : oui au fait de reconnaître et de protéger l’amour au sein des couples homosexuels, non au fait de détruire la conception même de la famille, qu’il veut au contraire protéger. Il n’y a pas de droit à l’enfant", juge le député-maire du Puy-en-Velay (Haute-Loire).
"Et puis il faut arrêter de se cacher derrière les mots et de prendre des postures. Quand une loi est mauvaise, il faut avoir le courage de la supprimer. Cette détermination est importante à mes yeux", ajoute-t-il.
Depuis qu'il a dit qu'il fallait "abroger" et non plus "réécrire" la loi Taubira, samedi sous la pression d'un public très hostile au mariage gay, l'ancien président affronte une avalanche de réactions négatives, venant aussi de certains de ses soutiens comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou Christian Estrosi.
"J’aurais préféré un autre mot que mariage car des couples homosexuels et hétérosexuels, ce n’est pas tout à fait la même chose."
Source: interview aux Inrocks, 12 novembre 2014
Alain Juppé : “Je suis favorable à l’adoption par un couple de même sexe”
12/11/2014 | 12h25
C’est la Juppémania. A droite et au centre, Alain Juppé s’attire la sympathie d’un électorat qui ne veut pas le retour de Nicolas Sarkozy. Tandis qu’une partie de la gauche déboussolée, voit en lui un recours contre le duel annoncé Le Pen/Sakozy au second tour de la présidentielle. Candidat à la primaire UMP, Alain Juppé se dit pour la première fois “favorable” à l’adoption par les couples de même sexe et affirme qu’il ne reviendra pas sur le mariage pour tous s’il était élu en 2017. Extrait de l’interview à découvrir dans le magazine cette semaine.
Contrairement à d’autres ténors de l’UMP, vous avez annoncé que vous ne reviendriez pas sur la loi Taubira. Parallèlement, au même titre que Manuel Valls, vous avez réaffirmé votre opposition à la GPA et la PMA. Pourquoi ?
En général, on me compare plus à Nicolas Sarkozy qu’à Manuel Valls ! La crédibilité de ce gouvernement est un problème. Monsieur Valls ne changera-t-il pas d’avis sous pression de sa majorité ? Reste que la société française a beaucoup évolué depuis trente ans sur les moeurs. Les Français considèrent aujourd’hui qu’il est parfaitement acceptable que deux personnes du même sexe veuillent concrétiser leur sentiment amoureux par un statut public. J’aurais préféré un autre mot que mariage car des couples homosexuels et hétérosexuels, ce n’est pas tout à fait la même chose. Mais je suis convaincu qu’on ne reviendra pas en arrière : on ne démariera pas les couples homosexuels. Quant à la GPA, c’est inacceptable, et j’espère que la France tiendra bon sur son interdiction.
Comptez-vous chercher à empêcher l’inscription des enfants nés par GPA et PMA à l’étranger sur le registre de l’état civil français ?
On ne peut pas créer un système dans lequel on légitime le recours à de tels procédés. Mais naturellement, il faut prendre en compte l’intérêt de l’enfant et lui donner un statut. Quant à la PMA, c’est une technique qui doit être réservée aux couples hétérosexuels qui ont des problèmes de stérilité et non être mise à la disposition de deux femmes.
Et pourquoi ça ?
Pour moi, fondamentalement, l’acte de naissance d’un enfant, c’est un homme et une femme. Ensuite, il y a l’acte d’élever un enfant. Il peut exister des cas où un enfant peut trouver dans un couple de deux hommes ou de deux femmes des conditions d’épanouissement personnel parfaitement acceptables. C’est pourquoi, après mûre réflexion, je suis favorable à l’adoption par un couple de même sexe, après qu’on aura vérifié, comme c’est le cas pour les couples hétérosexuels, que les conditions d’épanouissement de l’enfant sont réunies.
"Quand on dit qu'elle doit être réécrite de fond en comble, si vous préférez qu'on dise qu'on doit l'abroger pour en faire une autre... En français, ça veut dire la même chose... Mais ça aboutit au même résultat. Mais enfin, si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher".
"Avec le mariage pour tous tel qu'il est organisé, la séparation entre la filiation et la mariage est impossible. Et qu'à ce moment-là, si nous gardons les choses en l'état, cela voudra dire qu'on ne pourra pas faire la différence entre un mariage homosexuel et un mariage hétérosexuel dans ses conséquences sur la filiation, donc ça ne sert à rien de dire qu'on est contre la GPA ou contre la PMA si on n'abroge pas la loi Taubira puisque la loi Taubira justement conduira à cela"
Source: meeting de l'association Sens Commun, 15 novembre 2014
Dépêche AFP:
Mariage homosexuel: Sarkozy évoque pour la première fois une "abrogation" de la loi Taubira
Paris - 15 novembre 2014
Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de l'UMP, s'est finalement prononcé pour "l'abrogation" de la loi Taubira sur le mariage pour tous après avoir été chahuté pour avoir évoqué une simple "réécriture" de la loi, samedi à Paris, lors d'un meeting de l'association Sens commun.
C'est la première fois que l'ancien président emploie le terme d'"abrogation" alors que, jusqu'à présent, il prônait une "réécriture" du texte sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels, principale réforme sociétale de son successeur François Hollande.
Les trois candidats à la présidence de l'UMP - Bruno Le Maire, Hervé Mariton puis Nicolas Sarkozy - ont été invités samedi à venir exposer leur vision sur l'avenir de leur parti devant Sens commun, une association au sein de l'UMP née dans le sillage de la Manif pour tous.
"La loi Taubira devra être réécrite de fond en comble", a affirmé M. Sarkozy, devant environ 3.000 personnes, selon les organisateurs.
Il a alors été interrompu par de très nombreux participants qui scandaient "Abrogation ! Abrogation !" tandis que d'autres le huaient.
"Si vous préférez qu'on dise (qu'il faut) abroger la loi Taubira pour en faire une autre... En français, ça veut dire la même chose... Ca aboutit au même résultat. Mais enfin, si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher", a fini par dire M. Sarkozy, chahuté également quand il s'est prononcé pour un "mariage" pour les homosexuels. En 2007, il avait promis une union civile sans jamais la mettre en oeuvre.
"Ca ne sert à rien qu'on soit contre la GPA (gestation pour autrui) si on n'abroge pas la loi Taubira", a-t-il dit un peu plus tard, déclenchant dès lors de forts applaudissements.
- Hétéros/homos: Sarkozy pour deux unions distinctes -
L'ancien président, qui souhaite qu'il y ait deux "mariages" distincts célébrés en mairie - le mariage classique pour les hétérosexuels et une union spécifique pour les homosexuels - a également été très applaudi quand il a affirmé que "le droit à l'enfant (était) un folie. Il n'y a pas de droit à l'enfant, il y a désir d'enfant", a-t-il dit.
Avant lui, à la tribune, Bruno Le Maire, qui s'est abstenu sur la loi Taubira, s'était fait huer pour avoir maintenu son opposition à une abrogation du texte: "Nous ne reviendrons pas, nous la droite républicaine, sur le mariage homosexuel".
A l'inverse, Hervé Mariton a eu droit à un tonnerre d'applaudissements pour avoir lancé: "abrogation de la loi". "Ce qu'une loi a fait, une loi peut le défaire", a déclaré le député de la Drôme, qui a accusé Nicolas Sarkozy de ne pas être "clair" sur ce sujet.
Les trois candidats ont pris la parole à tour de rôle, sans jamais se croiser ni, a fortiori, débattre, au grand dam de MM. Le Maire et Mariton. Les organisateurs voulaient avant tout entendre ce qu'ils comptaient faire du mariage homosexuel. Frigide Barjot, un temps égérie de la Manif pour tous, était assise au premier rang.
"Ne soyons pas dupes, il ne s'agit encore que de déclarations d'intention", a réagi samedi soir La Manif pour tous après la "conversion" de Nicolas Sarkozy.
"Il faut relativiser cette déclaration, ce n'est qu'un effet d'annonce (...) Il n'y a jamais eu de retour en arrière sur une réforme de société", a réagi de son côté Amandine Miguel, porte-parole de l'Inter-LGBT, qui regroupe plusieurs associations de défense des droits des gays, lesbiennes, bi et trans.
"Nicolas Sarkozy est un menteur" car "il sait qu'il ne pourra pas le faire. S'il le fait, il va créer de l'inégalité. Que va-t-il faire des couples mariés ? Les démarier ? Ou laisser mariés ceux qui le sont et interdire le mariage aux autres ? Le Conseil Constitutionnel se saisirait de ce problème si cela devait arriver", a dénoncé Vincent Autin, uni lors du premier mariage homosexuel célébré en France, le 29 mai 2013.
Selon un sondage Ifop publié samedi sur le site Atlantico, plus des deux tiers des Français (68%) sont favorables au mariage homosexuel et une majorité (53%) sont pour l'adoption d'enfants par des couples de même sexe, l'approbation de ces nouveaux droits progressant très nettement chez les sympathisants UMP.
Ces derniers sont désormais majoritaires (58% contre 33% en janvier 2013) à se dire en faveur du mariage gay. Et s'ils sont toujours minoritaires (38%) à soutenir l'adoption par des couples de même sexe, la progression est là aussi notable: ils étaient 18% en décembre 2012 et 22% début janvier 2013.
"Il faut créer une sorte de pare-feu, cloison étanche entre le mariage des personnes de même sexe et la filiation. Il faut le mettre dans la Constitution, de façon à ne plus avoir de problème avec les cours de justice"
Source: Europe 1, 6 octobre 2014
"Manif pour tous": réactions politiques
Paris 05:15-06/10/2014
Réactions politiques lundi à la "Manif pour tous" qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes la veille à Paris et Bordeaux notamment contre l'ouverture de la procréation médicale assistée (PMA) aux couples homosexuels et contre la gestation pour autrui (GPA):
- Le député PS Benoît Hamon, ex-ministre de l'Education: "On est dans une radicalisation de la société française dans des combats rétrogrades où on instrumentalise la famille pour défendre une conception religieuse de l'Etat, de la vie en société. Il y a pour moi incontestablement un recul et la nécessité de réaffirmer le principe selon lequel cette république est laïque." (France Inter)
- Le député UMP Henri Guaino, ex-plume de Nicolas Sarkozy, sur l'interdiction de la GPA répétée par le gouvernement : "C'est une blague! Ils n'ont pas fait appel de la décision de la CEDH!", sur les enfants nés de GPA. "Ce n'est pas parce qu'une loi est votée qu'elle est intangible, mais je ne suis pas pour l'abrogation totale, ça ne me paraît pas raisonnable, pas réaliste... Il faut créer une sorte de pare-feu, cloison étanche entre le mariage des personnes de même sexe et la filiation. Il faut le mettre dans la Constitution, de façon à ne plus avoir de problème avec les cours de justice..." (Europe 1)
- Jean-Christophe Cambadélis, 1er secrétaire du PS: "C'était plutôt la Manif pour rien et aussi, ce qui me réjouit, un caillou dans la chaussure de la droite. A force d'avoir chauffé tout le monde contre le mariage pour tous, ils se retrouvent avec cette question". "Cette question, comme beaucoup de questions d'ailleurs, va bousculer la droite dans la préparation de la désignation de son candidat à l'élection présidentielle, mais aussi dans la nature de ce parti". "Je respecte ceux qui manifestent, mais il faut intégrer qu'il y a eu un vote et une majorité. Les annonces sur la politique familiale, "on ne peut pas dire que ça a aidé, mais il fallait les faire". (i>TELE)
- L'ex-ministre et bras droit de Nicolas Sarkozy Claude Guéant: "Sur ce sujet difficile, Nicolas Sarkozy a d’abord dit sa volonté de ne pas créer de brèches supplémentaires dans la société française et par conséquent de créer un débat qui soit serein et qui permet de déboucher sur des solutions largement consensuelles". "C’est vrai qu’il y a un clivage au sein de l’UMP et ses responsables expriment des positions assez différentes". "Personnellement je suis favorable à l’abrogation de la loi".
- L'ex-ministre de Nicolas Sarkozy Christine Boutin: "La loi Taubira a été la seule vraie réforme du gouvernement de M. Hollande, il aurait mieux valu s'attaquer au chômage plutôt que de diviser la France". "Je salue la position de Manuel Valls" contre la GPA. "Il avait un double objectif: désamorcer la manifestation et il se rend compte que les conséquences concrètes de la loi Taubira créent des situations ingérables". "J'ai eu l'occasion de dire à M. Sarkozy que s'il n'abrogeait pas cette loi, il lui manquera un million de voix et il ne sera pas élu" (Sud Radio)
"Je suis favorable à l'abrogation. J'ai porté au Sénat la motion référendaire. On pourrait soumettre aux Français par référendum un choix"
Bruno Retailleau est président du groupe UMP au Sénat.
Source: émission Preuves par 3 sur Public Sénat avec l'AFP et Dailymotion, 14 octobre 2014.
Dépêche AFP:
Mariage pour tous: Retailleau (UMP) pour l'abrogation et un référendum
Paris 14:29-14/10/2014
Le président du groupe UMP au Sénat Bruno Retailleau s'est prononcé mardi pour "l'abrogation" de la loi sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels et un "référendum" sur cette question.
"Je suis favorable à l'abrogation. J'ai porté au Sénat la motion référendaire. On pourrait soumettre aux Français par référendum un choix", a affirmé le nouveau patron des sénateurs UMP lors de l'émission Preuves par 3 sur Public Sénat avec l'AFP et Dailymotion.
"Il faut avoir, je crois, un immense respect pour les Français qui souhaitent consacrer leur amour, on peut le faire avec l'union civile, on a différentes formules pour le faire juridiquement", d'après ce sénateur vendéen.
"En revanche, le problème de la filliation, le problème de l'adoption débouchent tôt ou tard, on le voit aujourd'hui, sur la PMA (Procréation médicalement assistée, ndlr) et sur la GPA (Gestation pour autrui, ndlr), il n'en est pas question", a ajouté celui qui a été l'un des fers de lance au Palais du Luxembourg de l'opposition à la loi dite Taubira.
Que fera l'UMP en 2017, si elle arrivait aux responsabilités ? : "Nous on est très clairs, je souhaite qu'il y ait abrogation, qu'il y ait référendum", a-t-il assuré, avant de préciser qu'"on ne va pas démarier. Ca ne sera pas rétroactif."
M. Retailleau a ensuite été interrogé sur les propos du Défenseur des Droits Jacques Toubon, qui s'est dit lundi favorable à ce que la France donne une identité aux enfants nés à l'étranger de GPA, conformément à la décision de la Cour européenne des droits de l’homme.
"Il y a un cadre juridique. Ceux qui prétendent qu'aujourd'hui ces enfants sont en dehors du droit se trompent. Ces jeunes enfants ne sont pas en dehors du droit. En revanche, admettre et régulariser une infraction à la loi, un détournement de l'ordre public, moi je n'y suis pas favorable", a assuré cet ancien proche de Philippe de Villiers.
"Je suis opposé à la GPA, pour les hétérosexuels et pour les homosexuels, parce que cela amène à la marchandisation de l’enfant"
Source: entretien avec des lecteurs de La Provence, 29 octobre 2014.
Mariage homosexuel: Sarkozy veut "rassembler" sa famille sur "la position la plus raisonnable"
Paris - 07:03-29/10/2014
Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de l'UMP, a affirmé à propos du mariage homosexuel qu'il voulait "rassembler" sa famille politique "sur la position la plus raisonnable possible", lors d'un entretien avec un panel de lecteurs de La Provence, publié mercredi.
Sur le mariage homosexuel, "je n’ai pas pris position jusqu'à présent parce que je ne voulais pas être caricaturé. Je rassemblerai toute ma famille sur la position la plus raisonnable possible", a affirmé M. Sarkozy.
"Le Pacs n’était sans doute pas suffisant. Je suis pour la reconnaissance d’une union civile homosexuelle", a réaffirmé l'ancien président.
Selon lui, "la décision récente de la cour de cassation qui fait un lien direct entre le mariage et la filiation va nous obliger, quoi que l’on pense de la gestation par autrui, à réécrire la loi. Ma position est la suivante: je suis opposé à la GPA, pour les hétérosexuels et pour les homosexuels, parce que cela amène à la marchandisation de l’enfant".
"Je suis également contre la PMA pour les couples homosexuels. Mais je suis pour ce type de procréation, uniquement quand c’est une aide à la lutte contre la stérilité", a-t-il ajouté.
Extrait de l'entretien La Provence:
Eva Mille, interne en chirurgie: Faut-il mettre des verrous dans la loi sur la PMA et la GPA pour empêcher les homosexuels d’y recourir ?
"Je suis très réservé sur l’immixtion de la sexualité dans le débat public. Je n’aurais jamais imaginé que je serais amené à parler de cette question dans ma vie politique. Pour moi, c’est un sujet éminemment privé. Quand je parle à des Français, je ne parle pas à des hétérosexuels ou à des homosexuels mais à des citoyens. Ce qu’ils font de leur sexualité ne me regarde en rien. Par ailleurs, il est absurde de reprocher à quelqu’un sa sexualité. On choisit de l’assumer, de la révéler, mais on ne choisit pas sa sexualité. On a ça en soi. Enfin, que l’on soit hétéro ou homo, le besoin d’amour est le même. Et le besoin que la société reconnaisse cet amour est aussi le même. Le Pacs n’était sans doute pas suffisant. Je suis pour la reconnaissance d’une union civile homosexuelle. La décision récente de la cour de cassation qui fait un lien direct entre le mariage et la filiation va nous obliger, quoi que l’on pense de la gestation pour autrui, à réécrire la loi. Ma position est la suivante: je suis opposé à la GPA, pour les hétérosexuels et pour les homosexuels, parce que cela amène à la marchandisation de l’enfant. Je suis également contre la PMA pour les couples homosexuels. Je suis pour ce type de procréation, uniquement quand c’est une aide à la lutte contre la stérilité. Concernant le mariage en lui-même, je n’ai pas pris position jusqu’à présent parce que je ne voulais pas être caricaturé. Je rassemblerai toute ma famille sur la position la plus raisonnable possible."
"La question n'est pas d'accepter le mariage homosexuel, la question est de savoir si on accepte ou non le principe des mères porteuses pour les couples homosexuels. Je ne l'accepte pas. C'est la raison pour laquelle la réécriture de la loi pour le Mariage pour tous sera incontournable",
Jérôme Chartier est député européen.
Source: interview sur iTélé, 3 octobre 2014
Chartier (UMP): la "réécriture" de la loi Taubira est "incontournable"
Paris (France) - 03 octobre 2014 03:15 - AFP
La "réécriture" de la loi Taubira sur le mariage homosexuel est "incontournable" pour empêcher le recours à la GPA par des couples homosexuels, faute de quoi la France sera condamnée au plan européen, a estimé vendredi le député UMP Jérôme Chartier.
Quand Manuel Valls assure que la GPA restera interdite en France, "je veux bien le croire", a déclaré sur i>TELE M. Chartier, proche de François Fillon.
Mais "si vous donnez par la loi les mêmes droit à un couple homosexuel et un couple hétérosexuel, comme c'est le cas aujourd'hui avec la loi Taubira, vous allez m'expliquer comment un jour la Cour européenne des Droits de l'Homme ne dira pas qu'il faut les mêmes droits pour les mères porteuses. Et bien si, un jour la CEDH sanctionnera la France pour la question des mères porteuses pour les couples homosexuels. Cela signifie tout simplement que si vous ne voulez pas que les couples homosexuels puissent avoir recours aux mères porteuses, il faut simplement changer la loi."
"La question n'est pas d'accepter le mariage homosexuel, la question est de savoir si on accepte ou non le principe des mères porteuses pour les couples homosexuels. Je ne l'accepte pas. C'est la raison pour laquelle la réécriture de la loi pour le Mariage pour tous sera incontournable", a conclu le député du Val d'Oise.
Le gouvernement avait décidé fin juin de ne pas faire appel des arrêts de la CEDH condamnant la France pour son refus de transcrire des actes de filiation réalisés aux Etats-Unis à la suite de naissances par mères porteuses, un refus qui avait suscité des indignations à droite et du côté de la Manif pour tous, qui manifeste de nouveau dimanche à Paris et à Bordeaux.
"Il faudra inscrire dans la Constitution des verrous juridiques pour réserver la PMA aux couples hétérosexuels infertiles et interdire complètement la GPA"
Source: interview au Figaro Magazine, 1er octobre 2014
Nicolas Sarkozy, en exclusivité pour Le Figaro Magazine, dévoile le fruit de deux ans de réflexion. 35 heures, réduction de la dépense publique, âge de départ à la retraite, fonction publique, mariage pour tous... l'ancien président donne ses « idées pour la France ».
Sur le mariage pour tous, on a l'impression que vous êtes embarrassé…
Je n'utiliserais pas ce mot-là. Pourtant, je vais être sincère avec vous: c'est un sujet beaucoup plus complexe qu'on ne le dit et sur lequel notre électorat est très partagé. Pour moi, la famille n'est pas un choix, c'est une nécessité vitale. Nombre de familles se sont senties humiliées par l'attitude du pouvoir. Du coup, elles se sont radicalisées. Nous devons défendre la famille et les familles. Mais qu'on n'attende pas de moi que je fasse avec les familles ce que M. Hollande a voulu faire avec le mariage homosexuel. Il a voulu l'instrumentaliser à des fins politiciennes. Je ne le ferai pas. Mon devoir sera de rassembler les Français sur une position conforme à nos valeurs, sans rouvrir les plaies. Pour le moins, je considère qu'il faudra inscrire dans la Constitution des verrous juridiques pour réserver la PMA (procréation médicale assistée) aux couples hétérosexuels infertiles et interdire complètement la GPA (gestation pour autrui). C'est le seul moyen d'enrayer la jurisprudence dont la Cour de cassation, ainsi que c'était prévisible, pose les premiers jalons. Jamais je n'accepterai la marchandisation de l'enfant.
Vous ne reviendrez donc pas sur la loi?
Les positions dans ma propre famille sont partagées sur ce sujet. Ne nous bloquons pas sur des postures. J'ajoute qu'en attendant nous avons fort à faire pour défendre les familles contre les attaques multiples de ce gouvernement.
"Je n'ai plus peur des mots: réécriture, abrogation, c'est la même chose. S'il faut dire abrogation, ce sera abrogation."
"Je ne me résous pas à voir les règles de la filiation bouleversées à ce point. Je suis contre l'adoption, la PMA et bien sûr la GPA, mais je précise aussitôt qu'il ne s'agit pas de revenir à la situation antérieure ni de démarier les personnes concernées ou de désadopter les enfants adoptés entre la promulgation de la loi Taubira et son abrogation"
Xavier Bertrand est député.
Source: interview à Valeurs Actuelles, 1er octobre 2014
Par Yves de Kerdrel, Raphaël Stainville, François-Xavier Doat, Geoffroy Lejeune
Nicolas Sarkozy a botté en touche sur la question du “mariage pour tous”. Quelle est votre position ?
Je n’ai plus peur des mots : réécriture, abrogation, c’est la même chose. S’il faut dire abrogation, ce sera abrogation. Personnellement, je regrette que nous n’ayons pas tenu nos engagements de 2007 quand nous avions dit que nous ferions évoluer le pacs. Si nous l’avions vraiment fait évoluer vers une union civile avec des droits largement plus complets que dans le pacs et célébrer en mairie, nous n’aurions pas eu ce débat en 2012 et ce pas franchi avec le “mariage pour tous”. Disons-le très clairement : l’union des couples homosexuels, j’y suis favorable. Mais je ne me résous pas à voir les règles de la filiation bouleversées à ce point. Je suis contre l’adoption, la PMA et bien sûr la GPA. Sur ces questions-là, je n’ai pas peur d’utiliser le terme “abroger”, mais je précise aussitôt qu’il ne s’agit pas de revenir à la situation antérieure ni de “démarier” les personnes concernées ou de “désadopter” les enfants adoptés entre la promulgation de la loi Taubira et son abrogation.
Reste que vous êtes de plus en plus isolé sur cette position ?
Quand j’entends certains de mes amis dire qu’on ne pourra pas revenir sur cette loi parce qu’elle est entrée dans les moeurs, je ne m’étonne plus que beaucoup se détournent de la politique. Si on part du principe que ce que la gauche a voté correspond au sens de l’histoire et qu’on n’y peut rien, alors j’arrête de faire de la politique ! Cela voudrait dire qu’on n’a plus aucun pouvoir. Cela traduirait aussi une sorte de victoire idéologique de la gauche. Il y en a marre de cette droite qui s’excuse en permanence, soit de ne pas avoir fait, soit de ne pas pouvoir faire. La gauche ne s’est jamais gênée pour revenir sur des mesures que nous avions votées.
Manifesterez-vous le 5 octobre ?
Je m’associe totalement à la manifestation qui aura lieu ce week-end et j’y serai, comme je l’ai fait les trois premières fois.
"Je serai dimanche prochain aux côtés des manifestants parce que c'est une conviction très profonde chez moi, je considère fondamentalement que chaque enfant a droit à un père et une mère"
Guillaume Peltier est dirigeant du courant La Droite Forte de l'UMP.
Source: interview sur RMC et BFMTV le 30 septembre 2014
AFP:
Peltier (UMP) "espère et souhaite" que Sarkozy abrogera le mariage homosexuel
Paris (France) - 30 septembre 2014 10:55 - AFP
Guillaume Peltier, dirigeant du courant La Droite Forte à l'UMP, "espère et souhaite" que Nicolas Sarkozy, s'il revient au pouvoir, abroge la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, sujet qui divise l'entourage de l'ancien président.
"Je l'espère et je le souhaite", a déclaré M. Peltier sur RMC et BFMTV.
"Je serai dimanche prochain aux côtés des manifestants (opposés au mariage homosexuel, NDLR) parce que c'est une conviction très profonde chez moi, je considère fondamentalement que chaque enfant a droit à un père et une mère", a-t-il indiqué.
"Plus largement, comme Henri Guaino, Laurent Wauquiez et un certain nombre de personnalités de ma famille politique, je ne comprendrais pas qu'une fois revenus aux responsabilité, on ne revienne pas sur une loi qu'on a condamnée, combattue dans l'opposition. La crédibilité politique souffre aussi de cela", a estimé M. Peltier.
L'entourage de M. Sarkozy se divise sur cette question. Lundi, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui s'est abstenue lors du vote à l'Assemblée sur ce projet de loi, a dit ne pas souhaiter que cette loi soit abrogée et souhaite en convaincre l'ancien président qui "a une position ouverte sur le sujet" et "ne s'est pas prononcé dans un sens ou dans un autre."