" Et la terre tourne, tourne, moi je suis là, seule, sans repères. Perdue simplement entre l'indifférence et l'amertume. Une fois n'est pas coutume j'étais, je suis, serais et resterais ce masque pâle aux traits grossiers, rempli de vide et désespoir. Je suis la métaphore humaine de la différence. J'avance puis je recule, je souris avant de compatir , je m'adapte au moule que l'on me donne, je suis comme cette pâte élastique et malléable : je passe d'une main à l'autre, je suis la chaîne de l'engrenage. A fleur de peau , je ne suis que part infime de chacun mais je m'épuise, je passe de mains en mains et je me perds bout à bout , bout par bout ; je suis la chaîne qui s'épuise, le métal usagé, celui dont le prix est au plus bas. Mon âme est une prostituée, elle passe d'une personne à une autre pour assouvir leurs désirs et si c'est choquant peu importe, je suis sale et chiffonnée et ... Oh ! regardez-la ! La coquine, ma coquine d'âme qui s'en va. Au loin pour fuir le destin, eh ! Reviens ! Mon corps est mon âme. Oh, toi fidèle compagne qui seule restait toujours près de moi. Soit abandonnes-moi ! Tous le fond de toute façon ! Vas je ne te blâme pas. Je ne suis plus que la carcasse vague qui trépasse , le temps passe et moi, je m'efface. "