Le problème de l’EPS à l’école
 L'éducation physique (nommée éducation physique et sportive (EPS) dans certains pays) est le nom donné à une discipline scolaire d'enseignement utilisant les activités physiques, sportives et artistiques comme support dans une finalité éducative. On retrouve cette discipline dans le cadre scolaire notamment dans le système éducatif français ou dans le système éducatif québécois.
I. Les problèmes posés par cet enseignement
L’enseignement du sport à l’école en France consiste à enseigner... ce qu’est le sport et la pratique sportive aux élèves tout au long de leur cursus primaire et secondaire. À première vue, aucun problème : une pratique sportive est d’ailleurs nécessaire pour les élèves qui n’ont pas la possibilité de le faire ailleurs, ou bien parce qu’il est important d’apprendre à gérer son corps. Seulement, le problème principal réside dans la notation des performances individuelles, suivant un barème fixe. Ainsi, les élèves ayant de moins grandes capacités physiques obtiennent de mauvaises notes et les élèves faisant déjà du sport ou ayant une bonne forme physique de bonnes notes. Dans le système scolaire français, où les notes et la moyenne générale sont des critères de réussite et déterminent l’orientation des enfants, on obtient donc ce schéma là : les enfants en bonne condition physique réussissent, les autres non. C’est une vision profondément eugéniste et capacitiste de l’éducation, qui se doit d’être totalement réformée. Il n’est pas juste de noter des élèves sur quelque chose d’au moins en partie innée et de stigmatisant comme leur capacité physique. Nous savons que l’école est loin d’être inclusive : l’EPS en est l’incarnation absolue. Les critères de notation sportive sont profondément validistes, sexistes et cis-normés (les barèmes diffèrent en fonction des “sexes” : un garçon transgenre doit donc, selon l’Éducation nationale, choisir entre le barème qui correspond à son genre et avoir une moins bonne note, et le barème qui correspond à son genre assigné, et quid des enfants non-binaires ?). De plus, le modèle dominant des “valeurs sportives” prône le dépassement de soi (qui est dans cette situation validiste, entre autres) et la compétition (ce qui n’est certainement pas anodin politiquement).
II. Une réforme de l’EPS : du sport vers le jeu
Nous l’avons vu, il est nécessaire de réformer l’éducation physique et sportive (si ce n’est la totalité du système scolaire français, soit). Les problèmes de cet enseignement sont majoritairement engendrés par les notes, qui enferment la pratique sportive dans un carcan libéral et eugéniste en glorifiant la compétitivité des individus. Ainsi, on peut raisonnablement exprimer ceci : il faut supprimer les critères de notation qui sont actuellement en vigueur et qui se basent sur les capacités presque uniquement physiques des élèves. Cependant, ça ne suffit pas : même en supprimant les notes, il reste que les valeurs du sport modernes ne permettent pas un épanouissement mental des élèves dans leurs pratique physique.
En ce qui me concerne, je pense donc qu’il faut remplacer la vision du “sport” (qui va avec compétition et dépassement) par celle du “jeu”, pour ainsi établir un cadre plus sain de pratique. Il faut également réfléchir le choix des sports enseignés et pratiqués, qui n’est pas anodin. Par exemple, le badminton vient du “jeu de volant” : pratiqué par la haute bourgeoisie et la noblesse, aspect qui a totalement disparu dans la pratique scolaire : le but est que l’”adversaire” n’attrape pas le volant. Il est facilement constatable que l’on ne perdrait rien à la difficulté sportive du jeu si l’on arrêtait de compter les points, et qu’au lieu d’essayer de gagner on essayait de faire durer l’échange. De plus, il existe des sports dont le règlement témoigne d’une vision de la pratique plus sociale et amusante : l’ultimate en est un exemple admirable.
III. Vers une réforme totale de notre vision du sport ?
Nous pouvons constater aisément que les problématiques constatées se posent plus généralement dans la pratique sportive. Si c’est moins problématique, puisque la pratique sportive non-scolaire n’est pas obligatoire et indépendante, on voit que notre vision du sport elle-même est dérangeante.
Sans vouloir trop vite atteindre le point Godwin, il est établi que : “La pire des compétences du NSRL/DRL fut de parvenir à instiller un esprit d'unité et de fierté aussi bien chez les sportifs et sportives allemand(e)s que chez leurs supporters. Et même si on ne peut l'accepter moralement, de nombreuses pratiques et améliorations du NSRL/DRL (parti national-socialiste/Allemagne nazie) dans le sport restent en usage de nos jours au sein des organisations sportives.“ (Wikipédia : Fédération nationale-socialiste pour l'éducation physique). Ces valeurs de compétition et de dépassement sont profondément problématiques en elles-mêmes, elles prônent une individualité dangereuse d’un point de vue mental ET physique.
Pour conclure, je dirais qu’il est plus que vital aujourd’hui de réformer l’enseignement de la pratique physique scolaire, et que même s’il existe des solutions techniques plutôt rapides à instaurer, il faut faire un travail de fond derrière la manière dont notre société voit le sport.












