Couldn't you spare me from my mind
Non, ce titre ne fait pas référence à mon état d'esprit alors que ça fait plus de deux mois que mon sommeil se dégrade avec la constance et la nullité d'un ministre macroniste. Mais la fatigue n'est sûrement pas étrangère à ce qui m'accroche à ces paroles d'une chanson de Liam Kazar, extraite de son dernier album, Pilot Light (Congrats Records, 2026). J'ai tellement écouté "Didn't you" cette semaine que le morceau a fait son apparition dans mon top Deezer d'avril en première position (malgré le fait que j'ai découvert la chanson le 28 avril).
Liam Kazar est l'un de de ces musiciens que je vois fréquemment en périphérie d'artistes que je connais : sur scène avec Kevin Morby ou Waxahatchee en tant que guitariste, comme un personnage récurrent de la newsletter de Spencer Tweedy (que je recommande mille fois). Cette semaine j'ai écouté Pilot Light pour la première fois, et surtout "Didn't I", amusée et touchée par la simplicité de quelques phrases pour décrire la sensation d'être en pagaille ("I haven't heard my name in seven days", "My wings only fly every other time").  Dans le même genre, et pour poursuivre ma tradition de citer The Golden Dregs à chaque article, "the company of strangers" y parvient dès les premières lignes, quand Ben Woods chante d'une façon presque enjouée : "maybe it's time that I was taken out to pasture / seems lately I've been getting it wrong. / you started crying when the morning came too early".
"Didn't you" est une chanson qui joue sur un registre que j'adore : des paroles dĂ©sabusĂ©es (voire dĂ©sespĂ©rĂ©es) et une mĂ©lodie solaire et tranquille. Dans la mĂŞme famille je mettrais cette chanson des Lemon Twigs (quel plaisir de chantonner "every day is the worst day of my life" comme si c'Ă©tait une comptine), et sĂ»rement plusieurs titres de Bill Ryder-Jones (champion du dĂ©sespoir au point que, pour ma propre stabilitĂ©, l'Ă©coute de ses albums doit ĂŞtre espacĂ©e dans le temps). Si on ne prĂŞtait pas attention aux paroles, "If tomorrow starts without me" serait une chanson purement lumineuse, avec ses violons virevoltants et son refrain qui martèle "I'm with you".Â
La tristesse de "Didn't I" est bien plus douce, presque sereine dans sa résignation. J'ai hâte de voir comment cela se manifestera sur scène, quand je verrai Liam Kazar en juillet, en première partie de Kevin Morby (qui fera alors une entrée fracassante dans le top 3 des artistes que j'ai le plus vus en concert).











