Looking at the moon way too long
J’écris ce texte de bilan musical à l’image de l’année écoulée : en écoutant The Golden Dregs. Les ayant déjà cité deux fois en quatre mois d’existence de ce blog, autant poursuivre la tendance.
En janvier j’étais debout dans le tram en rentrant du travail, découvrant « the company of strangers », un grand sourire aux lèvres. Comme souvent avec de nouvelles sorties musicales, c’était une source d’espoir : la joie de savoir qu’un groupe aimé est de retour, que les prochaines semaines seront ponctuées de nouvelles chanson, d’un album à écouter avec attention, peut-être d’un concert. Depuis il y a eu toute une année à écouter The Golden Dregs dans le bus, à chantonner toute seule « maybe it’s time that I was taken out to pasture / seems lately I’ve been getting it wrong ».
Je dois aussi à Ben Woods des Golden Dregs de très belles découvertes musicales en 2025, notamment grâce à son nouveau label (le parfaitement nommé Joy of Life International). J’ai déjà consacré un texte à Of Iyrn, mais pas encore mentionné ici Langkamer (dont le dernier album, sorti sur Breakfast Records, a été produit par Ben Woods). « Soul Bucket » m’a accompagnée pendant tout l’hiver 2025, mais ce n’est qu’en voyant Langkamer sur scène au festival Supersonic Block Party que je suis me suis plongée dans tous leurs albums. Comment décrire l’expérience de se trouver dans un Café de la Danse surchauffé et bien vide, et de les entendre commencer par « Total Motion » (« Singing songs to empty rooms / mostly to corners and doors ») ? En 2024 j’ai écouté Bonny Doon en boucle pour être réconfortée, et en 2025 c’est la discographie de Langkamer qui a pris cette place.
Je trouve difficile de faire un top des meilleurs albums/chansons de l’année (forcément ce sont mes chansons préférées de l’automne qui me restent en tête aujourd’hui, et je trouve toujours que « My Deezer year » reflète avant tout ce que j’ai écouté au printemps), mais voici au moins certains des albums que j’ai préférés cette année, sortis ou découverts en 2025 :
This is Lorelei, Box for Nuddy, Box for Star, Double Double Whammy (il vient de sortir un album-compilation, peut-être l’occasion de le voir enfin en concert).
Car Seat Headrest, The Scholars, Matador Records (je n'en reviens pas de ne pas les avoir découverts avant cette année : au moins il me reste une décennie d'albums à explorer).
Dove Ellis, Blizzard, Black Butter Records (l’album n’a même pas un mois, je sais déjà que je vais continuer à l’écouter en boucle en 2026)
Cameron Winter, Heavy Metal, Partisan Records (cet album a ponctué mon hiver, tout comme Getting Killed est la bande-son de ma fin 2025).
Pour ne pas laisser croire que mon bilan musical n’a qu’un seul parfum (la mélancolie), je me dois de mentionner « Bloom baby bloom », le premier single du dernier album de Wolf Alice : une chanson comme une armure, chaque note de piano donne le sentiment d’être invincible. C’est un des groupes que j’ai préférés voir sur scène cette année, pour l’énergie radieuse dégagée, et la joie de chanter en coeur « How can I make it Ok ? » avec tout le Zénith. Je suis toujours particulièrement touchée de l’affection qui parfois transparaît entre les membres d’un groupe, entre un-e artiste et son public. Cette année, je l’ai particulièrement ressentie devant Lescop à la Maroquinerie, et en admirant The Beths tisser une succession d’anecdotes pour présenter chaque membre du groupe (pendant un concert formidable du début à la fin, alors même qu’on venait de leur voler leurs instruments la nuit précédente).
2025 marque aussi la troisième année d’une espèce de tradition musicale : aller voir en concert au printemps un groupe, actif depuis les années 1990, dont j’apprécie quelques chansons, et passer les mois précédents à explorer sa discographie dans l’ordre chronologique. Tout a commencé par Yo La Tengo en 2023, Belle & Sebastian en 2024, et désormais Wilco en 2025. Peu de choses m’ont semblé aussi belles que l’enchaînement Wishful Thinking - Company in my back qui a ouvert le concert.
Enfin, ayant justement découvert The Golden Dregs en première partie d’Ezra Furman au Trabendo (2022), je repensais aux premières parties de cette année de concerts, en me demandant lesquelles resteraient avec moi. Tout le dernier album de Westerman est hypnotique, mais je recommande de commencer par « Adriatic ».