Marine Koubagera 22 ans
Depuis combien de temps jouez-vous au rugby ?
J'ai commencĂ© le rugby par une initiation en derniĂšre annĂ©e de primaire. Ce sport avait Ă©tĂ© intĂ©grĂ© dans les programmes de certaines Ă©coles, et j'avais particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©e. Mais je faisais dĂ©jĂ beaucoup d'activitĂ©s Ă cĂŽtĂ© et je goĂ»tais au rugby grĂące Ă ma famille avec un pĂšre mordu, mon cousin jouait au Racing MĂ©tro, ma tante y Ă©tait bĂ©nĂ©vole d'ailleurs. J'y suis retournĂ©e par Ă©limination vers 13 ans parce qu'il Ă©tait trop tard pour intĂ©grer, cette annĂ©e lĂ , les jeunes sapeurs pompiers, et la passion nĂ©e il y a quelques annĂ©e sans mĂȘme que je ne le sache vĂ©ritablement a Ă©clot. Ce fut une annĂ©e merveilleuse, en mixte, oĂč ma mĂ©diocritĂ© sur le terrain n'avait d'Ă©gal que les tranches de fous rire avec mes mecs. Nous sommes mĂȘme partis ensemble au tournoi mondial des enfants, on nâĂ©tait pas de taille mais on a ris et on est rentrĂ© encore plus passionnĂ©s qu'avant. S'ensuit alors quelques annĂ©es sans pratique, jusqu'Ă mes 16 ans, en milieu de premiĂšre, oĂč j'ai fait partie de la fameuse Ă©quipe fĂ©minine des Vaseix. :D Des annĂ©es de folies oĂč j'Ă©tais plutĂŽt Ă l'aise sur le terrain Ă 7. J'ai commencĂ© le rugby Ă XV, Ă cĂŽtĂ© de mes entrainements Ă 7 en deuxiĂšme annĂ©e de BTS (19ans). Mais cette annĂ©e s'est mal passĂ©e et je n'avais clairement pas le niveau pour ĂȘtre sur le terrain, j'ai donc arrĂȘtĂ© un an pour reprendre une merveilleuse annĂ©e.
 Quels ont été vos postes respectifs ?
Enfant, je ne peux me rappeler les postes que j'occupais mais remplaçante Ă©tait mon poste habituel, mascotte, protĂ©gĂ©e, pas vraiment joueuse mais volontaire et prĂ©sente quoiqu'il arrive. A 7 Ă©galement les postes ne sont pas vraiment rĂ©partis mais j'Ă©tais avant ou, allez comprendre, ailiĂšre quelques fois. Mais le poste que je prĂ©fĂšre, c'Ă©tait capitaine. De la fiertĂ© Ă la responsabilitĂ©, tout me plaisais dans ce poste. A XV j'ai d'abord jouĂ© troisiĂšme ligne aile. Si je jouais Ă ce poste en tant que remplaçante et par dĂ©faut (niveau trop mĂ©diocre), je l'adorais !! Et puis j'ai finalement connue une annĂ©e merveilleuse au poste auquel je ne voulais surtout pas jouer plus jeune, pilier. Pilier gauche, une affaire de caractĂšre plus que de gabarit dans notre Ă©quipe oĂč nous avions parmi les plus petit pilier de notre divisions, les piliers, des appuis solides, des cuisses solides, une tĂȘte solide, un cĆur gros comme ça, un guerrier dans les yeux, du courage pleins la tĂȘte et surtout la mĂȘlĂ©e derriĂšre, la mĂȘlĂ©e, les avants la partie la plus cohĂ©rente et la plus soudĂ©e d'une Ă©quipe.
Pourquoi avoir choisi ce sport ?
Peut ĂȘtre un peu tout mais avec quelques chemins tortueux, j'avais ignorĂ© le premier appel de la passion. La vie s'est chargĂ©e de me remettre sur le chemin de mon destin. Une passion, ça ne cherche pas, elle vient Ă nous. Mais je dirais qu'aujourd'hui je l'aime pour son esprit, ses valeurs, ses copines (qu'on ne pensait jamais avoir, nous les filles qui n'aimons pas trop les filles en gĂ©nĂ©ral). J'aime le rugby pour ce qu'il est un sport chargĂ© d'une histoire et d'un mode de vie bien particulier, de l'amour et du partage et de quelques bastons...ou boissons peut ĂȘtre ?!
Le jeu est-il de celui des hommes ?
Bien sĂ»r, un match fĂ©minin et un match masculin n'auront jamais la mĂȘme intensitĂ© comme dans tous les domaines oĂč la force physique rentre en jeux. Les diffĂ©rences morphologiques sont de nature Ă diffĂ©rencier les hommes et les femmes. Cependant, nous avons apprivoisĂ©s ce jeu masculin. Nous nous l'approprions, nous ne pratiquons pas un sport diffĂ©rent, nous le pratiquons diffĂ©remment avec nos aptitudes de femmes. Et comment dire que ce jeu est celui des hommes quand dans chaque club il se fait des joueurs qui admirent et rendent hommage aux qualitĂ©s rugbystique de certaines joueuses de leur club ?!
Selon vous, es-ce que le rugby féminin est assez valorisé ?
Et tout comme le hand qui jusqu'Ă rĂ©cemment, malgrĂ© ses nombreux titres, se faisait discret sur nos Ă©crans. Petit Ă petit, le rugby fĂ©minin apprivoise les mĂ©dias de la tĂ©lĂ©vision (match retransmis sur la 14) et des radios sportives mais Ă©galement son public. Si aujourd'hui de plus en plus de filles pratiquent ce sport, c'est qu'il est clairement de moins en moins jugĂ© comme un sport de bourrin. On y voit beaucoup plus son cĂŽtĂ© noble. Et s'il est de plus en plus valorisĂ© pour les initiĂ©es (championnat fĂ©minins dans les lycĂ©es, fac, trophĂ©e des femmes, initiations, TrophĂ©e Andros), je pense qu'il mĂ©riterait d'ĂȘtre beaucoup plus mis en avant auprĂšs du grand public.
Sinon quels sont les moyens pour promouvoir ce sport ?
La pratique, la pratique, la pratique, plus il y aura des pratiquantes plus le rugby se fera connaĂźtre. Plus nos aĂźnĂ©s pratiqueront et nous feront rĂȘver (hommes et femmes), plus nos petites et nos jeunes voudront pratiquer ce sport. Mettre en avant la rĂ©alisation de quelques, le fait de faire partie de quelques chose de grand et qui fait rĂȘver, de partager des valeurs dans une communautĂ©, mettre en avant l'esprit famille du rugby, cet esprit qui fait que partout oĂč on se retrouve avec un passionnĂ©, on se comprend, on s'entraide parce qu'au delĂ de nos Ă©quipes respectives notre passion nous rassemblent en une communautĂ© gĂ©ante.
Comment voyez-vous le futur du rugby féminin ?
Je vois de plus en plus d'inscrites, de plus en plus de mordues et de passionnées et donc plus de clubs, plus de challenges, plus de divisions, mieux structurés, des championnats mieux organisés, plus d'adhérentes donc plus d'argent pour faire une place encore plus importante aux féminines dans les clubs. Mais je le vois surtout retransmis sur les chaßnes publiques et pourquoi pas toujours plus dans les magazines spécialisés. Par exemple, le hors série du midol (ndlr : le Midi Olympique), il y a deux ou trois mois.














