Relire chaque post, à la recherche des bouts de Mathieuchat. Deux phrases sur l'homme qui s'endort comme un petit chat contre moi. 10 ans, sûrement plus.
Et pourtant je me rappelle de la première fois dans le premier bar, de ce sourire, des yeux qui pétillent, du pull blanc, du verre de vin. De la première nuit, câline et timide. Des câlins, des gratouilles. De la grande distance au début et de petit à petit se confier, pleurer, lui demander de venir quand ça n'allait pas, de sa présence toujours.
Des mois et des années à se retrouver quand les coeurs étaient trop abîmés. Des films. Des muffins. Du vin. Les matins où tu m'amenais à la fac. Les pensées qui se perdent "et si c'était lui...", ne jamais creuser, ne jamais en parler, s'empêcher d'imaginer.
2019. Un été, une semaine chez lui, une semaine studieuse, une semaine de câlins, de discussions, de sexe, de sourires, l'apaisement, la safe place.
Un an plus tard, l'invitation au barbecue avec ses amis, avoir peur d'y aller et perdre le contact.
2020. L'am(i)oureux, le bébé poisson et la perte de moi.
Le retour à Montpellier pour quelques jours, les pensées qui se perdent et le retrouver le temps d'une nuit, le sourire plus beau, le sexe, les bras plus grands, les draps tout doux, la sueur, les discussions, les câlins, nos gratouilles. Se sentir bien, se sentir vivre, se perdre à imaginer très fort, trop fort. "et si, et si, et si".
Mais maintenant il y a mon petit poisson et même si l'amour est parti il faudra faire semblant quelques temps, oublier la passion, l'envie et assumer les choix.
C'était peut être trop facile avec toi, pas assez de drama, trop gentil, trop sincère, pas assez mystérieux, pas assez égoïste, trop débrouillard, trop accessible, trop droit, trop motivé, trop sûr de toi, trop lisse pour celle d'il y a quelques années.
Et pourtant tu étais celui que j'appelais quand je faisais une crise d'angoisse, celui qui avait amener un paquet de pâtes et une bouteille de vin après les inondations, celui qui venait me chercher quand j'étais ivre, celui qui m'a accueillie chez lui quand je n'ai plus eu de maison où me reposer l'été, celui qui s'est toujours intéressé, celui qui n'a jamais critiqué, celui qui faisait à manger, celui qui faisait attention, celui qui amène un verre d'eau avant de dormir, celui qui prend les devants, celui qui demande si ça va, celui qui dit que je suis belle, celui qui fait des câlins, celui qui regarde en souriant, celui qui propose encore son aide aujourd'hui.
Mais il y avait le Grand monsieur, le grand drama, le grand amour, la grande passion, la grande douleur, maintenant il y a l'am(i)oureux, le bébé poisson et la grande solitude.
Et si. Et si j'avais fait l'autre choix cet été là. Il n'y aurait pas eu bébé poisson mais il y aurait la liberté, les anecdotes drôles, la vie qui change tout le temps, le travail à Montpellier, l'attention, celui qui se débrouille, la simplicité, la vie qui avance, le vélo, la piscine, les gratouilles, le souffle sur tout le corps, le plaisir des corps qui se rencontrent, les vinyles, respirer, bouger, mais ce n'est pas ce que j'ai choisi.
Maintenant il y a mon bébé poisson et je dois assumer, pour lui, parce que lui n'a rien demandé, parce que lui je l'aime pour toujours.
Rêver de ton sourire et vivre la grande déception du coeur en silence.