Fluxus Game de Farid Berki
La compagnie Melting Spot ouvre le bal de Suresnes cités danse avec une création emblématique de l’édition 2015 qui voit le hip hop élargir son aire de jeu aux techniques numériques, aux arts du cirque et au merveilleux.
Trois complices que Farid Berki convoque pour tisser trois pièces chorégraphiques qui s’emboîtent comme des poupées russes dans un univers en trois dimensions. La musique suit le mouvement qui balaie trois époques, de Stravinski aux contemporains, avec un détour par le dessin animé. Fluxus Game est une œuvre ciselée à la virgule près, même si le chorégraphe, qui aime ponctuer sa danse comme son discours, laisse ici le flux et le reflux libres de leur va-et-vient.
Fasciné par le mouvement perpétuel de la mer ou des derviches tourneurs, il lance huit danseurs à l’assaut d’un territoire qu’il n’avait pas encore exploré. Et le corps collectif s’empare de l’espace, l’avale, le « colonise », au prix d’une gestuelle pointue qui respire l’enthousiasme et le plaisir de jouer la partition ensemble.
L’expérience Vaduz 2036 a été riche en enseignements quant aux processus de composition singuliers qu’elle met en jeu et révèle. Ce que j’ai pu expérimenter, je souhaite le poursuivre dans mon prochain projet mais dans une autre tonalité.
En effet, je pense être au début d’une nouvelle manière de concevoir l’écriture d’une pièce chorégraphique. Avant d’évoquer mon désir artistique, il me faut revenir sur le contexte qui a permis d’imaginer cette nouvelle pièce.
J’ai en 2013 répondu à une commande chorégraphique de la Grande Halle de la Villette et de la Cité de la musique. La proposition qui m’a été faite fut de mettre en place un projet participatif autour du Sacre du printemps avec 70 adolescents de Paris et sa banlieue.
Durant cette aventure, j’ai partagé la scène avec l’Orchestre Les siècles dirigé par François-Xavier Roth, auquel j’ai associé quatre danseurs de ma compagnie. Or le Sacre du printemps est une pièce courte ; ainsi j’ai proposé en complément de ce programme la création d’une seconde pièce pour trois danseurs avec la complicité du vidéaste Laurent Meunier qui opérait déjà sur Vaduz.
Cette pièce musicale, le Scherzo fantastique n°3 de Stravinski, m’a permis de créer une pièce festive proche du dessin animé et de la comédie musicale. C’est à partir de cette petite aventure a priori sans lendemain que je désire m’appuyer pour déplier, étirer un long fil de soie. Développer une pièce dans laquelle le plaisir, le partage, l’extase et le jeu seront au centre des attentions et des intentions.
Mon objectif est de tenter une approche par le mouvement et non par le sens. L’équipe artistique sera globalement la même que celle de Vaduz. Huit danseurs pour trois pièces qui s’emboitent l’une dans l’autre pour n’en faire qu’une.
Donc trois périodes de travail pour chaque partie et une phase finale avec toute l’équipe.
Trois pièces qui n’en font qu’une comme :
Les facettes d’un « rubik’s cube » ou trois poupées russes,
Trois dimensions, aller plus loin dans la recherche vidéo et explorer la 3D à l’aide de la « kinect » l’interactivité danse-vidéo,
Trois registres ou univers musicaux issus de trois époques (Stravinski, musiques de films et dessins animés, musique contemporaine).
Dans la danse comme dans la parole j’ai toujours été étonné voire imperméable à la notion de flux continu ou logorrhée.
Il m’a toujours semblé que lorsque l’on parle, que l’on écrit ou que l’on danse ; on doit nécessairement utiliser de la ponctuation pour donner du sens ou se faire comprendre. Quand une phrase est composée d’éléments qui ont la même valeur mais qui n’a pas de ponctuation on s’approche de l’ennui ou de la folie. Et pourtant, lorsque je vois un derviche tourneur, je me sens emporté par la sensation d’ivresse et l’extase que cela procure. Il en est de même pour le flux et le reflux de la mer qui entête et apaise.
Comment être ensemble tout en restant différent ?
En même temps j’aimerais traverser, par le jeu, le plaisir collectif d’être ensemble. Dans mes habitudes corporelles, je suis souvent dans un espace proche. Comme je n’aime pas les habitudes, je me dis qu’il est encore possible de changer : envahir l’espace, l’avaler, se projeter, occuper une partie de ce territoire qui m’est inconnu, le coloniser...
J’ai plutôt l’habitude d’injecter dans mes pièces des ruptures de rythme, de tonalité, des bascules de registre gestuel, des temps soudains. De même, que ma gestuelle s’appuie souvent sur la suspension, l’hésitation, l’amorce du mouvement, le déséquilibre.
Dans cette nouvelle aventure je propose de jouer entre la simplicité affirmée du corps collectif et la sophistication gestuelle. L’enthousiasme et la générosité.
Farid Berki, décembre 2013
Farid Berki a fait l'ouverture du 23ème festival cité danse de Suresnes, avec Fluxus Game
Chaque danseur est bon individuellement, mais le metteur en scène n'a pas réussis à faire une chorégraphie homogéne où un ensemble se forme et fonctionne.
Une belle utilisation de la lumière, quelques beaux moments mais gràce à des individualité.
Un spectacle en trois tableau dont le second n'apporte pas grand chose au spectacle
en Espérant que le reste de la programmation sera plus inspiré