ta jupe qui danse

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@puisquenousnavonspasdenom
ta jupe qui danse
je ne sais pas quand tu as arrêté de me prendre dans tes bras
les pommiers du jardin. je ne sais pas qui les a plantés, je devrais te le demander. en été, les pommes sont si lourdes qu’elles tombent ; il n’y a plus qu’à se pencher au sol pour les ramasser. les légumes et les fruits que tu cultives ont toujours eu meilleur goût que les autres
tu t’occupais des vaches ; une trentaine, environ. tu les connaissais toutes par leur nom. tu récupérais leur lait, et vendais les veaux pour avoir de l’argent. pendant ce temps-là, les génisses paissaient dans les prés, jusqu’à leur tour venu. toi et grand-père n’étiez pas propriétaires de votre ferme. à ta retraite, tu as vendu tes vaches. j’étais enfant mais je me souviens t’avoir vu pleurer quand elles sont parties à l’abattoir. est-ce que je l’ai imaginé ?
j’aimerais porter le même nom que ma grand-mère, le voir inscrit sur mes papiers. le nom, c’est aussi ce qui nous lie avec un lieu, avec un territoire. c’est une histoire sensuelle entre les corps et la terre
j’aimerais demander à ma mère pourquoi elle n’a pas choisi de transmettre son nom à ses enfants. peut-être que cette idée ne lui a pas traversé l’esprit, peut-être qu’elle était heureuse de prendre le nom de son mari
quand ma grand-mère s’est mariée à l’église, elle a juré obéissance à mon grand-père.
ma mère n’a pas juré obéissance à mon père.
Premiers articles du chapitre VI du Titre 1 du Code civil de 1804 intitulé : « Des droits et des devoirs respectifs des époux » :
212. Les époux se doivent mutuellement fidélité, secours, assistance.
213. Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari.
214. La femme est obligée d’habiter avec le mari, et de le suivre partout où il juge à propos de résider : le mari est obligé de la recevoir, et de lui fournir tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie, selon ses facultés et son état.
215. La femme ne peut ester en jugement sans l’autorisation de son mari, quand même elle serait marchande publique, ou non commune, ou séparée de biens.
216. L’autorisation du mari n’est pas nécessaire lorsque la femme est poursuivie en matière criminelle ou de police.
217. La femme, même non commune ou séparée de biens, ne peut donner, aliéner, hypothéquer, acquérir, à titre gratuit ou onéreux, sans le concours du mari dans l’acte, ou son consentement par écrit.
Comment un traumatisme peut-il se transmettre à des générations qui ne l’ont pas vécu ? Sommes-nous les gardiens du passé de nos ancêtres ?
“ La notion de “post"mémoire” désigne la relation que la “génération d’après” entretient avec le traumatisme personnel, collectif et culturel subi par ceux qui l’ont précédée, avec des expériences dont elle ne se souvient que par le biais d’histoires, d’images et de comportements au milieu desquels elle a grandi. Mais ces expériences lui ont été transmises si profondément et avec tant d’émotions, qu’elles semblent constituer une mémoire en tant que telle. “
la chambre de Mamie
Le système onomastique a-t-il un genre ?
Dans un article consacré au nom de famille, une juriste pose une question récurrente : « Le système onomastique a-t-il un genre ? » La réponse affirmative donnée ne surprendra pas. S’il est certain que l’évolution du droit et des mœurs conduit à plus d’égalité, le nom reste, en droit civil, une des dernières règles reflétant les rapports hiérarchiques de pouvoir entre les hommes et les femmes dans la famille. Le nom des femmes, comme mères ou épouses, semblent encore aujourd’hui être le reflet de ces rapports de pouvoir. Que dit le droit exactement de la transmission du nom des mères ? Depuis la loi du 4 mars 2002, l’égalité s’est apparemment affirmée dans la substitution du « nom de famille » au « nom patronymique ». Cela signifie que les parents peuvent transmettre à leur enfant soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit les deux noms accolés dans l’ordre qu’ils choisissent et dans la limite d’un nom de famille pour chacun d’eux. La mère, qu’elle soit mariée ou non, peut donc, depuis cette date, avec l’accord du père, transmettre son propre nom de famille à l’enfant commun. Encore faut-il pour cela que les deux parents en fassent la déclaration conjointe devant l’officier d’état civil. À défaut, l’enfant prendra le nom de son père dès lors que la filiation de l’enfant aura été établie simultanément à l’égard de ses deux parents, ou, sinon, le nom de celui à l’égard duquel la filiation a été établie en premier lieu. Les règles ne sont pas les mêmes en cas d’adoption. En effet, depuis la loi du 17 mai 2013 qui ouvre l’adoption aux couples mariés de même sexe, il est prévu que les parents adoptifs peuvent aussi choisir le nom dévolu à leur enfant par déclaration conjointe mais, à défaut de déclaration, l’enfant prend le nom de chacun des parents adoptifs accolés dans l’ordre alphabétique dans la limite d’un nom de famille pour chacun. La solution a été voulue pragmatique puisque, dans cette hypothèse, en présence de deux pères ou deux mères, il était évidemment impossible de prévoir la transmission automatique du nom du père !
Ce qui est intéressant, ce sont donc les règles supplétives de transmission du nom, celles qui s’appliquent en l’absence de volonté déclarée des parents. Elles ne sont pas identiques selon que l’enfant est ou non adopté. La prévalence de la transmission du nom du père a été conservée dans le second cas. On peut se demander pourquoi, alors même que la question a été particulièrement débattue lors du vote de la loi de 2013. Pourquoi n’a-t-on pas finalement, à cette occasion, mis définitivement fin à cette transmission du nom du père, en alignant les règles de dévolution du nom ? On aurait pu prévoir, dans tous les cas, qu’à défaut de libre choix par les parents, l’enfant porterait le nom de ses deux parents accolés par ordre alphabétique. C’est d’ailleurs la solution qui prévaut dans certains États voisins comme l’Espagne. suite :
https://www.cairn.info/revue-clio-femmes-genre-histoire-2017-1-page-316.htm?contenu=article
Frédérique Le doujet-thomas, « Nom de famille et nom d'usage : le système onomastique a-t-il un genre ? »
in Stéphanie Hennette-Vauchez, Marc Pichard & Diane Roman (dir.), La Loi & le Genre. Études critiques de droit français, Paris, CNRS Éditions, 2016
ma grand-mère a peu voyagé. elle a rarement quitté son village
la mer est à 7 km, à peine. elle ne la voit jamais, de toute façon elle ne sait même pas nager.
garder les vaches ça ne laisse pas de temps pour se balader
un jour quand mon grand-père est décédé ma mère m’a dit que ça ne se faisait pas, de porter les vêtements d’un mort.
quand ma grand-mère me quittera, je porterai ses vêtements, je lui ferai arpenter le monde avec moi je lui ferai visiter des jardins
mon grand-père et ma grand-mère étaient paysan.ne.s. désormais ce mot sonne désuet
aujourd’hui, on parle plutôt d’agriculteur.rice, de cultivateur.rice.
pourtant le mot paysan.ne est simple et beau