La voir ainsi dévêtue, avec son teint basané sous les rayons du soleil, languissante sur sa chaise longue, réveillait en moi des élans de jeune homme en devenir, avide de prouver ma grandeur, ma virilité et ma puissance. Regarde-moi ! Regarde comme je me suis épanoui, comme j’ai grandi ! Depuis mes premiers émois à cause d’elle, j’avais tout fait pour paraître fort, et avoir un charme ravageur : des exercices les plus tortueux aux entraînements les plus alambiqués, pour ciseler chacun de mes muscles et durcir mon buste ; puis par des frissons insoupçonnés, j’ai été amené à mes premières découvertes charnelles, avec de douces dulcinées qui n’ont jamais réussi à sortir de l’ombre de la femme à mes côtés... Ainsi me tenais-je transi de bonheur de pouvoir la contempler innocemment, jusqu’au moment où je commençais à sentir le tissu de mon boxer se resserrer autour de mon membre fièrement dressé. Elle, elle continuait à se laisser caresser par le soleil, hâlée par le moindre rayon, sans se douter qu’elle illuminait mon corps, à ainsi jouir de son exposition. Alors j’eus cette vision. Elle était à ma merci ! Et si?... Elle était allongée, les yeux fermés, la peau encore légèrement humide... Je n’en pouvais plus, je la voulais, elle était à moi. Elle me regarda et me sourit, me complimenta, puis elle posa ses yeux sur mon torse bruni par Hélios et ses mains glissèrent lentement sur mes abdominaux et descendirent le long de mon chemin d’Adam, tandis que je m’avançais au plus près de son corps aux contours parfaits. Ses lèvres charnues se mirent à bouger et je ne perçus aucun son, si ce n’était le battement accéléré de mon cœur.
Nous avions bien cinq ans d’écart, et très peu de points communs. Elle, exquise et convoitée, entourée d’amis et de prétendants, était sans cesse couronnée de succès. C’était une nageuse hors pair, une aventurière qui arpentait les villes du monde entier en quête de trophées et médailles à sa gloire. Moi, j’étais le petit dernier, celui qu’on surnommait jadis, le vilain petit canard, le timide chétif et faible. Je venais à peine de me remettre de ma période de puberté, où je m’étais beaucoup cherché. Enfants, nous étions très proches, nous partagions tout, des jouets aux parties de jeux...parfois même le bain, lorsque notre mère voulait gagner du temps. Une fois ou deux, nous avions même dormi dans le même lit, lorsque j’avais encore peur du noir. Et cette aura protectrice qu’elle m’inspira me suivit durant toute mon adolescence. Avec le temps, elle s’éloigna de moi, suivant les pas des jeunes filles en fleurs. Pour ma part, je n’étais pas en reste, car mon corps se développa rapidement, m’offrant un corps à la fois svelte et auguste. Sur le modèle de cette sœur parfaite, je me mis à entretenir cette musculature de jeune premier, pour en mesurer les effets auprès de la gent féminine. Populaire parmi mes pairs, je gagnai en expérience et en agilité, tandis que je nourrissais ces sentiments ambigus dans le plus grand secret. Incertain de leur nature, je les refoulais sans relâche, ayant conscience de leur offense et de leur dimension contre-nature. Enfants, nous aimions tous braver des interdits, et cela participait à notre accomplissement.
Mais pour moi, les petits défis puérils en appelaient un plus grand encore. Le plus merveilleux d’entre tous : Elle. Se faisant de plus en plus rare à la maison, parfois au bras de quelque avorton, ma sœur avait cessé de me considérer dès lors qu’elle connut ses premiers émois. Elle m’aimait en tant que petit frère, et me respectait pour cela. Elle avait bien tenté de m’introduire dans son cercle d’amis, et de m’inculquer des leçons de vie, en vain. Mes complexes m’empêchèrent d’être réceptif à ces moments où elle me tendit la main pour m’aider à grandir. Je n’avais pas besoin d’elle pour cela. Mais je voulais être prêt pour le moment où elle aurait besoin de moi. Il me sembla qu’elle se réjouissait de me voir gagner en prestance et allure. Soucieux de mon apparence, je pris effectivement beaucoup de soin à me donner un style avant- gardiste et un corps sculpté. Je mis peu de temps à comprendre ce qui plaisait aux femmes, et j’appris à rapidement les faire succomber. Tandis que je leur prodiguais délices et plaisirs à foison, je n’avais d’yeux que pour Elle. Mon expérience devait me servir à pouvoir assouvir des pulsions et envies, mais avant tout, les siennes.
Malgré les liens qui nous unissaient sans même que nous en eûmes décidé ainsi, il me semblait que le temps nous imposait non seulement une distance mais aussi une terrible ignorance. Ma sœur n’était plus celle qui partageait tout avec moi en riant aux éclats. Elle s’épanouissait à la lumière de son succès tandis que je restais dans l’ombre de sa grandeur. Ah ma sœur, cette grande et belle inconnue, vive et preste comme un oiseau, et déjà loin du nid familial. Et c’est à ce moment que mes pulsions charnelles prirent le dessus. Lorsque je pris conscience que nous n’étions plus deux poussins dans un même nid, mais bien deux tourtereaux, dans un espace de liberté dont nous définissions nous- même les limites. Aussi, pourquoi me serais-je privé de penser et ressasser ces visions et sensations ? Bien que moralement interdites, elles ne nuisaient à personne d’autre qu’à moi. De fait, rattrapé par la culpabilité d’une découverte du subterfuge par mes géniteurs, par la folie de ce raisonnement, mes tourments ne me quittèrent plus.
J’étais plus grand qu’elle désormais, et sa pose de diva allongée me permit de rapidement maîtriser le moindre de ses mouvements. Je lui saisis la taille d’une main et passa l’autre main derrière ses longs cheveux pour attraper sa nuque gracile et fine. Le contact de sa peau se répandit dans tout mon corps et encouragea cette avancée prodigieuse et impulsive. Je voulais la pénétrer et ressentir la chaleur de son corps, entourant le mien. Mon regard tout d’abord, la couvrit entièrement pour mieux complètement la dévorer des yeux. Puis mon visage se rapprocha du sien, qui affichait un sourire angélique et emprunt d’un désir décuplé. Elle se laissa faire avec une douceur désarmante. Ma langue se délecta de cette bouche sucrée, de cette langue encore hésitante et pourtant expérimentée. Et maintenant, ses mains répondaient à mes assauts, en grimpant le long de mes dos. Elle me saisit les hanches pour venir me placer sur elle, chaque jambe du côté de la chaise longue, seul témoin du mouvement de nos corps qui se découvraient. Ce plaisir interdit ne trouva écho que dans la légère brise qui vint recouvrir nos corps ainsi rapprochés.
Pourtant, elle n’était plus mouillée. Sa peau avait retrouvé sa douceur, je pouvais sentir ses infimes poils s’hérisser au contact des miens. Mes mains se détachèrent alors de ses courbes gracieuses, pour glisser imperceptiblement vers sa cavité la plus mystérieuse. Ses jambes, habituellement si puissantes lorsqu’elle faisait du sport, n’étaient pas raidies par des muscles sollicités. Aussi fut-ce aisé de passer mes bras sous ses cuisses et les relever, pour mieux accéder à la seule faille qui l’avait jamais caractérisée. A travers le fin tissu de son bikini couleur parme, je pouvais déjà effleurer son sexe, avec les doigts, puis avec mon visage, mon nez aquilin, mes lèvres de jeune premier. Quelle ne fut pas ma surprise quand elle m’aida à défaire les liens qui retenaient cette partie du bikini, pour s’offrir à moi sans retenue. Elle s’agrippait à mes cheveux tandis que je laissais ma langue explorer sa peau, sa chair, goûtant à ce liquide de joie et de félicité. Goulûment, ma bouche savoura cette ouverture qui se donnait à moi, tandis que mes mains caressaient sauvagement l’arrière de ses cuisses et ses fesses rebondies et bien fermes.
Ayant relâché son étreinte, elle me supplia, haletante, gémissante et absolument ravissante, de l’embrasser, de la pénétrer, de la posséder. Ce que je mis à exécution avec la plus grande facilité. J’eus à peine le temps de réaliser que j’étais nu et que mon gland frôlait déjà l’entrée si étroite de son vagin, que mon sexe pénétra dans le sien. Fort du contact de ces parois affolantes et charnelles, je me mis à explorer avec acharnement et vigueur cette profondeur sacrée, qui desserrait progressivement son étau. Tandis que j’allais et venais en elle avec force, je pouvais profiter de tout son corps par ailleurs, qui tremblait au moindre de mes mouvements, et qui se tordait de plaisir sous mes caresses à la fois tendres et sauvages. Et quoi de plus beau que des seins remplis de bonheur, qui se dressèrent et n’attendirent plus que je prenne soin d’eux ? A présent complètement nue, ma muse m’entoura de ses bras et hélait de joie lorsqu’elle sentit qu’elle était prise au piège. Tandis que je gobais ses fermes seins, j’accélérai mes mouvements de bassin pour mieux toucher ses moindres recoins. Nous étions deux, nous ne faisions plus qu’un. A nous arracher aux conventions et normes qui nous avaient toujours cadrés, à nous jeter dans ce gouffre sans fond du plaisir et du sexe, nous étions seuls au monde.
Je ne m’étais jamais senti aussi vivant. Elle ne m’avait opposé aucune résistance et était en train de succomber à ce moment intense et surprenant. Je n’étais jamais rassasié. La moindre parcelle de son corps restait à découvrir, et à l’agilité de mes doigts et de mon sexe, répondait une sensibilité et une souplesse absolument incroyables. Après nos premiers ébats, la fougue et l’envie de toujours aller plus loin et plus fort encore nous taraudait. Mais ainsi exposés, il nous était impossible de jouir de l’espace à notre portée. Elle me gardait en elle et je restais. Mais je ne devais pas faiblir, pas maintenant ! J’avais tellement attendu ce moment...Il m’en fallait plus. Mais je pris mon temps. Je ralentis mon rythme pour mieux m’attarder sur ses cheveux, son front, ses yeux, son nez, son menton, ses joues, son cou, ses épaules, que je caressais avec mes lèvres et ma langue. Enfin, je finis par émerger du creux de sa nuque pour mettre mon visage au- dessus du sien et lui sourire à mon tour. Le champ des possibles était désormais ouvert et je savais que je pouvais la faire jouir avec toute l’endurance et la créativité d’un amant insatiable. Mais afin de parfaire ce premier moment, je la surpris en reprenant mes mouvements de plus belle, pour enfin libérer ce qui allait être mon premier déversement en elle. Nous échangeâmes de langoureux baisers, lents et passionnés, qui exprimaient tout ce qui avait été enfoui jusqu’à présent. Notre complicité déjà acquise par les liens du sang, venait d’être magnifiée par l’enchevêtrement de nos corps qui fusionnaient merveilleusement. Nous savions que ce n’était que le commencement, et que notre immense demeure abriterait tous nos secrets. Le nombre de pièces anguleuses, de recoins déserts, de lits dépareillés, de tapis et de fourrures, de lieux...Il fallait cependant être prudent et discret, car la maîtresse des lieux, notre mère, était présente dans la bibliothèque où elle passait le plus clair de son temps, afin de s’évader de son quotidien morose et sans saveur. Nous avions commencé, nous ne pouvions plus arrêter. Il nous fut impossible de patienter jusqu’à la tombée de la nuit pour nous faufiler dans un lit. Alors, sous des rires étouffés, nous rejoignîmes la maison pour poursuivre ce jeu, qu’il nous fallait impérativement gagner.
Rhabillés à la hâte, nous entrâmes dans la maison mais ne nous regardions plus. Dès que le chambranle fut franchi, c’est comme si nous étions traversés par un désintéressement apparent, comme si, le désir ne se montrait plus, s’effaçait, puis brutalement revenait. Tandis que je n’osais plus poser le regard sur elle, elle ne me quittait pas des yeux. Elle voyait que j’avais peur, peur de ce que nous venions de faire, de cette transgression des liens. Nous parvînmes à gagner le hall d’entrée à pas de loups, puis à rejoindre le vestibule qui donnait sur un escalier derrière une porte dérobée. Nous faufilant par ce corridor étroit, nous rejoignîmes sa chambre. Plus jeunes, nous avions l’habitude d’utiliser ce passage « secret » pour fuir les réprimandes maternelles suite à nos escapades dans le jardin à épier les moindres mouvements. Dix ans plus tard, nous nous retrouvâmes à nouveau sous le ventilateur, cette hélice blanche nacrée, qui avait était grisée par la poussière accumulée depuis toutes ces années. Souriant béatement à la fraîcheur, aucun de nous deux se rendait compte que l’amour était déjà là . Comme si le retour dans cette pièce enfantine ravivait l’innocence de nos cœurs. Le désir se distrayait encore. Mais à son regard, je ne me trompais pas, je devinais qu’à mon amour, il existait une réciprocité, une émotion continue, tacite et ineffable.
Et c’est là , qu’assise à côté de moi, elle se mit à baisser les yeux, se rapprocha, saisit le bas de mon marcel et me l’ôta, d’une lenteur insupportable, tant pour elle que pour moi. Avec une sorte de crainte et un sentiment de fragilité, elle prit soin de terminer ce déshabillage terriblement excitant. Le temps de voir mon boxer voler à travers la pièce, elle s’était déjà reculée pour se lever et faire de même pour elle, avec un art de l’effeuillage particulièrement bien maîtrisé. Bouton après bouton, elle retirait lentement sa chemisette. Ainsi pus-je observer ce corps ainsi mis à nu devant moi, une seconde fois. A la lumière du jour, sa peau de pêche m’avait envoûté. A la lueur de sa petite lampe de chevet, ce furent ses courbes incroyables qui se redessinaient progressivement, pour émerger de l’obscurité et éclairer toute la pièce. Je pouvais ainsi observer ce corps nu, singulier, adorable et envoûtant, qui se dévoilait à moi au rythme des mouvements de sa main experte, sensuelle et gracieuse. Tandis qu’elle se pavanait toujours plus nue et désirable, je vis qu’elle m’observait aussi du coin de l’œil, avec un air coquin et aguicheur, que je ne lui connaissais pas. Soudain, elle me tira de ma contemplation en me sommant de fermer les yeux et de me laisser faire. C’est alors qu’après de longues et interminables secondes, elle m’embrassa. Elle prit mes mains, les posa sur son visage, et au cours du voyage, elle les fit parcourir son corps, me guidant ainsi lentement jusqu’au canapé-lit. Les persiennes fermées, à l’abri des regards, nous nous étions réfugiés. Nous étions à la fois excités et encore épouvantés, par ce sentiment contradictoire d’amour et de fraternité qui nous unissait.
Elle me fit m’asseoir doucement, puis elle relâcha son étreinte lorsque je sentis le dossier en tissu soutenir mon dos. Où était-elle partie ? Elle me manquait déjà et m’abandonnait dans un désarroi puéril, me rappelant ces moments où, enfant, je ressentais cette détresse lorsque je la voyais partir « avec les grands ». Mais elle était ma grande sœur et je ne pouvais enfreindre ce qu’elle m’avait dit de faire, à savoir être à sa merci, les yeux clos, dans l’ignorance la plus totale. Je me perdais dans mes pensées quand soudain, je fus parcouru de frissons incroyables au niveau de mon gland sur lequel je sentais le contact de sa langue féline. Elle était en train de se délecter avec avidité du moindre contour de mon sexe complètement endurci. Ses agiles coups de langues caressaient ma peau sous d’exquis baisers, puis elle entreprit de poursuivre sa dégustation plus en retrait de mon entrejambe, juste en- dessous de ce qui caractérisait ma virilité. Ainsi enfouie au point le plus sensible de mon corps, à lécher avec délice les parties les plus fragiles de mon anatomie, elle remonta le long de mon sexe avec sa langue, tandis qu’elle poursuivit ses folles caresses du bout des doigts en effleurant mes bourses qu’elle gardait dans ses mains. Déjà dans un état second, je fus presque pris de convulsions lorsqu’elle se dressa pour complètement recouvrir mon pénis de sa bouche. Le maintien de mon sexe entre sa langue et son palais eurent raison de ma maîtrise et mon excitation était à son comble. Je ne pus m’empêcher de laisser s’échapper un gémissement de plaisir exceptionnel. Dans cette atmosphère interdite, et pris d’une envie subite de la voir à l’œuvre tandis qu’elle offrait à mon sexe d’incroyables sensations, j’ouvris les yeux pour la voir sourire. Ce sourire ! Elle avait relevé ses cheveux pour les attacher et libérer sa nuque, afin d’avoir plus d’amplitude dans ses mouvements de va et vient indécents.
Alors je le sentis. Ce bouleversement intérieur que tout homme ressent lorsque son sexe trouve des parois chaudes et tendres, qui ne lui laissent pas de répit et le laissent s’engouffrer jusqu’au bout. La fragile membrane qui transmet et répand toutes les vibrations dans notre corps, et qui laisse paraître la venue imminente de notre explosion de joie. Je fus pris de ce besoin de lâcher prise, de lui offrir le fluide le plus précieux de mon corps. A voir ainsi son délicieux minois s’agiter autour de mon membre à un rythme affreusement succulent, j’eus une révélation. Nous avions enfin eu droit à notre moment. Il fallait le faire durer et lui donner une intensité inoubliable. A sa grande surprise, je me retirai donc de sa bouche, et devant son regard hagard, je lui fis un sourire rassurant. Je savais où nous devions nous rendre, et comment. J’ai aimé m’introduire dans son univers, sa chambre d’enfant, où les souvenirs me hantaient encore. Mais pour aller plus loin et encore plus fort, il fallait que je m’ouvre à elle et que nous ne fassions plus qu’un dans mon monde à moi. Ma vie, mes souvenirs, mon environnement, elle était enfin à moi !
Pour rejoindre ma chambre, nous dûmes passer par différentes pièces de la maison dans la précipitation. Je la tenais par la main et nous parvînmes à la salle de bain. Me laissant bercer par un fantasme de jeunot, je fus sorti de mes pensées lorsqu’elle me lâcha la main pour partir en courant. Elle prenait la fuite alors que je nous imaginais déjà dans ...peu importe. Il fallait que je la rattrape avant qu’elle ne s’échappe ! Je me jetai ainsi à corps perdu, haletant dans le couloir, à la fois terriblement et merveilleusement surpris par son audace et son mystère. Voulait-elle rejouer à Cache-cache, comme autrefois, lorsque nous étions enfants ? Nous l’étions peut-être encore, car je la vis, à l’entrée de la chambre parentale. Elle se tenait dos à moi, et semblait fixer quelque chose avec curiosité et malice. Lorsque je fus à mi-chemin, elle s’engouffra dans la chambre, après un rapide regard dans ma direction. Cet imprévu me rendait fou. Obsédé par elle et intrigué par son comportement, je me précipitai dans la chambre de nos parents, avec une vague d’effroi et de culpabilité, comme si nous allions d’interdit en interdit. Elle n’était pas sur le lit. C’est alors que je l’entendis. Elle était dans le dressing de cette somptueuse chambre d’un autre siècle. Voulait-elle se sentir vraiment femme dans les vêtements de notre mère, que je lui arracherais sans ménagement ? Cette attente était intolérable. Trêve de plaisanterie, je me ruai dans le dressing, moins amusé par cette course poursuite qu’elle. Et là , je perdis toute nervosité et me remis à durcir de plus belle.
Ma muse m’attendait, perchée sur la barre métallique soutenant le rideau de la pièce. Je compris son petit manège. La coquine. Je dégageai le tabouret sur lequel elle se maintenait, pour venir la porter et la plaquer contre le mur, ou plutôt le froid de la vitre qui la fit pousser un petit cri. Après un fougueux baiser pour la féliciter de son ingéniosité, je maintins ses jambes autour de ma taille tandis que ses bras étaient tendus et accrochés à la barre. En grande sportive, elle s’enfourcha sur mon pieu et commença ses mouvements. Mais ce qu’elle ignorait, c’est qu’en grandissant et en m’exerçant assidument, j’avais non seulement développé une forte musculature mais je pouvais aussi la porter aisément. Nul besoin de s’accrocher à quoique ce soit, je parvenais à la maintenir uniquement avec l’aide du mur. Lorsqu’elle le comprit, elle entoura alors mon cou de ses bras, s’agrippant à moi et enfonçant mon visage entre ses seins veloutés et souples. Elle était prise au piège et sa grandeur de reine l’avait quitté à ce moment-là . J’étais le seul maître du jeu, à maîtriser sa position, mon rythme, à la pénétrer, la protéger et l’aimer. Nous profitâmes de cet angle délicieux puis ma volonté première me revint à l’esprit. Nous devions rejoindre ma chambre, qui jouxtait la bibliothèque où se trouvait notre mère. Cela faisait partie des règles du jeu : prendre des risques. Je savais que ce serait l’ultime étape avant la jouissance absolue.
Elle me suivit avec étonnement et n’osa plus émettre le moindre son. La porte fermée, nous étions amusés de savoir notre mère à côté. C’était beau, fort, et nous ne pensions plus. Seuls nos corps s’exprimaient. Alors nous nous autorisâmes un peu de douceur, sur mon lit d’adolescent, aux plis incertains. Nous nous embrassâmes, l’un sur l’autre, et rapidement elle se mit dans la position d’un chat, avide de caresses et de contemplation. Son corps ainsi offert à ma vue, me donna un nouvel aperçu de ses courbes parfaites, sous un angle que je ne lui connaissais pas. Alors, je l’attrapai par les hanches pour mieux m’appuyer contre ses fesses et la prendre jusqu’au bout. Elle gémissait de plaisir. Mais lorsqu’elle sentait venir le besoin de hurler, elle se cambrait un peu plus pour attraper l’oreiller et y étouffer ses cris de jouissance. Elle avait toujours été en moi toutes ces années. Dans ma tête, dans mon corps, et enfin j’étais en elle. J’allais me déverser en elle, tandis que je la caressai tendrement. Nous avions des jeux d’enfants, et nous jouions désormais à des jeux de « grands ». Lorsque nous eûmes joui en parfaite symbiose, elle était au comble de la félicité et n’arrêtait pas de me donner des baisers, sur tout mon corps.
Enfin, nous nous allongeâmes. L’un à côté de l’autre. Assouvis, satisfaits, comblés et heureux. Notre explosion intérieure se dessinait sur nos visages, tandis que nos souffles reprenaient une cadence régulière et apaisée. Nous regardions le plafond, sans raison, si ce n’est celle de regarder dans la même direction. D’admirer la suprématie du hasard, du destin, de la fatalité. Nous n’entendions plus que le doux bruit du rocking chair de notre mère, où elle se reposait et devait puiser son plaisir dans des échappées lyriques et littéraires. Notre mère, et ses deux enfants. Deux amants. Elle nous a donné la vie, nous venions de faire l’amour.
De même que nous n’avons pas demandé à notre mère de naître, nous n’aurions jamais pensé renaître. Nous étions heureux et amoureux. Et nous étions deux. Envers et contre tous. Nous avions fait ce que nous voulions, mais surtout, ce que le monde ne voulait pas que nous fassions. Nous étions là , ici, maintenant, ainsi étendus et détendus. Et nous savions que jamais plus, les choses ne seraient comme avant.
« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Mark Twain.Â