La nuit tombée à Lisbonne

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La nuit tombée à Lisbonne
Almada, l’abandonnée
Almada et Lisbonne, la ville derrière les azulejos
Lisbonne, son soleil et ses couleurs
Lisbonne, son soleil et ses couleurs
Lisbonne, son soleil et ses couleurs
Porto, la première étape
Casa Oriental, Librairie Lello, jardins du Palais de Crystal et Palais de la Bourse
Porto, la première étape
Brigitte Abel, La Pêche monnaie locale : la priorité, développer un « réseau autonome »
A Montreuil, une monnaie locale, La Pêche, circule depuis 2014. Victime de son succès, l'association peine à maintenir les pêches dans leur réseau. Alors que la monnaie débarque sur Paris en ce mois de mai, Brigitte Abel, co-fondatrice de l'association, déclare que la priorité est désormais de développer un réseau autonome. L'objectif : faire en sorte que le réseau subvienne aux besoins quotidiens des particuliers, comme aux charges des commerçants, sans qu'ils n'aient à reconvertir en euros.
Des reconversions, « il y en a trop encore » regrette-t-elle. Au vu du compte-rendu de réunion du 8 janvier 2018, seules 19 537 pêches étaient en circulation au premier janvier, sur 50 000 pêches converties au cours de l'année 2017. Cela signifie un nombre conséquent de reconversions de la part des commerçants, de pêches en euros.
« Notre priorité numéro un maintenant, c'est de développer le réseau de façon à ce que les pêches ne nous reviennent plus » annonce la bénévole, « on a un gros travail à faire pour trouver des producteurs, des débouchés pour nos commerçants ». Pour Anouk et Diarra, en service civique, pouvoir couvrir une chaîne complète de production avec la Pêche, « ce serait le rêve ! ». Elles expliquent cependant rencontrer des difficultés à réunir l'ensemble de ces intermédiaires dans la limite du territoire montreuillois.
Les deux jeunes volontaires se chargent de la communication de La Pêche et démarchent les commerçants afin de les intégrer au réseau de la communauté. Les réactions à leur contact sont souvent réticentes. « On demande gros car on demande à des gens qui ont toujours eu confiance en l'euro de donner leurs billets » admettent-elles. Elles précisent tout de même que la monnaie est complètement légale et régulée par la Banque de France. Une fois que les commerçants ont adhéré, l'association veille à leur bon développement avec la monnaie. « L'équipe qui s'occupe de la pêche passe régulièrement en magasin nous interroger sur comment cela se passe, s'il y a des choses à revoir » explique Dinah Zeghir de Montreuil Optic.
Selon les commerçants interrogés, chacun utilise différemment les pêches récoltées. A la Boulangerie Tanziti Abdelfattah, le patron avoue « quand je reçois des tickets je les renvoie directement à l'association. Eux me renvoient un chèque et prennent 3% » (qui sont reversés à une association de son choix). Au restaurant La Frabrique Utile, les pêches sont utilisées auprès du fournisseur brasseur, la Montreuilloise, partenaire de la Pêche. Quant à Montreuil Optic, « il y a vraisemblablement une partie qui sera réinvestie pour le magasin, dans des boutiques de décoration ou chez un fleuriste, et une autre partie peut être potentiellement reconvertie en euros ».
Pour faciliter cette circulation de la pêche entre commerçants, l'association envisage de passer à une version numérique. « On le souhaite car nos commerçants nous le demandent » précise Brigitte Abel, « c'est aussi quelque chose qui empêchera la fuite ». Toutefois, nous dit-elle, c'est une décision qui sera prise en concertation avec les autres monnaies locales citoyennes. Ce service en est encore au stade de l'expérimentation. « En ce moment il y a deux systèmes qui sont en cours de test, un autour de la blockchain et un autre », « on attend que tout ça soit avéré ». Ce nouveau support attire déjà des réticences. Un des commerçants nous a confié sa stricte opposition à ce système, par peur qu'il ressemble au Bitcoin. Cependant, la version numérique ne concernerait pas, a priori, les particuliers « la pêche est tellement belle que les gens sont très heureux de l'avoir dans leur porte monnaie ! » estime Brigitte Abel.
Pour rappel, la monnaie La Pêche fonctionne de la manière suivante : après avoir rempli une charte d'adhésion et contribué à un minimum de 1€ au fonctionnement de l'association, vous pouvez convertir vos euros en pêches. 1€ est égal à 1 pêche, aussi bien à la conversion qu'à l'achat. Les monnaies locales « sont des monnaies créées dans une communauté et qui n'ont de valeur que dans cette communauté » nous expliquent Anouk et Diarra. Chaque monnaie ne restera pourtant pas isolée puisque l'association envisage, par le biais du mouvement Sol, des conversions entre monnaies locales. Selon Brigitte Abel, « cela a vraiment du sens que les territoires de valeur, de richesse, échangent entre eux » et ajoute « tout cela pourrait être complémentaire avec l'euro, mais apporterait une richesse supplémentaire ».
En savoir plus sur La Pêche : http://peche-monnaie-locale.fr/
Quand l’été s’en est allé
La boutique sans argent
De main en main
Loin des grands débats théoriques et politiques, La boutique sans argent fait partie de ces associations déjà dans l’action pour de nouveaux modes de vie. Née fin 2013 elle était encore installée dans l’ancienne gare de Reuilly, dans le 12ème arrondissement de Paris, jusqu’à février dernier (où furent réalisées les photos de ce reportage), avant de déménager au 2 rue Edouard Robert. Du fait de l’affluence croissante que connaît l’association, il lui était nécessaire de pouvoir profiter d’un plus grand espace, notamment pour développer, en plus de la boutique, un espace café (à prix libre).
Comme l’explique Debora Fischkandl, la genèse du projet fut la découverte, via les journaux, de l’existence de ce concept à Mulhouse (le Magasin pour rien). C’est à présent La boutique sans argent elle-même qui est source d’inspiration pour d’autres initiatives. L’objectif : donner une seconde vie aux objets. La date de péremption d’un produit n’est pas celle de la fin de votre propre utilisation, ce qui ne vous sert plus peut encore être utile à d’autres. Ici, peu importe vos moyens, chacun a le droit de venir y trouver son bonheur !
A l’inverse du troc, recevoir n’implique pas de donner immédiatement, et vice versa. Les créateurs de l’association sont partis du principe que nous traversons dans notre vie des étapes qui répondent à des besoins différents et, effectivement, les participants à la boutique sans argent sont tous loin de se ressembler.
Maureen, faisant le tri à l’approche d’un déménagement, souhaitait se débarrasser de quelques jeux vidéos et livres. Catherine, quant à elle, est une habituée de l’association. Elle y fait des allers et retours, venant tantôt déposer des accessoires ménagers ou objets ayant appartenu à ses enfants étant plus jeunes, tantôt en quête d’accessoires, vestimentaires ou décoratifs, pouvant servir aux pièces de théâtre de la compagnie dont elle est bénévole.
Que cette réappropriation des objets serve un intérêt écologique c’est certain, mais elle vient également en aide aux personnes démunies.
Medina a 20 ans, elle est originaire de Russie et est venue en France faire ses études de lettres. En situation de précarité, Linda l’a recueillie et c’est lors d’un rendez-vous avec une assistante sociale qu’on leur a fait connaître à toutes les deux l’existence de l’association où Medina a pu trouver quelques vêtements. Sur la photo ci-dessus, Medina tient une poupée que Linda a choisi pour elle, en clin d’œil à son pays.
On a tendance à penser que l’on n’a rien à offrir mais si l’on réfléchit à tous ces objets achetés et accumulés au quotidien, nombreux sont ceux qui pourraient encore être utiles s’ils sortaient de ce placard où on les a simplement oubliés. Nadège portera un nouveau foulard, Racha offrira une peluche à sa nièce, il aurait été dommage de passer à côté de cela.
A la tombée de la nuit
Mayenne au réveil
Photographie pour l’Office de tourisme Vallée de Haute Mayenne
Mayenne au réveil
Photographie pour l’Office de tourisme Vallée de Haute Mayenne
Nuit debout sur la place de la République
Nuit debout sur la Place de la République