Dans la cour des Grands - ChoqFM 105.1- toronto
Déroulé prochaine émission : thème Saint Valentin
Estelle : Bonsoir nous sommes ravis de vous retrouver ce soir dans la cour des grands sur les ondes de Choq fm. Comme nous sommes au début du mois de février, alors on va pas être très originaux, car nous avons décidé de vous parler de la Saint Valentin ce soir..
Quelqu’un : ha oui un grand classique du mois de février !! Pff..
Quelqu’un : On va parler d’amour !! Moi j’adore !
Quelqu’un : ben justement est-ce qu’on parle vraiment d’amour quand on parle de saint valentin ?!
Estelle : C’est vrai que c’est une bonne question, mais alors avant de débattre sur le sujet, d’abord, moi, j’aimerais que vous racontiez à nos auditeurs vos anecdotes personnelles au sujet de la Saint Valentin. Déjà est-ce que vous célébrez la saint valentin ? Est-ce que vous envoyez des cartes ?
Réponses de ceux qui veulent.
Quelqu’un : Et attends Estelle, tu nous as même pas expliqué d’abord pourquoi on fête Saint valentin ?
Quelqu’un : alors y a plusieurs explications, mais la plus courante est celle de l’église catholique puisqu’elle fait référence au moine Valentin qui mariait les amoureux aux débuts du christianisme. Mais à cette époque, l’Europe n’était loin d’être entièrement convertie à cette religion et l’empereur Claude II le Gothique, lui voyait d’un très mauvais œil ces mariages , qu’il voulait même interdire car il voulait que plus d’hommes soient envoyés à la guerre. Et c’est comme ça que le pauvre moine Valentin a été arrêté et exécuté le 14 février 269.
Quelqu’un : Ah ben dis donc c’est pas super romantique ou joyeux ce que tu nous raconte là pour une fête qui célèbre l’amour…
Estelle : Oui mais en fait on pense que c’est une légende et que l’église catholique a surtout voulu contrecarrer les lupercales.
Estelle : Les lupercales c’étaient des fêtes célébrées le 15 février dans l’antiquité en l’honneur de Lupercus, le dieu de la fécondité.
Quelqu’un : Attends tu veux dire que l’église catholique a créer la fête de la saint valentin pour promouvoir sa religion et remplacer d’anciennes croyances.
Quelqu’un : Incroyable c’était déjà une fête commerciale à l’époque !!
Estelle : ben oui…en quelques sortes en fait… Non mais attendez, … En Grande Bretagne, au XIV siècle on a attesté l'origine réelle de la saint valentin comme fête des amoureux le 14 février car l'on pensait que les oiseaux choisissaient ce jour pour s'apparier.
Quelqu’un : Ha c’est mieux ça comme explication !
Estelle : Mais ce qui est assez drôle c’est qu’au départ, c’est fête n’était pas destinée aux couples mais plutôt aux célibataires.
Estelle : Pour la saint valentin, on organisait un cache-cache géant où les jeunes filles célibataires se dispersaient aux alentours de leur village et se cachaient en attendant que les jeunes garçons célibataires les trouvent.
Et à l’issue de ce cache-cache géant, les couples formés étaient amenés à se marier dans l’année. Ceci permettait de développer la démographie et stimuler l’expansion des villages. Cette pratique laissait libre cours à beaucoup de tricheries de la part de couples officieux ainsi que des hommes qui visaient une jeune fille en particulier et notamment « la plus belle du village », très courtisée.
Quelqu’un : Ah ben j’aime encore mieux cette version moi !!
Estelle : Bon maintenant que j’ai répondu à vos questions, ne croyez pas que vous allez vous en sortir comme ça, on revient après un peu de musique et J’attends vos anecdotes sur la saint valentin et j’en suis sure nos auditeurs aussi.
Quelqu’un : A tout de suite !
Estelle : De retour dans les studios de Choq fm, votre radio 100% francophone, 100% Toronto.
Vous êtes dans la cour des grands en compagnie de Waterwoman, Serge et Christelle, non non je ne t’oublie pas !!
Alors racontez moi un souvenir de saint valentin coquin ou chagrin ?
Estelle : Ma première saint valentin au Canada pour mes enfants.
Ludi : Aussi ma première saint valentin au Canada (télé + mon chat)
Serge : Je suis un gars et je célèbre cette fête en offrant des cadeaux à ma femme mais je ne me souviens pas d’une en particulier, en revanche souvenir d’un sketch
Estelle : Ah c’est beau, c’est beau !! Ce souvenir de Saint Valentin!! Que de romantisme ce soir dans notre studio ! Alors restez avec nous, sur Choq fm, car, après un peu de musique, on retrouve Waterwoman qui va se jetter à l’eau et nous expliquer que l’on peut vivre d’amour et d’eau fraîche …
Estelle: C’est toujours “Dans la cour des grands” sur les ondes de Choq fm 105 1. Et si vous venez de nous rejoindre, sachez que le theme que nous abordons ce soir est la Saint Valentin. Thème qui a beaucoup inspire notre Waterwoman, n’est-ce pas Ludiwine?
Oui, j’aimerais tellement pouvoir vivre d’amour et d’eau fraîche comme tu l’as si bien dit avant la pause musicale. Et d’ailleurs la Saint Valentin est un très bon contre exemple, quand on voit comment cette simple fête pousse tant à la consommation. Célébrer l’amour ne devrait pas nécessiter acheter autant de choses. Il me semble, et c’est peut être mon côté fleur bleue, mais que l’amour ne se nourrit pas de cadeaux. Je pense que ce que notre société manque le plus c’est de temps, à vouloir toujours faire plus, on oublie de passer des moments simples avec les gens qu’on aime. Et bien je pense que c’est ce qu’on devrait faire pour la Saint Valentin, passer un moment agréable avec les gens qu’on aime.
Et quel meilleur endroit que la nature pour se reconnecter et ressentir l’amour au maximum. Je sais que nous sommes en plein hiver mais déjà cette année ce n’est pas si froid et par exemple, ça peut être d’aller passer une journée à jouer ou a profiter de la neige, surtout que ça tombe un dimanche cette année. Ou alors une journée dans un spa à se relaxer hmmm
Et puis si on en revient à notre société de consommation, imaginez les quantités de déchets inutiles produits juste pour cette fête. C’est pour ça que Radio Canada m’avait fait venir pour la Saint Valentin, ils voulaient parler de l’impact de tous ces chocolats et cadeaux achetés sur l’environnement. Surtout que ce n’est pas vraiment original tous ces cadeaux. J’ai toujours préféré les cadeaux personnalisés qui racontent une histoire, comme par exemple Chrystelle, quand tu avais enregistrer les contes pour les enfants de tes amies, je trouve ça génial. Ou alors, aller faire quelque chose ensemble, ça créé des souvenirs. Je me souviens beaucoup mieux de ce genre de cadeaux plutôt que les cadeaux matériels qu’on aurait pu m’offrir. Autour de la table, quel est le plus beau cadeau de ce genre dont vous vous souvenez ? qui ne serait pas une chose mais un souvenir.
Voilà j’espère vous avoir donné l’envie de ne pas faire comme tout le monde et de trouver une façon originale de fêter la Saint Valentin, tout en étant respectueux de l’environnement J
Estelle : Merci Waterwoman pour cette chronique, on passe un peu de musique, et on retrouve notre ami Serge qui nous va nous exposer son regard d’homme et de papa sur la Saint Valentin. A tout de suite.
Comment gérer Les peines d’amour des enfants
Que vous le vouliez ou non, votre enfant vivra un jour sa première peine d'amour. Et elle pourrait se produire plus vite que vous ne le pensiez! Pour être en mesure de mieux comprendre la grande tristesse qu'il pourrait ressentir voici qq conseils (sources d’Andrée Therrien, maître en psychologie, spécialisée en psychologie infantile.)
Est-ce que la vraie peine d'amour existe chez les préadolescents, disons âgés de 10 à 13 ans?
Ça dépend! À tous âges, une peine d'amour est un « deuil », une « perte », une « amputation » à son coeur : elle engendre une angoisse de séparation... Dans cette perspective, un enfant de dix ans peut vivre un deuil concernant une relation quelconque et son intensité et sa durée dépendra en grande partie de l'investissement affectif déployé, de son lien d'attachement parental et de ses expériences antérieures.
Qu'est-ce qui détermine la façon dont il réagira à cette première grande perte?
La qualité du lien d'attachement avec ses parents sera en partie déterminante dans ses propres relations amoureuses. Plus un enfant a un lien insécurisé avec son parent, plus il aura vécu des traumatismes émotifs, psychologiques ou sexuels, et plus son lien d'attachement et ses peines amoureuses pourraient en être affectés et fragilisés.
Quel type d'enfant est le plus sujet aux peines d'amour?
Tous les enfants et tous les grands vivront des peines d'amour. Évidemment, chaque cas est unique et c'est plus la façon qu'ils auront de la traverser, la durée et l'intensité qui les distingueront les uns des autres : les enfants trop couvés, pas assez, ceux qui vivent dans des constellations familiales chaotiques, les enfants au tempérament anxieux, les surdoués, etc. peuvent être plus fragiles. Mais en général, plus l'enfant aura des exemples relationnels sains et équilibrés, plus il aura de moyens et de schèmes de référence pour passer à travers une peine d'amour sans être trop écorché, s'il ne présente pas au départ de pathologie psychologique, sociale ou physique invalidante.
La qualité du lien d'attachement, bien que déterminant, n'est toutefois pas une garantie à une peine moins lourde, mais il instrumente, outille et procure à l'enfant des schèmes de référence à des situations similaires. L'enfant dispose ainsi d'une certaine forme de sécurité affective devant la perte sur laquelle il peut s'appuyer et il peut donc en utiliser les fondements contre une dépression ou une angoisse trop envahissante.
Certains parents pensent que parce que leur enfant est jeune, la peine sera moins grande. C'est une erreur, non?
En effet, on doit toujours reconnaître et admettre la souffrance de l'enfant et ne pas la banaliser même pour une peine d'amour à 11 ans! Cette reconnaissance parentale envers son enfant est une marque non seulement de respect, mais aussi d'empathie, de compréhension envers les sentiments ressentis.
Est-ce qu'il y a une différence entre la peine d'amour chez les filles et chez les garçons?
Oui et non. Les filles sont plus portées vers l'intériorisation alors que les garçons sont plus dans l'extériorisation comportementale. Toutefois, l'inverse se peut également. Il faut donc rester ouvert aux différentes avenues que peut prendre une peine d'amour. Cependant, il faut tenir compte du fait que les garçons et les filles n'entrent pas dans ce grand monde sexuel de la même façon. Cela peut expliquer, en partie, leurs réactions différentes aux peines d'amour. Chez le garçon, l'arrivée des hormones sexuelles est agréable : vive la masturbation et l'éjaculation! Pour les jeunes filles, la période menstruelle, les maux de ventre et ses inconvénients font que le développement de la sexualité se fait beaucoup plus sur un plan cérébral chez elles et plus sur un plan génital chez les jeunes garçons. Cette entrée en la matière demeura tout au long des années et devrait être prise en considération.
Comment l'amour se vit-il au juste à la préadolescence?
Chez les enfants de cet âge, le concept de « l'amour » est une phase en devenir surtout avant l'arrivée des hormones sexuelles et de certains changements neurologiques qui favorisent ses capacités de conceptualisation. L'enfant sort tranquillement de son narcissisme infantile pour se diriger vers l'individualisation face aux figures parentales en prenant comme référence son groupe de pairs. Il y a alors un transfert de l'attachement parental vers une personne extérieure à la famille.
C'est une période où l'enfant apprend à définir sa position sexuelle par rapport aux autres filles/garçons : il la vérifie, il imite les adolescents plus vieux, il apprend à courtiser, définie les balises de ses goûts et attirances personnels, il peut vivre du rejet, mais en même temps il découvre que lui-même n'aime pas toutes les personnes qui s'intéressent à lui. Il transfère ce qu'il a vécu sur le plan de l'attachement à un autre schéma plus personnalisé. Il se positionne sur les concepts de la confiance mutuelle, de la loyauté et de l'engagement. Sur le plan corporel, il compose avec les changements qui lui sont imposés, découvre et apprivoise les effets de la dopamine et des endomorphines (ce qui est très agréable en soi même si cela peut provoquer des impressions de perte de contrôle et de l'insécurité!). Il apprend que la sexualité a un lien direct avec sa propre existence en ce bas monde!
En quoi la première peine d'amour est-elle si importante?
La première peine d'amour est difficile parce que l'enfant se rend compte de sa fragilité amoureuse/affective et ne sait pas comment et pourquoi son corps et sa tête réagissent de cette façon : il se sent déçu, trahi, il a peur devant l'inconnu, peut avoir mal à la tête, au ventre, se sentir anxieux, dépressif, colérique, irritable, vivre une perte d'intérêt, se questionner sur sa valeur personnelle, vivre une perte d'estime de soi et il se demande surtout quand tout ce brouhaha corporel et cérébral cessera.
Et quel est le rôle du parent dans tout ça?
Le parent aussi pourrait se sentir insécurisé par rapport à la peine de son enfant. Durant les dernières années, il aura appris à composer avec les frustrations et peines de son enfant par rapport à des restrictions parentales, scolaires et amicales... mais pas avec une peine amoureuse! Le parent peut aussi se questionner sur le fait que cette peine pourrait refléter un malaise relationnel parental! Il faut donc faire bien attention, surtout pour les plus jeunes, à ne pas rendre le processus de guérison trop complexe ou encore à banaliser l'amour, ce qui pourrait avoir comme effet de dépersonnaliser leur monde imaginaire sur le sujet. Il devient donc important pour le parent de parler de sexualité, de le diriger avec respect, de lui servir de modèle et le tout, en adaptant le discours selon l'âge de l'enfant et de son stade de développement.
Le parent devrait accompagner son enfant dans les différentes étapes qu'un deuil nécessite, se montrer ouvert et compréhensif. Il peut aussi se servir de cette situation pour se repositionner, raffiner et/ou améliorer son propre lien d'attachement avec son enfant. Si les symptômes persistent dans le temps, une aide professionnelle est à considérer.
Comment peut-on consoler notre enfant de sa peine d'amour?
On peut consoler un enfant en l'écoutant, en le berçant, en lui laissant comme message qu'on est disponible pour lui s'il ne veut pas parler ou se faire serrer dans les bras. Il faut aussi accepter qu'il ne veuille pas nécessairement partager sa peine avec nous ou qu'il désire se retirer seul. On peut discuter des peines d'amour en général, expliquer que dans toute peine d'amour, il y a le choc, la tristesse, la colère, une période de latence et la reconstruction qui prépare à une nouvelle relation. Chaque étape doit être vécue si on veut arriver à une certaine paix et à voir cette peine d'amour non pas comme un échec, mais comme un apprentissage où on en sort plus fort et plus lucide. On peut raconter notre propre histoire si elle n'est pas trop chargée au niveau émotif. On peut également tenter de le distraire, mais sans insister, s'assurer qu'il dorme bien, qu'il mange bien et qu'il prenne un peu d'air frais. L'on se doit de demeurer vigilant quant aux changements drastiques dans sa routine de vie qui peuvent indiquer son degré de souffrance. On peut également s'informer de son fonctionnement dans les autres sphères de sa vie comme à son enseignant(e), aux parents de ses amis, ses entraineurs sportifs, etc., ce qui nous donnera une bonne perspective de son fonctionnement. Enfin, il s'agit surtout de ne pas banaliser sa peine et ne pas la rendre trop dramatique non plus!
Estelle : Vous êtes toujours à l’écoute de votre émission du jeudi soir « Dans la cour des grands », et ce soir, on vous parle d’amour encore et toujours puisqu’on évoque la saint Valentin. Mais je laisse le micro à notre talentueux et truculent Serge.
Dis-moi si tu as besoin d’aide pour ta chronique.
Partie 6 : micro-trottoir : Est-ce que tu aimes la saint valentin, pourquoi ?
Estelle: Vous êtes toujours sur Choq fm, la radio 100% francophone de Toronto. Ce soir, dans notre émission « Dans la cour des grands », nous vous parlons de Saint Valentin.
Estelle : Alors moi j’avais envie d’élargir le thème aux célébrations familiales et de toutes sortes. Celles qui marquent ton identité tant en tant qu’adulte qu’en tant qu’enfant. C’est vrai que les fêtes que tu célèbres, dépendant de qui tu es. Et c’est ça qui me touche beaucoup au Canada c’est qu’on a la change d’avoir un multiculturalisme qui nous ouvre non seulement sur les croyances des autres mais surtout sur leur culture.
Quelqu’un : oui, car une célébration c’est pas toujours un acte spirituel fort, c’est plutôt un repère culturel fort.
Estelle : oui, c’est exactement ça. Et je pense qu’il est important non seulement pour un enfant de célébrer ses origines, son identité, son patrimoine culturel, mais qu’il est aussi important voire peut-être même plus qu’il soit exposé à celui des autres.
Quelqu’un : Ah ben au Canada, c’est ça qu’y est exceptionnel, c’est qu’ici les enfants ses enfants sont confrontés à la diversité dans leur quotidien !
Estelle : Oui, et je pense que pour sensibiliser les jeunes enfants à la diversité et la leur faire comprendre et accepter, il faut d’abord donc les y exposer. Et tu as raison, ici à Toronto, c’est particulèrement facile, étant donnée la diversité culturelle. Si au Canada 1 personne sur 5 appartient à une minorité visible ce qui représente 19% de la population; et bien à toronto les minorités visibles représentent 49,5% de la population !
Les trois plus importants groupes de minorités visibles, en l'occurrence les Sud-Asiatiques, les Chinois et les Noirs, représentent 61,3 % de la population des minorités visibles au Canada. Viennent après les Philippins, les Latino-Américains, les Arabes, les Asiatiques du Sud-Est, les Asiatiques occidentaux, des Coréens et des Japonais.
Donc franchement, on ne doit pas manquer d’occasions pour faire apprécier cette diversité à nos enfants.
Et d’ailleurs ce qui serait dommage, c’est de penser qu’en s’ouvrant aux autres cultures, votre enfant risque de perdre la sienne. Or c’est l’inverse les enfants réinvestissent souvent leur propre culture en se confrontant à celle des autres. Exemple d’henry et Eléa.
Ce qui est important c’est de laisser l’enfant trouver sa propre identité culturelle.
Quelqu’un : oui et puis la diversité c’est d’bord une richesse, non ?
Estelle : Oui exactement, regarde ne serait-ce qu’en terme de langues. Alors si le français et l’anglais restent les langues les plus parlées au Canada. Grace aux migrants, outre le français et l'anglais, plus de 200 langues maternelles sont parlées au Canada. Et en fait, chez les immigrants dont la langue maternelle n'était ni le français ni l'anglais, les langues chinoises sont les langues maternelles les plus répandues. Puis c’est le tagalog, une langue des Philippines; en suite l'espagnol; et le punjabi (Pakistan et en inde). L'arabe, l'italien, l'allemand, le portugais, le persan (farsi) et le polonais qui font partie des 10 langues les plus fréquemment déclarées comme langue maternelle par les migrants.
Quelqu’un : oui mais franchement Estelle c’est super dur de garder sa langue maternelle quand tu vis dans un pays où ta langue maternelle n’est justement pas la langue officielle.
Estelle: Ben oui d’où l’importance pour chacun d’entre nous de continuer à célèbrer nos fêtes culturelles afin d’essayer de garder sa culture vivante mais aussi de protèger celle des autres.
Quelqu’un : ou et à la fois est-ce que c’est si important après tout ?
Estelle : Alors la question ici c’est qu’est ce que tu défends quand tu défends ta culture ? Et pour moi, c’est le droit d’être respecté dans ta différence. Et pourquoi je pense personnellement que c’est important, c’est à cause des effets sur les enfants quand ceux-ci ont le sentiment d’être discriminés culturellement. En fait y a une étude qui a été récemment publiée dans l’American Journal of Public Health qui dépeint un tableau assez sombre des effets de la discrimination culturelle sur la santé des jeunes enfants. Dr Gilbert Gee et son équipe de l’université de Californie UCLA, ont révèle qu’une exposition continue à la discrimination culturelle, même modérée peut être cause de maladie après un certain temps.
Quelqu’un : Mais attends ils sont là tu parles des adultes qui sont discriminés par d’autres adultes ou des enfants discriminés par d’autres enfants ?
Estelle : Et bien malheureusement des deux ! Les premières études sur la capacité de l’enfant à discriminer culturellement datent de 1939. Depuis, de nombreux chercheurs se sont penchés sur le comportement à caractère raciste de l’enfant et ses effets. Une étude menée par Ausdale et Feagin en 2001 suggère que les enfants sont capables de faire une distinction raciale entre les individus, et faire une discrimination basée sur la race ; et ceci dès l’âge de 3 ans.
Quelqu’un : Et alors c’est quoi les répercutions sur la santé ?
Estelle : Alors d’après l’étude, les facteurs de stress liés à la discrimination affectent le bien-être d’un individu à long-terme. De plus, ils modifient le développement du cerveau et forment une connexion nerveuse entre les différentes régions. C’est pourquoi la petite enfance est une période si cruciale et délicate.
Des études préalables montrent que lorsqu’on expose à la discrimination raciale des enfants plus âgés qui ont développé des aptitudes cognitives, ils perçoivent leur propre groupe ethnique d’une façon négative. Ils manquent d’assurance, développent une faible estime d’eux-mêmes et montrent des symptômes de dépression. Par exemple, un jeune noir victime d’incidents à caractère raciste est plus susceptible de développer des émotions négatives et d’être influencé par des jeunes à comportement déviants plus tard dans sa vie.
Quelqu’un : Mais je comprends pas, si tu défends ta culture en quoi tu luttes contre la discrimination ?
Estelle : Et bien défendre son identité c’est la meilleure arme contre la discrimination car un sentiment identitaire positif fort limite les effets de la discrimination sur la santé.
Donc, même s’il s’avère que les comportements à caractère raciste affectent la vie des gens, certains facteurs, comme un sentiment identitaire positif fort, ont le pouvoir d’en limiter les effets. Une étude à grande échelle réalisée par Dr Krysia Mossakowski à l’université de l’Indiana s’est penchée sur le lien entre l’identité ethnique et la santé mentale parmi les femmes filipino-américaines. L’étude démontre que plus une personne s’identifie à son propre groupe ethnique, moins elle est susceptible de souffrir de symptômes de dépression. Un fort sentiment d’identité ethnique est synonyme de fierté ethnique, d’un sentiment d’appartenance à des pratiques ethniques ou culturelles, de connaissance de son propre groupe ainsi qu’un engagement envers lui. Cette étude conclut que non seulement l’appartenance à une identité ethnique protège les individus contre la discrimination, mais elle limite également les effets de la dite-discrimination sur la santé mentale.
Quelqu’un : D’ou l’importance du rôle des parents dans l’éducation des enfants : apprenons à nos enfants à être fiers de leur identité et à respecter celle des autres.
Estelle : oui tu as complètement raison. Selon une étude de l’université Howard University à Washington DC, il est démontré que parler avec son enfant de discrimination est important pour sa santé et son développement. Mais l’étude montre également que la réaction des parents face à leurs propres expériences de discrimination influencent la façon dont ils éduqueront leurs enfants. Donc, si un parent souffre d’une importante discrimination, il peut devenir moins sensible aux besoins de son enfant; et être dans l’incapacité de le préparer à la discrimination. Par contre, cultiver une forte identité ethnique chez les enfants renforce leur capacité de résistance et les protège ainsi des conséquences néfastes de la discrimination sur la santé.
C’est pourquoi oui, célébrer des occasions qui sont spéciales pour chaque famille
et qui reflétent la culture de chaque communauté, c’est important.
Il faut vraiment que les enfants puissent apprehender la diversité comme une richesse car si vous montrez la richesse de l’echange, du partage entre les différentes communautés, cela aidera vos enfants dont la culture est majoritaire à se sentir à l’aise dans le contexte d’une culture minoritaire et vice versa. Il faut favoriser chez nos enfants la compréhension, l’acceptation et le respect de la diversité humaine.
Quelqu’un : merci pour cette chronique Estelle et à notre retour en studio c’est chrystelle qui va nous faire voyager en nous racontant comment on célèbre la saint valentin autour du monde.
Partie 8 : Chrystelle : Saint valentin autour du monde
Merci Christelle, et nous nous retrouvons la semaine prochaine, pour une nouvelle émission, le jeudi à partir de 19 heures. Et entre temps, vous pouvez toujours nous réécouter en ligne en consultant le site internet de Choqfm.ca sous la rubrique « Dans la cour des grands ».