Entre Festival d’Avignon, étude de texte à l’école ou encore représentation mondaine, je vous propose de revenir un peu sur ce qu’est le « théâtre ».
Le théâtre est un lieu, un genre littéraire et un genre dramatique appartenant au monde du spectacle vivant.
Le lieu a changé de forme à travers les siècles. De l’Antiquité à nos jours, en bois, en pierre, sur tréteaux, dans un jardin, dans une salle de spectacle ou à ciel ouvert, le théâtre en tant que lieu a évolué et muté. De la scène grecque au théâtre Élisabéthain jusqu’à aujourd’hui, parfois dans la rue, le lieu lui-même a changé. Nous pouvons cependant affirmer, dans un souci de définition, que le « lieu » est l’endroit où des comédiens rencontrent un public en vue de proposer une représentation théâtrale.
Le genre littéraire et dramatique englobe lui aussi de nombreuses formes dont les règles ont changé au fil des siècles. Le théâtre est conçu pour être vécu par le public et les comédiens, mais celui-ci peut être également lu, en suivant une mise en page stricte (mais, vous l’aurez compris, une mise en page dont certains dramaturges, les auteurs de théâtre, ont pu s’affranchir au fil des siècles, parce que le théâtre est vivant, mouvant, changeant au fil du temps).
Tantôt en vers ou en prose, tragique ou comique, avec ou sans musique, y mêlant parfois la danse, le théâtre en tant que spectacle vivant est un concept protéiforme. Dans un souci de clarté, nous n’allons pas nous attarder sur les comédies musicales, les opéras, les ballets, les formes traditionnelles de spectacle vivant (telles qu’on les voir dans certaines régions du monde, l’opéra lui-même ne se référant pas à la même chose si l’on parle de l’Europe, de la Chine, ou du Japon etc…). Aussi cette définition est restrictive :
Le théâtre est un genre littéraire et dramatique qui propose au spectateur comme au lecteur un spectacle où un ou plusieurs comédiens jouent sur une scène, pour raconter une histoire, relater un propos (oui, du coup un comédien de stand up fait du théâtre).
Pourtant, on a souvent une image caricaturale du théâtre, comme un vieux souvenir de cours de français au collège. Certains se le figurent parfois élitiste, incompréhensible, froid et distant. A ceux-là nous proposons de regarder les replays des lives du bon Dr. Hercouët, qui s’est adonné à l’exercice difficile de l’interview de personnages. Il a ainsi eu le plaisir de rencontrer Marie Curie, Arsène Lupin et Satan grâce à des comédiens officiant au Festival d’Avignon 2016.
Le théâtre est un art ancestral dont les bases ont été posées par Aristote dans l’Antiquité. Par la suite, elles ont évolué, puis ont pu être réactualisées à la Renaissance et au cours du XVIIème siècle notamment à travers le classicisme. En effet, le théâtre comme forme d’expression artistique est sujet, comme le roman, la peinture ou la sculpture puis oubliées, aux aléas de l’Histoire de l’art et des mouvements artistiques.
Ces règles ont toutes eu pour but de théoriser et réguler l’écriture dramaturgique et la mise en scène, par exemple. Ces règles changeaient suivant le mouvement artistique dans lequel elles s’inscrivaient.
Ainsi, dans l’Antiquité, le théâtre avait parfois une fonction sociale et politique (notamment la tragédie). Les pièces présentaient souvent des personnages victimes de l’hybris (la volonté d’être l’égal des Dieux, une forme d’orgueil poussé à son paroxysme) et ils finissaient mal (bah oui hein, sinon c’est pas tragique). La mise en scène du déchaînement des passions et de ses conséquences avait une fonction cathartique pour les spectateurs : ils pouvaient s’identifier aux héros et exprimer ces passions (souvent destructrices) à travers eux, mais ils comprenaient pourquoi un bon citoyen ne peut pas agir de la sorte dans la société.
La comédie était là pour divertir, mais l’un des grands auteurs comique de cette époque a aussi usé de ce medium pour tenter de faire passer des idées : Aristophane a écrit et mis en scène une pièce où des femmes se rendaient à l’agora déguisées en hommes afin d’assister à la réunion qui réunit les citoyens (les hommes) et tenter de s’accorder le droit de vote. (OUI DEJA A L’EPOQUE !) Si cela vous intéresse, renseignez-vous sur la pièce « L’Assemblée des femmes ».
Comme nous l’avons effleuré du doigt dans l’acte I, le théâtre évolue au fil des siècles. Comme tous les arts, il s’inscrit souvent dans un mouvement marqué par l’Histoire et ses penseurs. Du baroque au classique au romantique à l’absurde… le théâtre a mille visages et un Tumblr entier ne suffirait pas à les dénombrer.
Pour autant quand mes patounes s’intéressent à leur entourage, il semble que le théâtre apparaît comme un art et un loisir pour élite bien cultivée. Que nenni ! Tout le monde peut trouver son bonheur dans le spectacle vivant, il y a même de la science-fiction en théâtre ! Tantôt engagé, tantôt divertissant, comique ou tragique, de boulevard ou contemporain, public ou privé, le théâtre est pluriel et ce message s’adresse à toi lecteur : renseigne-toi, fais preuve de curiosité, et tâche de découvrir ce que le théâtre te réserve. Certains tickets valent souvent autant voire moins qu’une entrée au cinéma, certains festival (à commencer par celui d’Avignon) sont de vraies viviers te permettant de découvrir des talents et des projets insoupçonnés. Le théâtre est vivant et ne vit que pour son public.