Le Capitalisme financier et son banquier fan dâExcel frappe Remicourt
MĂ©lotte fournit lâindustrie laitiĂšre depuis presque 170 ans
Ce mois de septembre 2015 verra lâextinction dâun fleuron LiĂ©geois, plus prĂ©cisĂ©ment Hesbignon, dont la tradition industrielle date de 1852
CâĂ©tait dans lâair depuis 5 ans, le fonds dâinvestissement Boumatic a dĂ©cidĂ© une bonne fois pour toute de fermer toute activitĂ© industrielle en Province de LiĂšge.
Comme câĂ©tait le cas pour les ateliers Delloye-Matthieu, lâindustrie de MĂ©lotte prĂ©sente une profitabilitĂ© saine. Ses coĂ»ts salariaux ne pĂšsent que trĂšs peu dans les comptes de rĂ©sultats, et devrait pouvoir permettre de lâinvestissement dans lâinnovation.
Sans Ă©conomie rĂ©elle, sans artisanat Ă Ă©chelle, sans industrie lĂ©gĂšre, que faire de nos ingĂ©nieurs Ă part les envoyer dans des contrĂ©es qui ne font pas la mĂȘme erreur que nous ?
Lâentrepreneur du Capitalisme Industriel a perdu la bataille, battu par le profit et les dividendes du gĂ©nie apprenti sorcier dâExcel du Capitalisme Financier
Ce quâon vit depuis 30 ans est lâavĂšnement dâExcel dans les plans financiers. Les âStratĂšgesâ gestionnaires de fonds dâinvestissement industriel iront vous dĂ©placer une centaine dâemploi des milliers de kilomĂštres plus loin parce que la case Z3 indique un retour sur investissement de +3% (et D-eu sait que câest Ă©norme en 2015, quâil y a des investisseurs Ă arroser et des dĂ©penses de fonctionnement Ă couvrir)
Le Capitalisme a oubliĂ© que la marge bĂ©nĂ©ficiaire sert Ă rĂ©investir dans lâoutil et dans de nouveaux produits. Et comme il aime faire la mĂȘme erreur des centaines de fois, il reste Ă©tonnĂ© Ă chaque fois quâune industrie se vide de ses bĂ©nĂ©fices aprĂšs quelques annĂ©es providentielles.
Câest Ă travers certains visionnaires comme Steve Jobs, Bill Gates, Jeff Bezos ou Larry Schmidt quâon peut voir une trĂšs courte Ă©claircie dans le ciel du Capitalisme Industriel
Les grands entrepreneurs ont compris que tout lâargent gĂ©nĂ©rĂ© par lâessor de leurs produits devait ĂȘtre intĂ©gralement (voire plus) rĂ©investit dans de nouvelles idĂ©es et des projets ambitieux, mĂȘme si parfois abandonnĂ©s.
Malheureusement pour Apple et Microsoft, Steve est mort et Bill sâest retirĂ©. Aujourdâhui, ces deux sociĂ©tĂ©s courent aprĂšs Excel oĂč les formules financiĂšres voient plus de modĂšles dâiPhone et les vieux logiciels bureautiques sous de nouveaux design et plateformes.
Doit-on rester contemplatifs devant le dĂ©part de tous les emplois de lâĂ©conomie rĂ©elle ?
Depuis que je mâintĂ©resse lâindustrie liĂ©geoise et que je condamne lâinaction ambiante face Ă la dĂ©localisation de nos fleurons, je reçois toujours les mĂȘmes remarques sur la âfatalitĂ©â de la dĂ©sindustrialisation.
Cette pseudo fatalitĂ© est dĂ©jĂ frustrante, mais lâabsurditĂ© atteint son paroxysme lorsquâon tente dâexpliquer que notre Ă©conomie peut compter sur le tertiaire et le digital pour se relever. Je nâai quâune rĂ©ponse censĂ©e à ça:
Et quâest-ce quâon va faire Ă LiĂšge et Ă Remicourt ? Rien ? De lâoutplacement ? Les former au dĂ©veloppement dâApplications Mobiles ?
La question ne peut pas se poser, on DOIT relever lâoutil.
Nous avons la tradition, nous devons retrouver (trĂšs vite) lâenvie.