Et puis il y a eu toi. Mimi. Tu n’es pas arrivé comme les autres, pas comme ces chapitres que j’ai traversés en courant, en boitant, en riant, en fuyant claudicante. Tu n’as pas surgi dans un verre de vodka, ni dans un hôtel cinq étoiles, ou dans un SUV trop fier de lui. Non. Tu as débarqué autrement : comme une évidence qui frappe si fort qu’on la reconnaît avant même de comprendre. Ce jour-là, je ne t’attendais pas. J’étais dans ma vie, dans mon équilibre, dans mon “je vais bien toute seule, merci”. J’avais mes réflexes, mes mécanismes de survie, mes fulgurances, mes potes, mes enfants, mes nuits de tempête et mes matins de calme. J’avais tout ce qu’il fallait pour ne dépendre de personne. Et pourtant… à peine t’ai-je ouvert la porte que quelque chose a basculé. Pas un coup de foudre, non. Plus étrange que ça. Plus profond. Plus déroutant. Une connexion qui te prend par la nuque, qui te coupe le bruit du monde, et qui te dit : “Là. C’est là.” Avec toi, tout est allé vite et lentement à la fois. Tu m’as retournée avec une douceur insoupçonnée, une sérénité que je n’avais jamais connue, un calme presque insolent. Comme si mon âme avait trouvé une chaise confortable pour la première fois depuis plus de dix ans. Avec toi, j’ai senti une plénitude. Un apaisement que même moi je n’avais pas vu venir et pourtant je me connais, je suis la reine des anticipations et des tempêtes internes. Toi, tu me recentres. Tu me canalises. Et paradoxalement, tu me redonnes du chaos mais du beau chaos, celui qui fait vibrer, celui qui réveille les couleurs qu’on avait oubliées. Tu es la fulgurance la plus douce de ma vie. Tu es brillant, drôle, charismatique, loyal, entier. Tu as ce truc rare : la droiture, pas la morale de façade, non, la vraie. Celle qui s’incarne dans la manière que tu as de regarder, d’écouter, de parler, d’être toi. Et tout ce que tu te reproches, moi je le vois comme tes failles nobles, celles qui montrent que tu es humain, sincère, sensible. Fragile parfois, oui et je le sais, je l’ai vu, je l’ai deviné avant même que tu n’ouvres la bouche. Mais tu restes un roc. Mon roc. Avec toi, je suis meilleure. Avec toi, je suis plus calme, plus stable, plus douce même, alors que rien dans ma vie n’a été construit pour ça. Avec toi, j’ai envie d’être tendre, j’ai envie de t’élever, de te valoriser, de t’aimer bien, fort, proprement. Tu es la première personne depuis longtemps qui m’a donné envie de m’arrêter. De rester. De construire. De parler. D’écouter. D’apprendre. De comprendre. De te comprendre. Et… d’aimer sans panique, sans fuite, sans sabotage. Tu as fait ressurgir une partie de moi que je pensais éteinte, broyée, épuisée. Tu as rallumé la lumière sur des zones que j’avais condamnées. Avec toi, j’ai senti pour la première fois la possibilité d’un vrai “nous”. Pas un “nous” de façade. Un nous solide, organique, instinctif, profondément lié et tout simplement vrai. Parce que ce que je ressens pour toi, Mimi, ce n’est pas grand. C’est immense, intense. Et si un jour je devais raconter ma vie, alors toi, tu serais le chapitre qui change tout. M.2025











