En attendant l'aube 02.09.2025
Je me demande combien de branches j’ai laissé derrière moi, croyant qu’elles se briseraient si je m’y accrochais. Pourtant, certaines étaient solides, prêtes à me porter, à me relever. Mais je n’ai pas su les voir.
Le lendemain du choc, j’ai brûlé. Quarante nuits, quarante jours. Une fièvre muette, une errance dans le désert de mon âme, cherchant une goutte d’eau comme un animal sacré, innocent et assoiffé.
Et puis, sans prévenir, la pluie est tombée. Dans mes déserts.
Le reste ? Des mirages. Des mensonges qui s’effacent à l’aube.
Ce matin-là, j’ai écouté encore une chanson triste. Une de plus.
Ce sont les premiers jours qui détruisent. Les décisions qu’on prend avec le cœur en lambeaux.
Et c’est toi qui m’as fait ça.
Toi, à qui j’ai donné mon peu d’eau, en attendant que la pluie revienne.
On nous le dit toujours : "Tu pleureras, puis tu te tairas pendant trois jours."
Mais moi, je n’ai jamais su me taire. Pourquoi pleurerais-je ?
On me traite de fou de mélancolie, d’obsédé des chansons tristes.
Ils ne savent pas.
Ils ignorent que le séisme intérieur ne se mesure pas.
Alors laisse faire.
Je suis partant.
Laisse-moi voyager dans l’ivresse douce de la folie mélancolique.
Peut-être que c’est pour ça que les branches me semblent si fragiles.
Mais comment le saurais-tu ?
Demain, ou après-demain, quand la fumée de ma dernière cigarette s’élèvera vers le ciel, je me contenterai de cette fumée sans vie, au rythme d’une chanson.
Est-ce elle qui me maintient en vie ?
Ou est-ce l’espoir qu’un jour, la nuit s’illumine pour moi ?
Que l’aube me reconnaisse enfin ?
Chaque matin, je me fais une promesse :
C’est la dernière tristesse.
Le dernier chagrin.
La dernière cigarette.
Mais surtout, les gens ne tiennent jamais les promesses qu’ils se font.
Et peut-être… peut-être que c’est mieux ainsi.
J’en ai assez de dire que ce sera mon dernier texte.
Assez d’écrire des choses pleines d’espoir.
Mais comme je me le dis…
Surtout, les gens ne tiennent jamais les promesses qu’ils se font.
Alors vas-y.
Ne tiens pas ta promesse de ne pas être triste.
Crie.
Crie jusqu’à ce que le silence te réponde.
Sors sur le balcon.
Maudis ta douleur existentielle.
C’est peut-être là que tu trouveras la branche qui ne casse pas.
Celle qui semble fragile, mais qui, de près, te relève.
Puisses-tu ne pas être une branche qui se brise dans la tempête ce soir.
Comme tout le monde.
Maintenant, lève-toi.
Fais-toi une promesse que tu ne tiendras jamais.
Et ne la tiens pas.
Laisse-toi aller.
Laisse la vie couler avec toi.
Et non malgré toi.
En attendant l’aube.
Les-portes-du-sud













