Un Week-End à Belfort
#3 Siffler sur la colline…
Comme je vous le disais avec la chaleur d’été nous sommes réveillés à 09h00. Une impression de vivre sous une cloche et de manquer d’air, mais ouvrons cette tente bordel ! Petit déjeuner qui réveille, portables rechargés, les bombes à eau pleuvent, c’est de saison. Douche tardive mais douche quand même, puis pause conneries, repas ou semblant de.., danse chorégraphiée, petite sieste pour se mettre en forme avant ce dernier jour de pure folie et au vue de la programmation de ce dimanche c’est le meilleur jour de cette édition 2016.
Les nuages dansent dans le vent lorsqu’on arrive sur le site et c’est bel et bien la talentueuse australienne Courtney Barnett qui nous régale pour cette fin d’après midi. Elle passe en classe supérieure avec les félicitations du jury. Elle et ses deux musiciens forment un roc taillé pour n’importe quelle scène. Une certaine osmose se dégage c’est vivifiant et ça nous booste pour la suite.
Churros / Nutella en poche on se laisse bercer par la folk rock du grand Kurt Vile (et très chevelu). On boucle la boucle puisqu’on a vu Steve Gunn il y a un mois. Lui, qui était son ancien guitariste dans les War on drugs. Ici on le retrouve avec les Violators et le Club Loggia se transforme en route désertique sous une chaleur agréable et légère. Superbe. Assurément un des coups de cœur du festival.
Tout le monde à le sourire sur le visage lorsque Mac Demarco et sa bande entrent en piste. Une table de camping dressée sur scène pour l’occasion et remplie de cannettes de bières. C’est parti pour une heure de pure folie. Comme à son habitude Mac se sent partout chez lui et il va faire de cette plage son jardin. Il invite le public a monté sur scène pour boire des coups au “bistrot” où on croise personnel du festival, musiciens, Courtney Barnett, une famille en fin de compte. Viens le moment du dernier morceau “Still together”. Des slams dans tous les sens, bassiste, public, Mac, Courtney, moi même porté par la houle contre mon gré. Génial ! Je termine devant la scène usé mais conquis contre les festivaliers. Un concert humain et de grande qualité.
Un petit tour aux Kills. VV et Hotel s’appuie maintenant d’un batteur et d’un bassiste. Gros son et valeur sure. La vidéo en noir et blanc retransmise sur les écrans géants accentue le coté “dark” de leur rock-n-roll. Deux morceaux et direction la plage (Encore… !!).
Anderson Paak déchaîne la puissance californienne. “Malibu” c’est l’album, “Monstrueux” c’est la prestation. Accompagné du groupe The free nationals, le rappeur, producteur, batteur confirme lui aussi tout le bien que l’on pensait de lui. Hyper communicatif avec la foule, ça enchaîne avec une certaine classe et un sens profond de l’Entertainment. On n’en rate pas une miette.
Tiens la France marque son 3ème but lorsqu’on prend place devant la grande scène. Ce soir c’est le quart de finale France-Islande et la foule est bien compacte pour fêter cette victoire probable. Ici c’est la folie, sport et musique, un gros weekend. Et de 4 !! (Griezman ce héros). Tame Impala se doit d’être énorme !
Les feux s’éteignent, une cible façon radar sur l’écran géant et voici Kevin Parker prendre place au devant. “Let it happen” résonne comme un fer de lance, on ne remettra pas les pieds sur Terre avant la fin. Confettis, psyché, pur son, lumières parfaites. Nous sommes fans. Quelque chose d’intense et éphémère que l’on voit passer au loin. On attrape le temps, juste un instant, puis c’est déjà la fin. L’essentiel c’était d’être là.
Puis ça discute longtemps pour redescendre car un autre avion est en approche. Tout d’abord Caribou que l’on entendra de loin. “Odessa” résonne sur le sable et on se rappelle le concert de l’an passé. Mais c’est bien sur la Green Room que le monde est entassé. Ce soir les étoiles et les constellations viennent prendre des vacances aux Eurockéennes. Anthony Gonzalez entre sur scène et m83 ouvre le bal du ciel. “Reunion” pour commencer. Trouvez donc un meilleur titre pour démarrer un set, je vous mets au défi. Anthony scande “On va faire la fête ce soir. Vous avez vu le match ?” “Do it, try it”, “Ok Pal”… que des tubes. Ça danse encore et toujours, c’est beau. Le groupe est en parfaite alchimie quand les lumières s’éteignent pour “Midnight city”. Ça a du résonner dans toute la France, j’exagère à peine. Les sourires des filles et des garçons suffiront à nous faire comprendre que c’est un bon concert.
Pour clôturer on fait le choix de rester sur la plage même si ZZ top joue sur la grande scène. Musicalement nous sommes plus proche du duo Ratatat. Le lieu est bondé personne ne veut partir. C’est une avalanche de singles, “Falcon jab”, “Mirando”, “Loud pipes”, “Cream on chrome”.
“C’est qui ce groupe ? Quoi Ratatat c’est pas un pokémon ça ?” Quelques instants plus tard, la même personne en transe les yeux fermés et le corps qui dandine. Pas mal de classe pour ces deux pokémons. On notera leur 3ème homme, leur ingénieur lumière qui armé de lasers puissants nous propulse dans une galaxie fort fort lointaine…
Cette nuit encore on se couchera épuisé, fatigué, mais avec cette forte impression qui laisse entrevoir que la musique rend les gens heureux, vivants, fous mais tellement beaux. Sourire béat, la tête dans les étoiles je pense déjà à la prochaine édition.
Vive la musique, vive les Eurockéennes de Belfort.

















