Alien Triste, de Pedro Mancini
Alien Triste porte un costume-cravate. Alien Triste est hanté par son passé. Alien Triste a une psy et aucun succès avec les femmes. Alien Triste s’appelle aussi Luis et il est dessinateur. Dans ce comic strip humoristique, Pedro Mancini rassemble ses souvenirs d’enfance, ses rêves et ses obsessions incarnés par un visqueux personnage tressaillant. Avec un ton pathético-délirant, il décrit l’entrée dans l’âge adulte et le sentiment d’être étranger au monde qui l’entoure.
Pedro Mancini (Buenos Aires, 1983) est un dessinateur argentin très actif dans le milieu de l’auto-édition. Co-fondateur du collectif Niños et de la revue Ultramundo en 2006, il organise de nombreux festivals et collabore régulièrement dans des collectifs d’Amérique latine, ainsi qu’en France dans la revue Gorgonzola (L’Égouttoir). Depuis 2012, ses travaux sont publiés en Argentine chez Llanto de mudo (Paranoia Normal), Dead Pop (Disparo rayos por los ojos) ainsi qu’en Italie chez Bel Ami Edizioni (Hermano, avec scénario de Darío Fantacci). En 2013 il participe à l’exposition collective « Souvenirs d’enfance », à la Fondation Bullukian de Lyon. Alien Triste est son premier album édité en France.
Traduit de l’espagnol (Argentine) par Cécile Ramirez.
122 pages noir et blanc, 22,5 X 16,5 cm. Couverture cartonnée.
ISBN : 978-2-9546056-3-0.
PVP : 17 EUROS.
Le lecteur est averti d’entrée de jeu, par la manière dont l’auteur représente son avatar : mi-végétale, tronc mou d’arbre érigé vers le ciel, mi-animale, la tête pleine de gros yeux ovales et de ridules, créature décidément phallique dans un costume kafkaïen. Il évolue dans un décor non moins étrange – arbres nus, pleine lune, bouts d’immeubles et ruelles en clair-obscur –, comme si Buenos Aires était devenue un paysage lunaire, semé à la fois d’embûches (potentiellement toutes les interactions sociales) et de tous les possibles. En représentant ainsi les ombres et les lumières, les valeurs plutôt que les liens, l’artiste parvient à créer un monde feutré, mouvant et émouvant, aux relations personnelles évanescentes, pour le plus grand malheur de notre Alien. Car Pedro Mancini, faut-il le souligner, est avant tout un formidable dessinateur qui utilise toutes les caractéristiques de la ligne claire pour explorer, au sein même du quotidien, les territoires du fantastique et du mystère, invitant à sa table Poe, Lovecraft, Burroughs, Moebius.
Extrait de la post-face de Catherine Mao.