Lettre à mes nouveaux patients
Vous avez trouvé ce blog car on vous a recommandé mon approche. Ou par simple curiosité. Vous avez déjà vu une multitude de diététiciennes ou bien c’est la première fois. Et vous vous demandez à quoi vous attendre.
Alimentation intuitive et bienveillance alimentaire. Voilà ce à quoi vous attendre et ce qui résume ma façon d’envisager la diététique.
Et pourtant, au départ je n’avais pas vraiment été formée à ça. Oh non.
J’ai été formée à calculer des rations, des 200g de brocolis et des 4 cuillers à soupe de coquillettes. J’ai appris que le gras c’état mal et que les protéines c’était bien. J’ai appris que si on avait mangé des féculents à midi, il fallait com-pen-ser avec des légumes le soir. Moi, je n’appliquais rien de tout ça dans mon assiette. Aucun problème de poids. En revanche, en commençant à exercer, j’ai vu des personnes lutter pour se restreindre et des patients manger mille fois plus équilibré que moi. Eux avaient des problèmes de poids. Le truc, c’est qu’ils avaient encore plus de problèmes après un régime qu’avant. Ce n’était pas juste, d’une part, mais surtout ce n’était pas logique. En fait, ce que je constatais sur le terrain était l’exact opposé de ce que j’avais reçu comme enseignement lors de mes études de diététique. Alors j’ai commencé à chercher si des gens avaient fait la même observation. J’en ai trouvé plein. La plupart rejetaient la faute sur les patients. “Ils nous mentent.” “Ils n’ont aucune volonté.” Sympa. Vraiment très sympa et faux, de surcroît. Et puis je suis tombée sur un petit groupe qui se demandait comment faire autrement. Des praticiens qui se sont vraiment penché sur ce qui fait la différence entre deux mangeurs, celui qui va garder un poids stable et celui qui va s’épuiser à essayer d’en perdre. Petit à petit, un nouvel horizon thérapeutique s’est dessiné : les pistes à explorer se trouvent plutôt du côté de la régulation de l’appétit, des sensations alimentaires et des émotions des patients que dans leur assiette. La question n’était plus comment accompagner les personnes en demande de perte de poids. La vraie question est comment aider les personnes en souffrance avec leur image corporelle et leur relation à la nourriture à trouver de l’apaisement. Parce qu’un mangeur apaisé, c’est un appétit naturellement régulé. Tout ça, c’était il y a plus de dix ans. La vague du régime Dukan submergeait alors la France de ses promesses d’amaigrissement rapide et sans reprise. Le discours autour de l’écoute des signaux corporels avait du mal à être entendu. Des médecins m’ont ri au nez parce que je ne voulais plus de faire ce pour quoi j’avais été formée. Aujourd’hui, bien sûr qu’il y a encore beaucoup de business autour de méthodes miracle, des influenceurs qui promeuvent des produits immondes et tout un tas de personnes qui souffrent de troubles alimentaires. Mais Dukan a été radié de l’ordre des médecins, on parle d’alimentation intuitive à la radio, j’ai vu des reportages sur les grandes chaînes nationales dénoncer la tyrannie des régimes, il y a des podcasts et des comptes instagram sur la lutte contre la dietculture, des médecins expliquent ce qu’est la restriction cognitive et des chercheurs se battent contre la vision réductiviste de l’alimentation.
Rien n’est jamais fichu, il faut juste ne pas se tromper de combat. L’ennemi, ce n’est pas votre corps, c’est tous ceux qui ont intérêt à ce que vous le détestiez pour vous vendre des poudres, des crèmes et des méthodes soi-disant magiques. Votre corps est votre allié, (ré)apprenez à l’écouter et à en prendre soin.









