"Ce qui distingue l’américanisme, c’est que l’attaque contre la personnalité et la qualité ne s’y réalise pas par la coercition brutale d’une dictature marxiste et d’une pensée d’Etat, mais que les mêmes traits y ont pris forme ou y prennent forme quasi spontanément, par les canaux d’une civilisation ne connaissant pas d’idéaux plus élevés que la richesse, la consommation, le rendement, la production effrénée, donc par une exaspération et une réduction à l’absurde de ce qui eut déjà lieu en Europe. Mais le primitivisme, le mécanisme et la brutalité sont présents d’un côté comme de l’autre. Dans un certain sens, l’américanisme, pour nous, est plus dangereux que le communisme : parce qu’il est une sorte de cheval de Troie […] lorsque le mal agit de façon plus subtile, lorsque les transformations adviennent de manière insensible, sur le plan des mœurs et de la vision générale de la vie, comme c’est le cas avec l’américanisme."
Julius Evola, Orientations, trad. Philippe Baillet, 1950.