Le Sud du Vietnam: Ho Chi Minh, le delta du Mékong et l’île de Phu Quoc
(Période du 23 novembre au 8 décembre 2017)
Nous avons failli ne jamais l’écrire, ce dernier article ! Depuis plus de 2 mois déjà, nous sommes de retour en France et nous avions l’esprit ailleurs… Mais mieux vaut tard que jamais, voici les deux dernières semaines de notre tour du monde…
Nous arrivons à Ho Chi Minh au Sud du Vietnam par avion : la vue du delta du Mékong est fascinante, on a l’impression que toute la zone est inondée.
On retrouve avec plaisir Benjamin le frère d’Antoine qui nous conduit à son appart, avant de retourner travailler. En attendant de le retrouver ce soir, on déambule un peu dans les rues du centre. Terminé la tranquillité laotienne, Ho Chi Minh ville se vit à 100 à l’heure, et le vacarme est incessant. Il y a des 2 roues partout, mais aussi beaucoup plus de voitures que dans mes souvenirs d’il y a 4 ans.
Il y a aussi beaucoup plus de boutiques de type occidental. La ville ou du moins le centre semble riche comparée au reste du Vietnam ! Au détour d’une ruelle, je convainc Antoine de se faire couper les cheveux : les ciseaux du coiffeur virevoltent et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire le voilà tout beau !
Le lendemain nous allons visiter le Palais de la Réunification : en avril 1975 les blindés de l’armée du Nord-vietnam convergent vers le palais ; c’est la fin de la guerre du Vietnam… Nous passons de salle en salle, la déco des années 60/70 est restée intacte, c’est so kitsch !!!
Plus tard dans l’après-midi, nous retrouvons 2 copains de Rennes : Guillaume, qui commence son tour du monde, et Romain, en vacances pour un mois. Ca fait tellement plaisir de voir des têtes connues ! On boit quelques bières en attendant Benjamin, puis nous allons dans un resto français (oui, Ben les connais tous à HCM je pense !).
Ensuite il nous emmène à Bùi Viện, la rue des touristes qui veulent faire la fête. Bin oui, c’est vendredi soir, et on a retrouvé des copains qu’on n’avait pas vu depuis un an ! Nous allons ensuite dans une boîte, puis 2… Sans rentrer dans les détails, on avait tous très mal à la tête le lendemain !
Le dimanche, il fait très beau ! On se ballade dans la ville tout en essayant de mettre au point notre excursion dans le delta du Mékong.
De bon matin le lundi nous partons donc avec Guillaume et Romain en direction de Vīnh Long. De là nous prenons un bac pour atteindre l’île d’An Bình.
L’île est grande, et tellement calme par rapport à l’agitation d’HCM ! Nous posons nos affaires dans une petite homestay (auberge de famille) et empruntons des vélos pour explorer l’île. Je pense qu’aucun de nous 4 a un vélo qui fonctionne bien, c’est assez épique. Il n’y a pas de voiture ici, et très peu de touristes. On roule tranquillement le long des canaux, un peu au hasard. C’est super joli, il y a des fleurs, des arbres fruitiers, des petits ponts à traverser…
Pour le plus grand bonheur de Guillaume, nous nous réveillons à 5h du mat’ le lendemain pour monter sur une petite embarcation : nous avons réservé avec l’homestay un tour dans le delta pour aller voir un marché flottant et différentes fabriques. Après une bonne heure de navigation monotone, nous arrivons au marché flottant de Cai Bé, enfin ce qu’il en reste. Quelques barques persistent mais les locaux ne viennent clairement plus là pour faire leurs courses !
Les maisons sur les berges sont sur pilotis, et plutôt sommaires. On est loin des richesses d’Ho Chi Minh…
Nous croisons des vraquiers pleins à craquer qui semblent à 2 kilos de couler. Une belle église se dresse fièrement à un carrefour maritime.
Ensuite notre batelier nous emmène dans différentes fabriques : de miel, de riz soufflé, de nougat, de bonbons, de galettes de riz… Le circuit est rodé, c’est le même pour tous les touristes. Heureusement on est en basse saison donc il n’y a pas trop de monde, mais les stands (identiques) de souvenirs à chaque arrêt ne font pas vraiment authentique…
En plus notre comparse ne parle pas un mot d’anglais donc nous n’avons pas d’explications ! On profite quand même des pauses pour boire quelques verres de thé et d’alcool macéré dans un bocal contenant un cobra (miam miam).
Sur le chemin du retour, nous changeons d’embarcation pour monter dans des toutes petites barques dirigée par des femmes qui pagaient debout, sans faiblir. Sans le bruit du moteur, la ballade est tout de suite plus calme ! Nous profitons des paysages, un chapeau vietnamien vissé sur la tête.
De retour à l’auberge, nous prenons un bus pour Can Tho, une petite ville plus au Sud. Le chauffeur du bus tente une arnaque très courante en Asie du Sud-est : alors qu’il a laissé descendre tous les passagers à la demande (et absolument n’importe où), il refuse de s’arrêter pour nous lorsque nous passons à proximité de notre auberge. Il nous conduit jusqu’au terminal du bus, bien plus loin, là où plusieurs taxis ou tuktuks nous attendent… Un peu énervés, on préfère marcher 2km avec nos gros sacs en pleine chaleur plutôt que tomber dans la combine. Même si cela ne nous aurait coûté que quelques euros… question de principe !
Sur le chemin on longe le canal le plus crado du voyage : l’eau y est noire, parsemée de déchets, et des rats courent allègrement le long des berges…
Heureusement le port est plus sympa. Après avoir bu un coup et mangé local (burgers frittes pour tout le monde… hum hum), on se met à la recherche d’un guide pour le lendemain pour une autre visite matinale.
On rencontre Haí, qui nous donne rdv à 6h le lendemain, contre un petit acompte. On n’a pas de garantie, mais le mec semble réglo. On règle donc à nouveau nos réveils aux aurores, et c’est presque frais et dispo que nous le retrouvons au petit matin (sauf Guillaume, qui peste et marmonne !).
Cette fois-ci, le marché est bien plus vivant : les barques vendent de tout et les transactions vont bon train. On se fait aborder par un vendeur de café qui rencontre un franc succès. Haí nous offre ensuite un délicieux ananas coupé par ses soins à la machette (tout en clopant et en conduisant, la classe).
On passe et repasse parmi les bateaux, observant avec intérêt ces scènes de vie fluviale. A l’avant de chaque embarcation, une canne est dressée à laquelle sont accrochés les produits vendus à bord. Pratique !
Puis Haí nous fait bifurquer sur un petit canal. Il s’approche d’un palmier, coupe une branche et commence à tresser (toujours en conduisant, fumant, et rigolant avec nous !). 15 minutes plus tard, il m’offre un magnifique chapeau, j’adore !
On s’arrête à nouveau dans une petite fabrique mais cette fois-ci c’est beaucoup plus drôle ; on met la main à la pâte ! Chacun son tour on essaye de faire des galettes de riz. La cuisson se fait à la vapeur, en étalant la pâte sur une toile tendue. Il faut ensuite l’enlever sans la déchirer, n’est ce pas Romain ! La galette est ensuite étendue sur de grandes grilles au soleil. Une fois séchée, il faut l‘insérer dans une machine pour la découper en spaghettis… et ne pas se louper à la réception !
On retourne ensuite à Can Tho : grâce à Haí, on aura passé une excellente matinée, au final bien plus sympa que la veille ! Tout dépend du guide…
Après une après-midi shopping inutile, nous reprenons un bus pour Ho Chi Minh. On retrouve Ben pour une dernière soirée avant le départ de Romain. On le reverra bientôt en France !
Mais on ne se laisse pas abattre : avec Guillaume et Ben, on s’envole très vite pour un week-end prolongé sur Phu Quoc, une île tout au Sud du Vietnam (en face du Cambodge même). Et là, je vous avoue qu’on est plutôt pas mal : piscine dans l’auberge, à 5 minutes de la plage… et pour le Vietnam, des plages vraiment canon.
Plusieurs bars et restaurants se suivent au pied des cocotiers, on profite tranquillement de notre première journée entre baignade, bronzage, petite bière et … ah oui, non juste ça en fait !
On loue 3 bolides pour le lendemain : 2 motos pour Guillaume et Ben, un scooter pour Antoine et moi. On est pas beau avec nos ridicules petits casques ? Antoine essaye pour la première fois de conduire une manuel : ça a très vite l’air de lui plaire !
Ben nous emmène au nord de l’île, on trouve au hasard une petite gargote où manger un morceau avec une vue plutôt agréable…
On roule ensuite jusqu’à un petit village de pécheur sur pilotis. C’est magnifique, ils ont construit des ponts en bois qui s’avancent loin sur la mer, l’eau est absolument transparente… On tombe par hasard sur un groupe d’homme qui s’échauffe un peu : ils ont organisé un combat de coq et le perdant à l’air un peu mauvais joueur !
Le soir, on retrouve Elsa, une française qu’on avait rencontré dans le delta du Mékong. Après avoir mangé des escargots bizarres dans un petit resto de rue, on va profiter de la musique sur la plage pour aller boire quelques cocktails !
Antoine et moi nous motivons le lendemain pour rendre visite à un français installé ici depuis une quinzaine d’année qui gère une plantation de poivre. Le poivre, c’est la spécialité de l’île, en particulier le poivre rouge. Sachant que le retour est proche, on lui en prend des tas : du rouge mais aussi du noir, du jaune et du blanc ! On discute pas mal avec notre hôte et on finit par aussi aller visiter une fabrique de nuoc mâm, une sauce à base de poisson fermenté. Le nuoc mâm est extrait par pressage et filtrage d’une saumure (15kg de sel pour 100kg d’anchois) macérée durant 12 mois dans des fûts en bois. L’odeur auprès des cuves est désagréable, mais lorsque l’on goûte, ça a le goût de… jambon fumé !
On passe une autre après-midi sur la plage de Ong Lang, là encore assez paradisiaque. Et on a le droit à un coucher de soleil… wahou. Immortalisé en plus grâce aux talents de photographe de Nicoló, un copain de Ben retrouvé sur place avec sa copine pour le week-end.
Notre dernière journée n’est pas très productive : il pleut des cordes toute la journée. Alors on joue au billard, on discute, un fait un plongeon dans la piscine, on se repose. Il faut déjà rentrer à Ho Chi Minh !
On passe les deux dernières journées de notre voyage à visiter la ville et à chercher des petits souvenirs à ramener à la maison. Champs Elysées vietnamiens, poste avec armature de Gustave Eiffel, marché, hôtel de ville... on quadrille le centre. Tout en se régalant de Banh Mi à presque tous les repas!
C’est bizarre, on ne réalise pas vraiment qu’on rentre… On se fait un dernier gros resto pour se dire au revoir : Ben reste ici, Guillaume s’envole pour Kuala Lumpur et nous… nous on rentre à la maison. Avec une semaine d’avance pour faire la surprise à nos parents…
Bon autant on a eu de la chance pendant tout le voyage, autant ce retour aura été compliqué (un signe qu’il fallait continuer ?). On décolle de Ho Chi Minh avec 4 heures de retard… du coup, on loupe notre correspondance à Moscou, évidemment ! Pas d’autres vols le soir, on nous en trouve un le lendemain à 8 heures. Soit. Mais après avoir attendu jusqu’à 1h du mat’ dans le hall de l’aéroport, on nous annonce aussi que finalement il ne peuvent pas nous fournir de nuit d’hôtel… On passe donc la meilleure nuit du monde, dans le plus glauque des aéroports… On tente d’abord les banquettes du Burger King, mais ils laissent les lumières et la musique à fond toute la nuit, et on n’arrive pas à dormir. On finit donc sur un banc en métal dans un couloir pour Antoine et à même le sol pour moi. Autant vous dire qu’on ressemble à des zombies lorsqu’on se « réveille » pour aller prendre notre vol !
Et puis nous voilà à Paris… c’est étrange… on se retient un peu de ne pas faire demi-tour et prendre nos jambes à notre coup pour réserver le prochain avion pour ailleurs !
Et puis on retrouve les copains… et d’autres encore. Ils nous avaient manqué quand même !
Le week-end est super, mais au final on se sent encore un peu en voyage : Paris est encore une étape ! Nous prenons un train pour Rennes, et nous disons au revoir pour la première fois depuis 383 jours !!! Mais le serrement de cœur laisse place à l’excitation à l’idée de surprendre nos familles ! Et pour le coup, je crois qu’on a bien réussit !
Nous voilà rentrés après cette année qui aura été plus que magique… prêts à vivre de nouvelles aventures !
Bises à tous, merci de nous avoir lus durant ces nombreux mois !