Lecture hyper hyper agréable.
On entre très facilement dans cette famille, les Brooke, et dans ce domaine incroyable du Sussex. Les personnages sont attachants, complexes, bien campés. Un patriarche meurt, un type peu aimable, égoïste, qui a bien abîmé ses proches, sa femme et les trois enfants désormais adultes. Le manoir délabré et le terrain immense alentours sont fortement convoités pour divers projets. Les personnages secondaires sont chouettes aussi, notamment le hippie-homme des bois Ned. Les dialogues fusent et sonnent vrai. Les questions au cœur de l’histoire sont intéressantes : nos héritages intimes, culturels et historiques. Tout est admirablement construit, fluide et malin. Tout est contenu dans les cinq jours qui encadrent les obsèques de Philip, le père, occasion pour la famille de se regrouper malgré des grincements de dents inévitables.
J’ai vraiment adoré les trois premiers quarts. Notamment grâce aux caractères des personnages et à l’attention portée à la nature de ce coin de campagne anglaise. Hélas, le dernier m’a un peu déçue. Même s’il est habilement troussé, le facteur qui fait dérailler les projets et nos attentes est un peu trop policé à mon goût, et un poil trop vite absorbé par les personnages, et l’apaisement final m’a paru un peu trop facile. Ça ne ternit que légèrement mon appréciation, mais ça n’a pas freiné mon plaisir de lecture. Franchement, on dévore ce roman.
Je ne connaissais pas cette autrice, je serais curieuse de lire autre chose d’elle.



















