J’ai enfin fini Arcadia, le seul livre de Lauren Groff que je n’avais pas encore lu.
Eh bien, ce n’est pas mon préféré ! Et de loin ! Étonnamment, je suis restée assez insensible à ce récit, qui emprunte les yeux et la sensibilité de Ridley, une jeune enfant élevé dans une communauté idéaliste auprès de parents adorés (la mère, fragile psychiquement, est un beau personnage).
On assiste à sa découverte de la vie, à hauteur d’enfant, de la nature, des rapports de forces entre les individus, de notions fondatrices (la solidarité, l’indépendance, l’auto-suffisance, le respect de l’animal, la nécessité de travailler pour se nourrir, le refus de la possession…), on admire ou on se raidit face à cette communauté qui essaie une autre façon de vivre, qui a l’audace de refuser les valeurs de l’Amérique capitaliste, et qui tente de trouver une cohérence. C’est loin d’être inintéressant.
Ensuite vient le temps des désillusions, la communauté recueille des personnes plus perdues qu’animées d’idéaux, et ceux-là mêmes se fissurent et souffrent de nombreuses contradictions. Des personnalités s’affrontent, la famine guette, certains fuient dans le « vrai monde ».
Ridley (appelé Pouce) découvre l’amour, et subit l’atmosphère délétère d’une ère qui s’achève.
On le retrouve plus tard, lui aussi dans le « vrai monde », avec une enfant et une blessure insurmontable.
Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas trop aimé le livre et pourquoi j’ai peiné à avancer… l’ennui ou l’indifférence ont dominé, comme si quelque chose de factice me gênait, comme si j’étais loin, très loin de ces gens-là .
Il a pourtant de beaux passages, et le final est superbe d’ailleurs, empreint d’un lyrisme fataliste et feutré.
Peut-être est-ce dû au personnage de Ridley, être sensible un peu trop lisse… un peu trop doux, qui n’offre pas beaucoup d’aspérités, et frôle une perfection béate vaguement ennuyeuse.
Je suis étonnée car jusqu’à présent j’avais été éblouie par chacun des livres de Lauren Groff, et ma non adhésion me surprend. C’est ainsi. Ça ne m’empêchera pas de me ruer sur son prochain, Bagarres m’a fait un tel effet récemment !





