ATTENTATS DE PARIS : L'AVIS DE SPIROU… par NoTTo. FACEBOOK : http://www.facebook.com/bdnotto/ Partage autorisé. Reproduction interdite sans autorisation écrite de l'auteur.
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ATTENTATS DE PARIS : L'AVIS DE SPIROU… par NoTTo. FACEBOOK : http://www.facebook.com/bdnotto/ Partage autorisé. Reproduction interdite sans autorisation écrite de l'auteur.
#prayforparis
L’HORREUR SOCIO-NUMÉRIQUE PUTAIN DE CHIASSE
Celui qui me parle d’unité nationale ou de guerre contre la terreur je le renvois au XIXème.
Within you, without you.
Quelques mots pour tenter de passer de penser à autre chose. Et si jamais ils peuvent aider.
Après les évènements de début janvier, j’avais écris dans mon coin que je ne comprenais pas pourquoi je n'étais pas si touchée par cet acte terrible. Je parcourais le net et j'étais frappée de choses belles et intelligentes qui avaient rebondi là dessus, mais j'avais l'impression viscérale que les gens ne se rendaient compte que maintenant de la dureté du monde et de ô combien il est difficile, oui, d'y voir encore des merveilles et du rire et des sourires.
Suis désormais touchée en plein coeur des récents évènements et n’arrive pas à m’exprimer, le ressent au fond des tripes de l’estomac en plein la chair, me demande encore comment cela va s’arrêter et quand cette boule de force d’autodéfense au fond du ventre partira. Et essayer de ne surtout pas être emplie de haine.
Si la peur nous empêche d'avancer, cela ne rime à rien. Elle doit nous aider à serrer les dents montrer les poings et battre à grands coups la vie et ses frayeurs. Il ne faut plus avoir peur de la peur, elle est là pour nous stimuler et nous rendre compte du vivant en dedans de nous même.
Activité hors-piste : en cas d’urgence, toujours se souvenir de faire un cercle avec ses doigts et observer quelques secondes le monde vivre pour se sentir moins seule et reliée par la terre et l'air au reste du monde. (Je m’appelle Mina, David Almond, un merveilleux conseil).
Soudain nous avons peur de perdre des amis. Il faut se battre à coups de petits poings et d'arbres qui vivent dans le ventre et de cercles devant l'immensité du monde pour ne pas se perdre et vivre de belles choses - en laissant plus loin les doutes pour l’avenir, les pleurs et l'effroi.
La vie continue. Quoiqu'il arrive, le Soleil se lève, la Lune aussi. Les satellites et tout le reste continuent de graviter. Et la vie continue. Soyons sages. SAGESSE ; accepter la vie dans tout ce qu'elle nous offre, même les épreuves qu'elle nous amène. Quoiqu'il arrive, toujours se souvenir que la Lune continue de tourner autour de la Terre et que la Terre continue de tourner autour du Soleil.
“Les oiseaux n’ont jamais cessé de chanter. Si tu regardes bien, tu vas voir que quoiqu’il se passe les oiseaux vont chanter leur chanson.” Notre quelque part, Nii Ayikwei Parkes, éditions Zulma.
Les oiseaux sont encore là. Ils chantent. Tout espoir d’amour et de paix n’est pas perdu. Ne survivons pas, vivons encore et encore.
Pour les non-blanc-he-s et musulman-e-s de France, l'application VoyageAvecMoi a été mise en place si vous craignez pour votre sécurité dans les transports en commun. http://www.voyageavecmoi.xyz/
Vendredi 13 novembre
Copyright @Jean_Jullien (https://twitter.com/jean_jullien)
Vendredi 13 novembre 2015 des centaines de personnes sont mortes à Paris. Sans raison. Seulement parce qu’elles étaient sorties faire la fête, célébrer le début du week-end dans les bars, les restaurants, les salles de concerts. Seulement parce qu’elles avaient envie de décompresser après leur semaine de boulot, accueillant, comme chaque vendredi soir, le début du week-end à bras ouverts en picolant, fumant, dansant, s’embrassant, chantant.
Des personnes qui ne demandaient rien d’autre que de jouir des instants de la vie, jouir de leur liberté et de leurs droits comme nous tous, français, avons l’habitude de le faire. Mais vendredi, des infâmes connards en ont décidé autrement et ont mis un terme à tout cela. L’alcool, la fête, la musique, les baisers... tout s’est arrêté à 21h40.
Ils n’avaient pas de cibles. Seulement un but : faire le plus de victimes possibles. Ils ont tiré dans le tas, sur cette jeunesse insouciante qui va boire une pinte au Carillon un vendredi soir, dîner au petit Cambodge entre amis, ou écouter du bon rock au Bataclan.
Je suis de l’autre côté de l’Atlantique en ce moment, j’ai suivi les attaques, impuissante, depuis un autre pays. Mais j’ai habité le 11é arrondissement, mon copain y vit toujours (à quelques mètres seulement du boulevard Richard Lenoir et du Bataclan) et mes amis habitent ce même quartier. Aussi égoïste que cela puisse paraître, je suis immensément soulagée qu’ils soient tous sains et saufs et qu’ils n’aient pas vécu l’Horreur. Mais c’est nous tous qui avons été attaqués vendredi. Ce quartier, ces lieux, ce sont des endroits que l’on fréquente, directement ou indirectement, on les connait, on passe devant régulièrement, on s’y arrête, cela fait partie de notre paysage quotidien, c’est chez nous. Comment ne pas penser «ça aurait pu être moi, ou mon pote ce soir là».
Ce n’était ni moi, ni mes amis, mais ce fut malheureusement le cas des 129 personnes qui ne se doutaient pas une seule seconde de l’horreur qui allait se produire ce soir là. J’imagine les innombrables questions qui fusent dans la tête des familles des victimes, la colère se mêlant au chagrin : «pourquoi ?». Malheureusement il n’y a aucune réponse à apporter. Cette terreur ne peut s’expliquer, car il n’y a rien à expliquer. Comment donner du sens à l’horreur ? Comment apporter un semblant de sens à des fous à lier qui sèment la haine, la mort et la terreur ?
Choquée, triste, en colère. Autant d’émotions qui se mêlent dans mon coeur et dans ma tête. Et la peur aussi. La peur que cela recommence. Peur pour mes amis sur Paris. Peur des jours, semaines et mois à venir. Peur de la haine qui risque de se propager dans notre pays, peur de l’angoisse, peur de l’avenir.
Et puis la culpabilité et l’impuissance également en étant si loin. Ce tragique événement nous rappelle tristement à quel point la vie est fragile. Dans ces moments là on ne souhaite qu’une chose : être aux côtés des êtres chers, les embrasser, les prendre dans nos bras et leur dire qu’on les aime. Et puis tout simplement aussi, être aux côtés de ses concitoyens français pour partager la peine et le deuil de notre pays.
A cet instant même je ne souhaite qu’une chose : rentrer dans mon pays. Etre à Paris avec mes amis. Retourner dans mon quartier et arpenter ses rues. Me rendre Place de la République pour y déposer une bougie et me recueillir aux côtés des milliers de français. Etre là tout simplement, même si cela ne fait aucune différence.
Ici je me sens seule, impuissante et incomprise. Je ressens un sentiment de colère lorsque je rentre dans un magasin à Vancouver et que la vendeuse me demande d’un ton enjoué «How are you today?». J’aimerais lui hurler dessus que je suis française et que je suis triste, triste pour mon pays, triste pour les victimes et leurs familles. Mais je refoule cette colère et réponds seulement un faible «I’m OK», en ayant conscience qu’elle n’y peut rien. Que personne n’y peut rien.
Parmi cette multitude de sentiments négatifs, un autre sentiment est là, timide, mais bien présent. Celui d’être vivante. Et pour tous ceux qui ont perdu la vie ce vendredi 13 novembre, nous qui sommes vivants, nous nous devons de continuer à vivre. Aimons, protégeons et chérissons ce fameux «art de vivre à la française» qui fait tant notre fierté et qui a violemment été attaqué cette nuit là. Continuons à vivre en allant boire des pintes au Carillon un vendredi soir, en dînant au petit Cambodge entre amis et en allant écouter du bon rock au Bataclan. Continuons.
Lettre de Simon Casteran
Mon cher Daech,
J'ai bien lu ton communiqué de presse victorieux. Comme on l'imagine, tu dois être heureux du succès de tes attaques menées vendredi soir à Paris. Massacrer des civils innocents qui ne demandaient qu'à jouir d'un bon match de foot, d'un concert de métal ou tout simplement d'un petit restau entre potes, ça défoule, pas vrai ? Alors certes, ça ne te change pas beaucoup des milliers d'exactions commises quotidiennement, depuis des années, en Irak et en Syrie. Mais en bonne multinationale des lâches et des peine-à-jouir que tu es, il te fallait t'imposer sur le marché occidental. Ce que tu as fait, dès janvier, avec l'attentat de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher. Toutes mes félicitations : grâce à tes happenings sordides et sanglants, la marque Daech est plus forte que jamais. Elle a même effacé jusqu'au souvenir d'Al-Qaeda qui, à côté de toi, semble désormais presque raisonnable.
Donc, tu as tué. Oh bien sûr, pas par goût du sang et de la violence, mais au nom «d'Allah le Très Miséricordieux». Moi qui croyais que la «miséricorde» suppose la bonté et l'indulgence envers les autres, je ferais mieux de jeter mon dictionnaire. Et de m'acheter une Kalachnikov et des grenades, pour m'en aller distribuer à mon tour amour et compassion partout où vous vous trouvez. Avant de laisser, sur vos corps enfin bénis, la photo de ma cousine Madeleine, que votre miséricorde a lâchement assassinée vendredi au Bataclan.
L'eussiez-vous connue, que vous l'auriez détestée immédiatement. C'était une femme libre et heureuse, pleine de cette lumière intérieure qui vous manque tant. Horreur suprême, c'était aussi une intellectuelle, qui aimait son métier de prof de lettres en collège. Car oui, chez nous, les femmes ont non seulement le droit d'être éduquées, mais aussi d'enseigner. Tout comme elles ont le droit d'aller où bon leur semble, d'écouter de la musique, de boire de l'alcool et d'aimer qui elles veulent. Sans burqa, ni violence. Bref, de jouir de cette liberté qui vous fait tant horreur. Et dont Paris, «la capitale des abominations et de la perversion», dis-tu, s'est fait depuis longtemps la représentante.
Oui, chers sœurs et frères, n'en doutons pas : l'abomination et la perversion n'est pas à chercher dans le massacre d'innocents par des fanatiques surarmés, qui travestissent le Coran en un manuel du parfait petit terroriste, mais dans cette vie païenne, faite de plaisirs et de joie. Cette «fête de la perversité» qui réunit, de semaine en semaine, des milliers «d'idolâtres» ; lesquels, au lieu d'adorer la Mort comme vous le faites en «(divorçant) de la vie d'ici-bas», préfèrent se rassembler pour communier ensemble, dans un instant de partage et d'adoration de l'existence.
À ce titre, mon petit, ridicule, mesquin Daech, je te dois un aveu : moi aussi, je suis un pervers et un idolâtre. J'aime la vie, le métal, les restaus et, parfois même, regarder un match de foot. Mea culpa, mea maxima culpa. Je suis un Croisé, comme tu dis. Un Croisé de la liberté, de l'amour et de la convivialité ; à la différence, cependant, que contrairement à toi, j'ai évolué depuis le Moyen Âge. Ma religion n'est pas faite de fer et de sang, comme la tienne, mais de chair et d'espoir. Aussi, si tu veux un bon conseil, mon cher Daech, dépêche-toi : car l'Histoire est sur tes talons, et déjà les Lumières que tu veux éteindre menacent ton califat d'un autre âge.
«Allah est le plus grand», écris-tu. «Or c'est à Allah qu'est la puissance ainsi qu'à Son messager et aux croyants. Mais les hypocrites ne le savent pas» (sourate 63, verset 8). Sur ce point, je ne peux que te donner raison. Qu'on l'appelle Dieu, Yahvé ou Allah, le Tout-puissant n'a guère besoin que l'on tue en son nom, ni que l'on pervertisse Ses lois. Alors, pourquoi continuer à tuer ? Ton Seigneur est-il si faible, dans ton esprit, qu'il ne puisse agir de lui-même ? Je ne peux le croire. Ce que je crois, en revanche, c'est que tu t'arranges bien de Son silence. Qu'en tuant au nom de ce même islam et des musulmans que tu prétends défendre, tout en les assassinant, c'est la Création divine que tu détruis. Ce qui fait de toi un impie, un pécheur, encore plus coupable que le croyant que tu exècres, ou les païens que nous sommes. Mais cela, les hypocrites ne le savent pas.
Simon Casteran
Per essere sempre partigiano, mai pui vittime
Parigi penso sempre a te !!