Au Commencement : #MesVignettesPréférées
No U-Turn, c’est un récit qui est devenu tentaculaire. Par peur de me perdre, j’ai décidé de mettre le passé en image. C’était une façon aussi de voir comment mon écriture était reçue. Sans avoir beaucoup de succès, j’ai malgré tout tissé des liens qui se sont avérés suffisants pour me porter et me donner l’envie d’en raconter plus, reculant toujours le moment de sortir le cœur du récit. Mais je ne pouvais pas procéder autrement. Jouer mes personnages au sein du jeu, leur faire donner la réplique, c’est ce qui me permet de les construire. Donc oui, je trouve le temps long, mais je ne regrette rien. Et puis je progresse, aussi, même si j’ai l’impression que j’aurai toujours envie de tout réécrire. C’est très bizarre cette sensation. Ce qui me rassure, c’est qu’au milieu de mes nombreux regards tournés vers le ciel d’exaspération, je retrouve de l’émotion, par-ci, par-là. Alors je me dis que ça vaut le coup, parce-que quand même, tout n’est pas ridicule.
Ainsi, Au Commencement est le premier récit que j’ai écrit pour No U-Turn, en 2015.
Les vignettes, qui accompagnent l’annonce d’un nouveau chapitre, sont importantes pour moi. C’est un exercice difficile car elle doit donner envie sans spoiler. Il en résulte, quand c’est réussi, un sentiment de nostalgie quand je les regarde aujourd’hui.
La première, pour qui ne connait pas le texte qui va avec, est assez malaisante. Ce n’est pas ma préférée. Néanmoins, une fois que l’on sait ce qu’elle raconte, elle me dit : “I’ve got your back.” “J’assure tes arrières.” (Petit aparté : je pense souvent en anglais quand j’ai des scènes en tête. Non que je sois bilingue, mais la plus grande partie de ma culture fictionnelle est animée et en anglais donc je réfléchis comme ça). Cette légende, pourtant rassurante à priori, a une dimension tragique quand on connaît la suite. C’est cette dichotomie qui me plaît.
La seconde, c’est le synonyme du nouveau départ. A cet instant, tout est apaisé, un équilibre s’est créé. Cette image m’apaise et me fait penser immédiatement à Anjana. :)
J’adore la troisième. Elle est pleine d’espoir, lumineuse, comme ses deux protagonistes. Elle dégage une vraie chaleur, celle que l’on retrouve au sein de son cocon. Et puis il y a cette phrase, qui,en faisant voyager dans le temps, renforce la nostalgie qui se dégage de la photo.
La quatrième est assez étrange : ils se regardent mais leurs regards ne se croisent pas. C’est curieux quand on y pense. Ce que j’aime dans cette photo, c’est la connexion qui les unit.
Pour la cinquième, je regrette mes pauvres talents de graphiste. Ça donne mieux dans ma tête. XD Néanmoins, je trouve Dan magnifique ici. Sa bouche, son nez, ses épaules... Je le trouve beau. Et puis chaque partie de son corps porte une symbolique : la larme de tristesse, la boule dans la gorge, le poids des responsabilités, et les soutiens.
La sixième, bien que mal cadrée, est ma préférée. Fragmentation, c’est le mot clé de Silvia.
Et enfin, j’aime la photo et son traitement, tout simplement.