Attendu depuis trois ans, AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON arrive dans nos salles en mettant fin à une impatience générale méritée, en raison du très bon premier AVENGERS qui avait su relever le défi de réunir autant de super-héros Marvel dans un seul et même film.
Fort de ce succès, le réalisateur très côté ces temps-ci Joss Whedon (scénariste en 2012 de LA CABANE DANS LES BOIS notamment) reprend à nouveau les rênes de la saga pour cet AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON. On y retrouve les têtes pensantes de la Avengers Assemble, Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye, ainsi que quelques nouveaux venus, tous réunis sous la même bannière : celle de sauver notre planète.
La bataille contre la terrible organisation HYDRA fait toujours rage, avec cette fois-ci de nouveaux adversaires toujours plus coriaces. L’occasion de retrouver également nos super-héros ensemble, avec aussi leurs problèmes personnels et parfois des incompatibilités d’humeur. Joss Whedon a-t-il réussi la passe de deux ? La planète va-t-elle être sauvée ? Hulk est-il toujours vert ? Tant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre …
AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON part avec de solides bases : même réalisateur, même casting haut de gamme avec Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Chris Evans, Mark Ruffalo, Jeremy Renner et Scarlett Johansson. Que les spectateurs qui n’ont pas vu le premier AVENGERS se rassurent, ce second volet est parfaitement accessible et compréhensible par tous (faut dire que Disney et Marvel ne sont pas totalement fous, ils ambitionnent de séduire un maximum de personnes !).
AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON apporte également son lot de nouveaux personnages histoire d’amener un minimum de nouveautés (et d’exciter les ultra fans Marvel), avec en particulier les jumeaux Wanda et Pietro Maximoff, connus également sous le nom de Scarlet Witch et Quicksilver. Les jeunes stars montantes hollywoodiennes Elizabeth Olsen et Aaron Taylor-Johnson (acteur découvert tout jeune dans KICK-ASS) se sont vus confier les costumes moulants de ces deux super-héros (pour l’anecdote, ils jouaient un couple dans la récente version de GODZILLA).
À noter que le personnage de Quicksilver était déjà présent dans X-MEN : DAYS OF FUTURE PAST mais interprété par un autre comédien.
Scarlet Witch et Quicksilver restent cependant des personnages très secondaires, qui n’ont guère d’impact sur le scénario ici. Au-delà du plaisir pour les fans Marvel de les retrouver, on a tout de même le sentiment qu’ils ont été ajoutés tardivement, sans grande ambition de développer ces personnages.
Truffés d’effets spéciaux, de scènes chargées d’action pendant quasi deux heures et demi, le film possède toutes les caractéristiques d’un blockbuster, placements de produits compris (parfois un peu grossiers d’ailleurs). En ce sens, AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON ne surprend pas et assure l’essentiel. Et c’est ce dernier point qui est un peu la faille de cet opus.
En effet, hormis quelques nouveaux personnages (gentils et méchants) inhérents à ce genre de suite, AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON manque quand même cruellement de vraies trouvailles. Une fois passé le plaisir de retrouver nos super-héros réunis, notamment dans une très bonne première séquence d’ouverture pré-générique, on attend désespérément un vent de fraîcheur pour dynamiser l’ensemble et totalement nous surprendre.
Ainsi, les scènes d’action, sans être ratées bien entendu, n’ont rien de franchement ébouriffant, sans doute parce que l’effet de surprise de voir tous les personnages côte-à-côte se battre ensemble, c’est ce qu’on l’avait déjà vu dans le premier AVENGERS. Par ailleurs, la mis en scène des combats se trouve être parfois un peu brouillonne, notamment en raison du trop grand nombre de personnages dans une même scène.
Alors certes, il y a bien la rivalité grandissante entre Captain America et Iron Man dans AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON qui sert de terreau au prochain CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR (dont la sortie française est prévue pour le 04 mai 2016) ; mais on reste sur cette impression d’une redite du premier opus, sans approfondir certains points ou même en aborder de nouveaux, en ce qui concerne la psychologie des héros.
De plus, on peut regretter certains choix de la part du réalisateur. En premier lieu, la faible part accordée à l’humour, cantonné surtout dans la première partie du film (avec notamment une scène très réussie et fun autour du personnage de Thor et de son gros marteau). En ce sens, les scènes de dialogues deviennent assez mornes et plates, Joss Whedon ne parvenant pas à les rendre ni intenses, ni sombres ni décalées non plus du coup.
Ensuite – et c’est un point essentiel, voire primordial dans un film de super-héros -, l’adversaire des Avengers est un peu décevant. Ultron n’apparaît pas si inquiétant que cela au final, et surtout son verbiage trop présent éclipse sa violence et sa noirceur !
Sans en faire un film raté ou mauvais, loin de là, AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON se révèle malgré tout une déception dans son ensemble. Disons qu’il manque clairement de nouveautés et d’une vraie originalité, ainsi que de séquences marquantes. On peut aussi s’interroger si AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON ne paye pas la sortie ces six derniers mois du décomplexé LES GARDIENS DE LA GALAXIE, et du brillant X-MEN : DAYS OF FUTURE PAST avec ses multiples temporalités et ses personnages à la psychologie complexe ? …
Par ailleurs, les tentatives pour travailler autour des tiraillements entre les personnages de AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON sont un peu vaines, ne parvenant pas particulièrement à nous intéresser aux personnages, à la différence des films Marvel centrés sur un unique super-héros.
AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON, sortie en France le 22 avril 2015.