Audio en español. Traduis en français. English translation.
Rebecca: En premier lieu, peux-tu te présenter? Qui est Diego? (Rires)
Diego: Qui suis-je? (Rires) Dans ce nouveau monde je ne sais plus qui je suis.
Rebecca: Et avant?
Diego: Avant, j’avais un hôtel. J’ai travaillé dans différentes choses. En réalité j’ai fait des études dans tout ce qui touchait au domaine de l’audiovisuel. J’ai longtemps travaillé comme cameraman de documentaire, de film indépendant etc. Des productions très petites. Puis j’ai travaillé dans l’industrie du plastique. Je faisais les étiquettes sur les bouteilles d’eau notamment (tend sa main vers une bouteille posée sur la petite table en bois face à lui). J’en ai beaucoup vendu. C’est une grande industrie. Ça marchait très bien. Mais à ce moment là, je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin de plus d’argent. De vivre dans la ville. Et j’ai donc décidé de vivre en dehors. J’avais déjà acheté ce terrain à cette époque. Et…
Rebecca: Et maintenant tu es ici, à Lobitos!
Diego: Ça va faire 10 ans que je suis à Lobitos. En 2022, ça fera 10 ans exactement.
Rebecca: Et pourquoi ici à Lobitos et non un autre endroit?
Diego: Pour les vagues, la tranquillité. Pour ces deux raisons principalement je crois. Pour être loin de la ville. Je pensais également à Pimentel qui est plus dans le sud. C’est le port d’embarcation de Chiclayo.
Rebecca: Qu’est-ce qui a changé depuis ton arrivée à Lobitos?
Diego: Il y a beaucoup plus de mondes. Qui sont à la recherche des mêmes choses que moi. Et la situation actuelle est une raison de plus. C’est également plus simple maintenant d’y vivre. Quand je suis arrivé, il n’y avait ni lumière, ni eau. Ou internet. (Rires. La connexion est encore très mauvaise ici. C’est notamment pour ça que je retourne à la ville de Piura. Impossible d’y faire cours malheureusement.) Maintenant il y a tout cela.
Rebecca: Et ça ne te dérange pas qu’il y ait plus de personnes?
Diego: Si. J’ai choisi ce lieu car il me paraissait difficile que quoique ce soit s’y développe.
Rebecca: Autre question, pour toi, quel est le sens de la vie?
Diego: Ouah! C’est une question que je me suis souvent posé. Pourquoi vivons nous ici? Quel est notre but? (Rires)
Rebecca: Et quelle définition tu as trouvée alors?
Diego: Je ne suis pas sûre d’avoir quoique ce soit de défini en tête pour répondre à cette question.
Je ne sais pas ce que nous sommes. Mais je ne crois pas que nous sommes ce que l’on pense être. Je crois que nous sommes plus que ce que l’on pense. J’ai des doutes sur le système éducatif, les gouvernements, sur tous les lobbys pharmaceutiques. Je ne sais pas qu’est-ce qu’est le sens de la vie. Bien vivre, faire le bien? Je ne sais pas. Profiter de la vie. Je ne sais pas s’il faut forcément un but spécifique comme trouver un remède à une quelconque maladie ou découvrir, arriver à un quelconque lieu. Je ne sais pas s’il faut faire quelque chose en particulier.
Rebecca: Mais une chose est certaine: bien vivre?
Diego: Oui, bien vivre.
Rebecca: Quel est ton rêve?
Diego: Maintenant c’est d’apprendre à naviguer et naviguer. Partir et naviguer. Je sais que c’est difficile et cher. Surtout cher (Rires). Peut-être que la même opportunité qui m’a été donnée de venir vivre ici, la même me sera donnée d’avoir un bateau. Voilà mon rêve. Naviguer. Naviguer pas très loin d’ici, comme à Los Órganos, Pimentel, Lima puis au Panama. (Rires)
Rebecca: (Rires) puis plus loin!
Diego: Puis plus loin. Je n’ai rien de plus que 6 chiens et ce terrain finalement.
Rebecca: Tu fais quelque chose pour réaliser ce rêve?
Diego: J’étudie depuis le commencement de la pandémie. Je le fais en candidat libre depuis chez moi. Mais je pense faire les cours officiels. J’ai déjà le livre et j’ai validé le premier cours qui est patron d’embarcation de recréation (P.E.R). Actuellement je passe celui de skipper dans un yacht. J’aimerais m’acheter un petit voilier. Les gens recommencent à venir, je vais donc pouvoir économiser à nouveau (avec la pandémie, plus personne ne venait ainsi Diego a dû toucher à toutes ses économies). Peut-être qu’à la fin de l’année je vais pouvoir le faire.
Rebecca: Un dernier mot pour nos lecteurs, si lecteurs il y aura?
Diego: Je crois que le meilleur conseil que je puisse apporter à quelqu’un, c’est de se concentrer sur quelque chose de spécifique. Si tu commences à faire quelque chose, même si tu commences petit, et que tu le fais toute ta vie, tu deviens le meilleur dans cette chose. Il ne faut pas faire trop attention à ce que te disent tes parents, les grandes personnes en général. Même si au début, tu n’es pas très bon. Plus tu pratiques, plus tu deviens un maestro dans cette chose. Mais il faut être constant.
À la fin de l’entrevue, il m’a fait un bisou sur la joue et m’a remercié pour ma présence.
English:
Rebecca: First of all, can you introduce yourself? Who is Diego? (Laughters)
Diego: Who am I? (Laughters) In this new world I don’t know who I am.
Rebecca: And before?
Diego: Before I had an hostel. I worked in different areas. The truth is, I used to work in the audiovisual’s world. For a long time I worked as a cameraman for documentary, independent movies ect. Small productions. Then I worked in the plastic industry. I used to make the labels on the bottle of water for instance (point at a bottle of water on the small wood table in front of him). I sold a lot of them. It’s a big industry. Things were working out really well. But at some point, I realized that I did not need more money. Or to live in the city. So I decided to go out of it. I had already bought this piece of land. And…
Rebecca: And now you are here, at Lobitos!
Diego: It’s been 10 years. In 2022, it’ll be 10 years exactly.
Rebecca: And why here in Lobitos and not some place else?
Diego: For the waves, the tranquility. For those two mains reasons, I think. To be outside of the city. I also thought about Pimentel, which is more in the south. It’s Chiclayo’s port of embarkation.
Rebecca: What have changed since your arrival in Lobitos?
Diego: There’re more people. Looking for the same things as me. The current situation is one more reason. It’s also easier to live here. Before there were no electricity, water. Or internet. (Laughters. The Wi-Fi connection is still really bad here. That’s why I’m going back to the city, Piura. It would have been impossible to give classes unfortunately.) Now you have all that here.
Rebecca: Don’t you mind that there are more people here?
Diego: Yes. I chose this place because I thought that any development was impossible here.
Rebecca: Other question, for you what is the meaning of life?
Diego: Wow! That’s a question that I often asked myself. Why are we living here? What is our purpose? (Laughters)
Rebecca: And what definition did you find then?
Diego: I don’t think I have anything defined in mind to answer to this question.
I don’t know who we are. But I don’t think we are what we think. I think we are more than what we think. I have doubts about the educational system, governments, the pharmaceutical companies. I don’t know what is the meaning of life. Living well, doing good? I don’t know. To enjoy life. I don’t know if a goal is necessarily needed like to find a cure to some disease or discover, go to some place. I don’t know if something in particular has to be done.
Rebecca: But one thing for sure: living well?
Diego: Yes, living well.
Rebecca: What is your dream?
Diego: Currently is to learn how to navigate and to navigate. To leave and navigate. I know that’s difficult and expensive. Especially expensive. (Laughters). Maybe the opportunity offered to me to come live here, the same one will open up to buy a boat. This is my dream. To navigate. Not very far, like Los Organos, Mancora, Pimentel, Lima... then Panama. (Laughters)
Rebecca: (Laughters) then further!
Diego: Then further. I have nothing more than six dogs and this piece of land after all.
Rebecca: Are you doing something to make this dream come true?
Diego: I’m studying since the beginning of the pandemic. I’m doing it from home. But I’m thinking of doing the official class. I already have the official book and I passed the first session which is “operator of the boat”. Currently I’m doing the session “yacht master”. I would like to buy a small sailboat. People are starting to come again, I’m going to be able to save some money again (with the pandemic there was no one coming to “La vista”, so Diego had to use his savings to live). Maybe at the end of this year I’ll be able to buy it.
Rebecca: One last word for our readers, if readers there’ll be?
Diego: I think the best advice that I could give to someone, it would be to focus on something specific. If you start doing something, even if you start small, if you do it every day of your life, you are going to become the best at it. Don’t pay too much attention to what your parents are saying, or adults for that matter. Even if at the beginning you are not that good. More you practice, more you’ll be able to become a maestro. But you need to be constant.
At the end of the interview, he gave me a kiss on the cheek and thanked me for being here.
Gracias Diego!















