Hateread de Tara Duncan tome 10 – Dragons contre démons - Chapitre 1
Ceci est un Hateread du tome 10 de la saga Tara Duncan, inspiré par le long travail de Patricklemorse. Pour plus d’explications ou d’introduction, référez vous au post « Hateread de Tara Duncan tome 10 – Dragons contre démons - 0 : Dans les épisodes précédents » !
L’ensemble des extraits cités entre guillemets et en italiques appartiennent à madame Sophie Audoin-Mamikonian, que j’appellerai Madame S.A.M par facilité.
Salut à tous ! Après quelques jours de procrastination, je me remets à la lecture haineuse du tome 10 de Tara Duncan. Le prologue nous avait laissés sur un commandement d’assassinat perpétré dans un spa, avec à la clé la douce promesse de la mort prochaine de Tara, Cal et Robin.
C’est l’heure maintenant de la lecture du chapitre 1, qui risque de faire couler de l’encre puisqu’il va se concentrer sur quelques personnages principaux. Et Dieu sait qu’après les avoir vus et revus pendant 9 tomes, je les connais bien. Le chapitre s’intitule « Cal : Ou comment regretter que les anciens aient autant d’imagination pour protéger leurs trésors ». Ce titre qui m’évoque Chem me donne déjà envie de parler, mais je vais me retenir et d’abord essayer de lire tranquillement.
Comme le titre l’indique, le chapitre s’ouvre tandis que Cal se trouve en plein vol de trésor, une activité qu’il pratique souvent en tant que Voleur Patenté.
« Cependant, depuis que la magie était devenue bien plus forte sur Terre, grâce... ou plutôt à cause de... Tara et Jeremy, les protections dont les sortceliers avaient entouré leurs trésors avaient aussi gagné en puissance.
Des tas d’os plus ou moins décomposés, verdis et gluants autour de la statue d’obsidienne représentant Anubis, le dieu à tête de chacal, gardien des morts, l’attestaient avec une pénible certitude. »
Bon, il m’aura fallu deux paragraphes, mais la phrase est moche. « Verdis et gluants autour de la statue d’obsidienne », ça donne l’impression qu’ils gluent autour de la statue d’obsidienne, mais vu qu’on est pas sur un gérondif mais un adjectif (ce qu’on voit au « s » à la fin de « gluants »), c’est pas possible. Et dans quel univers les os deviennent gluants en pourrissant ?? Peut-être que je manque de culture mais ça sonne profondément étrange. De plus, introduire à la fois les os et le personnage mythique d’Anubis rend la lecture difficile, puisque le lecteur se demande ce qui est important entre les deux choses qu’on vient de lui présenter.Si on ajoute à ça le fait que cette phrase reprend un élément de la précédente pour appuyer une affirmation, on est déjà dans la boue au bout de quelques lignes. C’est un des détails récurrents qui rend la lecture de Tara Duncan très pénible : l’excédent de détails, les précisions immédiates pas nécessaires. Les phrases en deviennent pataudes au possible.
Conseil d’écriture : quand vous faites des phrases descriptives, coupez-les en plusieurs morceaux, s’il vous plaît. C’est important.
Et si y en a qui se demandent, j’aurais suggéré « Des tas d’os, plus ou moins décomposés, l’attestaient avec une pénible certitude. Verdis et gluants, ils s’éparpillaient autour d’une sombre effigie : une statue d’Anubis, le dieu à tête de chacal, gardien des morts ». Ça fait plus long, et ça nécessite plus de virgules, mais non seulement il y en a moins par phrases mais en plus elles me semblent mieux placées et il n’en manque aucune.
Cal est rejoint par Robin, et la narration explique que Lisbeth (l’Impératrice d’Omois, tante de Tara) a donné l’ordre aux deux garçons de chercher des informations sur la Guerre des Failles, qui a autrefois opposé les humains aux démons. Manifestement, ça fait déjà plusieurs missions que les deux garçons travaillent ensemble pour retrouver des documents à ce sujet. Je sens venir le moment gênant concernant leurs sentiments pour Tara.
« — Je suis content que ce ne soit pas une pyramide cette fois-ci, nota-t-il. Tous ces labyrinthes, ces pièges, on a l’impression d’être complètement écrasé dans ses boyaux de pierre.
— Il n’y avait pas de pyramides il y a cinq mille ans, répondit sentencieusement Robin. La première, du moins la première que l’on a retrouvée sur cette planète, était celle de Saqqarah, qui a été construite vers 2660 « avant l’ère chrétienne », comme dit Tara. Soit environ trente-huit ans après la guerre des Failles. Et la raison d’être des pyramides était purement magique. Cela permettait aux sortceliers humains d’emmagasiner l’énergie afin de pouvoir s’en servir contre les dragons et les démons au cas où ils décideraient de recommencer à dévaster la Terre. »
Mais argh. Est-ce que vous pouvez laisser UN aspect de la culture terrienne aux nonsos au lieu de pointer des trucs au pif en disant « c’t’à nous ? » ?? Merde, c’est pénible, à la fin, ça donne vraiment une image des nonsos nulle, comme s’il s’agissait d’espèce d’animaux de compagnie dénués de la moindre histoire, qui se laissaient brosser par les sortceliers ! Alors que ceux-ci ont une planète entière rien que pour eux où l’absence de magie ne trouve que difficilement sa place, et il faut quand même qu’on vienne nous dire à tout bout de champ que la culture terrienne n’est basée que sur leur petite existence. Laissez au moins uneculture terrienne se passer des sortceliers, bon sang !
Cal demande ensuite à Robin s’il a repéré des créatures dangereuses dans le coin, et l’elfe répond que non, avant de faire observer qu’une créature qu’ils vont probablement réveiller risque d’être du genre anthropophage. Et pour être honnête… le dialogue de Cal et Robin autour des mangeurs de chair et de leur lassitude à propos de manquer se faire bouffer toutes les cinq minutes n’est pas si mal. C’est très rare de voir des moments où ces deux-là parlent sans que Cal se montre lourd avec ses blagues, ou Robin trop premier degré, et on sent une espèce de complicité plutôt appréciable. Vu que jusque-là les relations autres qu’avec Tara n’étaient pas développées particulièrement, je considère vraiment ça comme un bon point.
Bon, comme je l’avais prédit, cette espèce d’amitié est vite gâtée par une intervention de Tara. Celle-ci semble ghoster Cal (rt si c’est triste), et ce dernier, conscient de la façon dont la relation entre Tara et Robin s’est achevée, évite de se montrer trop insistant auprès d’elle.
« Robin ne posa pas de question. Le demi-elfe était bien trop noble pour demander qui appelait, même si la curiosité faisait briller ses yeux de cristal. Cal ne l’aurait avoué pour rien au monde, même sous la pire destortures, mais le fait que Robin soit aussi séduisant (Cal, that’s gay) l’ennuyait vraiment. Cal avait peur de ne pas soutenir la comparaison. Et puis Robin n’était pas idiot, il avait de vrais principes de chevalier et possédait à la fois le charisme des elfes et la tendresse des humains.
Dangereuse combinaison. Mais Cal comptait sur le fait qu’il avait avoué son amour à Tara, s’était fait transpercer pour elle et qu’il était bien plus malin que Robin »
Eet voilà comment ruiner une des seules tentatives d’amitié hors-Tara dans ce groupe ! Avec une rivalité à la con :’D.
Je ne sais pas ce qui est le plus gênant… Entre le fait que Cal planifie vraiment son coup en observant les compétences de Robin par rapport aux siennes, comme s’il s’agissait d’un combat, qu’il compte son sacrifice (qu’il faisait présument de façon désintéressée, la base du sacrifice, quoi) dans le lot de ce qui peut séduire Tara, ou que rien de ça n’a l’air d’être critiqué… Tout ça sonne malsain, je vois vraiment pas comment on peut soutenir l’une ou l’autre des relations. Tara et Cal vont finir ensemble et le chevalier servant démodé va être mis de côté, wouhou ! Franchement, c’est irritant.
Qu’on soit clairs, je ne shippe pas particulièrement Tara et Robin non plus. En fait en terme de ships dans la série, c’est vraiment le néant pour moi, aucun personnage n’a d’alchimie avec les autres. Je pense que Tara devrait arrêter de sortir avec des gars, tout bonnement.
Bref, R.I.P l’amitié potentielle Cal-Robin, tu auras duré une page. Ai-je l’espoir que la tentative d’assassinat qu’ils vont subir les rapprochera ? Peut-être, mais bon, à ce stade j’ai pas d’attente.
Cal parvient à voler les documents, et déclenche accidentellement, comme les fois précédentes, un piège fait d’acide. Les deux garçons s’échappent en s’épaulant, et tombent sur des crapauds qu’ils n’arrivent pas à attaquer, tandis que leur magie ne fonctionne plus et que l’arc de Llilandril de Robin n’atteint plus ses cibles, et… la scène marche bien. Il n’y a pas d’humour lourdingue pour casser l’ambiance, on sent que les deux sont en danger, et la façon dont ils coopèrent leur donne vraiment un rôle à chacun : Robin défend, tandis que Cal s’occupe de trouver la stratégie nécessaire. Tout ce passage arrive à faire sentir un vécu au duo en terme de mission, c’est agréable à lire. Wow je ne pensais pas que j’allais apprécier des scènes de ce tome 10 dès le début, comme quoi !
Mais bon, pour revenir aux mauvaises habitudes : Cal parvient à réaliser que tout ça n’est qu’un sort d’illusion, et le dissipe. Les crapauds se transforment en d’autres créatures, et…
« Cal et Robin regardèrent l’immonde grouillement de créatures dont la véritable forme venait de se révéler et qui, se croyant dissimulées par la magie, progressaient vers eux alors qu’ils essayaient de tuer des crapauds illusoires, le corps de l’une d’elles transpercé par le poignard de Cal, contrairement à ce qu’ils avaient vu et ils soupirèrent. »
Madame S.A.M, vous ne prenez pas de relecteurs et ça se voit. Ça se voit horriblement. C’est quoi, cette phrase.
La première moitié jusqu’à « progressaient vers eux », ok, j’ai pas d’objection. Mais par où commencer… 1) « Le corps de l’une d’elles », l’une d’elles quoi, les créatures ? Le sujet est il y a trois lignes, un rappel ferait pas de mal puisqu’il y en a d’autres arrivés entre-temps (« forme », « crapauds »). 2) Y a trop d’actions, faites ou rapportées, dans cette phrase. Huit verbes. HUIT VERBES. Comment tu utilises huit verbes, d’usages variés (passif, gérondif, actif) comme ça ? 3) Et trois virgules. Huit verbes de formes différentes pour trois virgules, j’appelle ça une mort cérébrale. Vous savez, je critiquais plus tôt la surdose de virgules, mais là je les cherche désespérément. Une virgule sert à mettre des temps de pause dans la phrase, à lui donner un rythme, mais aussi marquer le sens. On ne les sème pas comme des graines de coquelicot. 4) « illusoires » et « contrairement à ce qu’ils avaient vu » disent littéralement la même chose. On peut se passer d’une de ces formulations. 5) « et ils soupirèrent » en fin de phrase alors que le sujet, « Cal et Robin » est au début, c’est pour m’achever, c’est ça ?
« Cal et Robin regardèrent l’immonde grouillement de créatures dont la véritable forme venait de se révéler et qui, se croyant dissimulées par la magie, progressaient vers eux. Cal nota qu’une des bêtes avait tout de même été blessée par son poignard ; mais sa satisfaction fut de courte durée. »
Oui, je retire beaucoup d’éléments, mais ceux-ci n’apprennent littéralement rien que les phrases d’avant ne disent pas déjà.
Et si vous vous demandez pourquoi « sa satisfaction fut de courte durée », c’est parce que nos chers amis réalisent que les bêtes révélées par la magie de Cal ne sont autre que des goules. Des créatures mortes-vivantes qui, contrairement aux zombies, consomment de la chair humaine.
« — Tu crois que les sortceliers du coin ont eu un prix de gros ? persifla Cal. Ça devient un peu récurrent, comme thème, je trouve.
— Comment as-tu compris ?
— Lorsque le sortcelier a préparé son piège, il s’est basé sur les conditions dans lesquelles il évoluait il y a cinq mille ans. Or le temple ne reposait pas sous cent mètres de sable, il n’y en avait pas. La voûte aurait dû s’effondrer bien plus vite et pourtant le sable ne coulait pas, ce n’était pas logique. De plus, les fameux crapauds ne bondissaient pas bien haut ; il ne fallait pas qu’ils s’approchent trop de nous, sinon nous aurions vu qu’ils n’étaient que des illusions. »
Vous avez vraiment besoin de faire un dropping d’explications alors que vous êtes en PLEIN COMBAT ?
Toute la tension construite plus tôt s’efface, avec ce genre de choses. Déjà, la blague de Cal suggère vraiment qu’il ne se sent pas en danger, ce qui est vachement dommage puisqu’il y avait une bonne ambiance d’instaurée jusque-là, mais en plus quel besoin a Robin de lui demander des explications maintenant ? Garde ton souffle et pose-lui les questions après, merde ! Mais bon, c’était nécessaire de montrer maintenant tout de suite à quel point le gros cervo de Cal est gros.
Les deux garçons arrivent enfin à s’échapper après que Robin ait suggéré à Cal d’incanter un sort similaire à ceux de Demiderus. Ils se retrouvent dans le désert, et ont un rire nerveux qui dégage un peu la tension. Vraiment, ça me surprend, mais je serais presque désolée de ne pas les aimer individuellement, car ils ont une bonne dynamique de duo. Je les shipperais presque. Robin explique comment il a compris ce qu’il fallait faire pour s’évader (hors combat, merci, Robin), et le chapitre s’achève là ! Il était bien plus plaisant à lire que je le redoutais, malgré les phrases pénibles ici et là. On donne plus de temps aux persos qu’à de la ré-exposition, contrairement aux autres tomes. Est-ce que madame S.A.M aurait écouté les remarques de ses lecteurs après autant de temps ? On va l’espérer.
Comme aucune ré-introduction de personnage n’a été faite, je n’ai pas encore parlé de ce que je pensais des persos dans le détail. J’attendrai peut-être qu’ils soient plus nombreux pour le faire.