Me voila depuis une bonne semaine a Guayaquil, une des plus grosses villes du sud de l´Equateur. Une ville typique d un pays en developpement dans laquelle richesse demesuree cotoie l extreme pauvrete dans un contexte de violence et d insecurite.
Au coeur des socio viviendas: ce sont des logements sociaux mis en place par le gouvernement. Pas d immeubles HLM comme vers chez nous mais plutot un aligement de petites maisons ou vit une population majoritairement afro equatorienne. Ce sont des lieux d etreme violence et de traffic de drogue. L association dans laquelle je fais mon volontaria JUCONI (Junto Con los Ninos) travaille dans ces banlieues et en partie dans une partie de la banlieue appelee “la barraca” reputee comme la plus violente et dangereuse au sein de la banlieue. L objectif de l association est de reduire la violence au sein de ces quartiers et d y erradiquer le travail des enfants tout en faisant plus globalement en sorte que les droits des enfants soient au mieux respectes. Le travail est fait a deux niveaux: avec les enfants et leur famille, un accompagnement personnalise par une equipe d educateurs et psychologues et un travail global et communautaire pour renforcer le lien social et aider ces communautes en leur donnant des cles pour impulser un changement. Par exemple, la semaine prochaine, mes collegues organisent una minga, c est un gros travail de nettoyage et remise en beaute du quartier auquel nous participons ainsi que les habitants. Mes collegues sont adorables. Mon travail me plait: je passe 2 jours dans les bureaux et les aide a s organiser ( j ai trie et codifie tous leurs livres, je leur prepare des documents de presentation de l asso structures qui pourront servir pour la communication ou la levee de fonds...) et les 3 autres jours je suis sur le terrain avec ma super casquette et mon dossard (garants de ma securite) pour aider les equipes dans leurs activites.
Au coeur des ciudadelas: ce sont des gated communities, c est a dire des petites ou grandes villes privees et fermees par des murs. La securite y est excessive (controle des entrees et sorties, cameras partout...Et on trouve a peu pres tout a l interieur (ecole, centre commercial, gymnase... J habite dans une famille d accueil dans l une de ces ciudadelas aisees. Le matin, on y observe un bal de voitures toutes plus grosses les unes que les autres (4X4, pick up enormes...) sortir et toutes les empleadas (employees domestiques) entrer. C est assez special, comme disent mes collegues, c est un peu Miami. A vrai dire c est un peu vrai. Meme le mode de vie (en tout cas dans la famille dans laquelle je vis) est americanise: repas chacun dans leur coin, exhibition des richesses (grosses voitures, vie mondaine...). J ai l immense honneur d avoir ete invitee a deux fetes mondaines: une fritada chez des amis a eux hyper riches, 40 ou 50 invites, des codes sociaux que je ne connaissais pas (femmes d un cote, hommes de l autre ou encore les facons de parler aux employees tres superieures comme si ils voulaient montrer aux yeux de tous que ce sont eux les patrons.) J ai interieurement beaucoup rigole surtout quand ca parlait immigration, avortement, euthanasie, politique et autre sujet sensible. Ils se disent tous ouverts d esprit mais seulement envers ceux qui pensent comme eux! Bref, c est a vivre, c est a voir mais je n y resterais pas des mois. La deuxieme fete une sorte de barbecue haut de gamme avec l aide de leur employee de maison et d un autre monsieur specialement venu pour servir a boire! (ils ont 5 employes au total: la temps plein menage cuisine, la temps partiel menage exterieur, le special fete qui sert a boire, la temps partiel 3 jours par semaine responsabilite linge et le jardinier). A cette soiree j ai passe plus de temps a aider la pauvre employee et a discuter avec elle qu avec leurs amis mondains avec qui je me sentais a cote de la plaque!